Skip to main content

Full text of "Descriptions des plantes rares cultivées à Malmaison et à Navarre"

See other formats


DESCRIPTION 

DES 

PLANTES RARES 

CULTIVÉES 

A MALMAISON ET A NAVARRE. 



DESCRIPTION 

DES 

PLANTES RARES 

CULTIVEES 

A MALMAISON ET A NAVARRE. 

En Aimé BONPLAND. 



A PARIS, 

DE L’IMPRIMERIE DE P. DIDOT L’AINÉ. 


PÆONIA 


Ordo ts aturalis, PAPAVERACEÆ. Jus s. 
POLYANDRIA DIGYNIA. LlNN. 


% mè 


CHARACTER GENERICUS. 

Vid. Juss. gen. plant, pag. 234. _ Gatra de fructib. et seminib. 
tom. I. p. 309. tab. 65. 


SPECIES. 

PÆONIA MOUTAN. 

P Æ 0Sii : caule suffruticoso, foïiisbitematis, subtus glaucis, parce hirteUis ; foliolis terminalibus, 
trifido-lobatis. 


Habitat xn Imperio Sinensi, ad Montem Ho-r 


A 7 T lUiSSO “’ h,Ut d ' 1 natre P ieds (» décimètres), 

- leuillu des sa base. 

Tzobs : plusieurs, de la grosseur du doigt, droites , cylindriques, 
noueuses, recouvertes d'une écorce brune, presque lisse, entière! 
dépourvues de feuiUes ; les pousses seules de l'année en sont 
. garnies. 

F E di LL es alternes, ouvertes, biternées, longues de douze à quinze 
pouces (4 decimetres), d’un vert foncé en dessus, glauques en 
dessous , parsemées de quelques poils très-courts ; folioles termi¬ 
nales divisées jusque dans leur milieu en trois parties, rarement 
plus profondément; les folioles latérales de forme ovale sont inéga- 

“nt'etr — « inégales 



a PÆONIA MOUTAN. 

Pétioles glabres, embrassant à moitié les tiges5 convexes en dehors, 
marqués intérieurement d’un léger sillon, et de couleur rose. 

Fleurs rouges, solitaires, terminales. 

Calice composé de huit ou neuf folioles, dont les extérieures, plus 
longues et inégales tant dans leur forme que dans leur grandeur, 
sont réfléchies-, les intérieures ovales, aiguës et droites, sont quel¬ 
quefois marquées de rouge à leur sommet. 

Corolle composée d’un très-grand nombre de pétales fixés sur un 
disque charnu, légèrement élevé. La forme de chaque pétale est 
oblongue -, ils sont rétrécis inférieurement d’un rouge plus ou 
moins foncé, évasés dans leur moitié supérieure, rarement entiers 
dans leur limbe, et d’un rose pâle, souvént d’un blanc nacré. 

Étamines nombreuses, situées entre les ovaires et la corolle, longues 
de dix à quatorze lignes ( 3 centimètres) -, filets légèrement com¬ 
primés, rougeâtres, souvent blancs dans leur moitié supérieure5 
anthères droites, oblongues, s’ouvrant longitudinalement sur les 
côtés-, poussière jaune. 

Pistil : ovaires six ou neuf, ovales, couverts d’un duvet tomenteux et 
blanchâtre-, style nul5 stigmate membraneux, plissé en dehors, d’un 
rouge très-vif. 

Fruit : cinq à neuf capsules longues d’un pouce (3 centimètres), 
couvertes de poils roussâtres, terminées parle stigmate qui persiste 
s’ouvrant longitudinalement en dedans, et renfermant cinq à sept 
ovules. 


OBSERVATIONS. 

Le genre Pceonia a été très-anciennement connu. Pline , qui l’a établi, lui 
a donné le nom du médecin grec Pæon, qui, pendant le siège de Troye, guérit 
Mars blessé par Diomède, et qu’on suppose s’être servi pour cette cure de suc 
de pivoine. 

La plupart des espèces connues de ce genre sont originaires du nord de 
l’Europe. Celle que je viens de décrire est indigène de la Chine, et diffère essen- 



PÆONIA MOUTAN. 3 

tiellement de toutes les autres pivoines, par ses tiges ligneuses. L’Afrique ni 
l’Amérique n ont encore offert aux recherches des botanistes aucune espèce de 
ce genre. 

C’est dans les montagnes de la province de Ho-nan que cette plante a été 
trouvée. On la cultive depuis plus de 1400 ans en Chine, sous le nom de 
Mouton, et c’est d’après les demandes réitérées de Sir Joseph Banks qu’elle a 
été apportée à Londres en 1794. Malmaison possède cette superhe plante depuis 
i 8 o 3 , et ce n’est que depuis deux ans qu’on la trouvedans quelques uns de nos 
jardins où elle a été répandue par les soins de M. Bourseau, qui a forme, en 
peu d’années, un établissement aussi intéressant par le nombre que par le 
choix des plantes qu’il y a rassemblées. 

Cette nouvelle espèce de pivoine est généralement connue sous le nom de 
Pivoine en arbre. James Donn, à la page i 34 de XHortus Caniabrigiensis , édi- 
' tion de 1809, lui a donné le nom de Pœonia arborea. Andrews, dans les plan¬ 

ches 373, 448, et 463, du Botanist Bepository, a figuré trois variétés de cette 
même plante, sous les noms de suffruticosa et de papaveracea. John Sims 
enfin, à la page n 54 du Botanical Magasine, l’a décrite sous le nom de 
Pœonia Moutan. Lai adopté^ce nom qui lui convient mieux que celui de 
suffruticosa ou à'arborea, parce que c’est celui sous lequel elle nous est 
parvenue, et qu’il est probable que des découvertes ultérieures nous feront 
I connoître d’autres espèces ligneuses. 

La beauté des fleurs du moutan, leurs formes variées, et l’odeur délicieuse 
qu’elles exhalent, l’ont fait rechercher des Chinois, chez qui elle est devenue 
j î. l’objet d’une culture particulière. Elle fait sur-tout l’ornement des jardins des 

grands. Les cultivateurs donnent à cette plante mille formes diverses, et la 
multiplient par marcottes, par boutures, par les graines, et par le moyen de 
la greffe. Je n’entre ici dans aucun détail sur ce qui est dit de cette plante 
chez les Chinois, parce qu’il me semble qu’il y a beaucoup d’enthousiasme et 
d’invraisemblance dans ce qui en a ete écrit *. 

On cultive à Malmaison deux variétés du Pœonia Moutan. Je donne à la 
planche première de cet ouvrage l’une de ses variétés, et l’autre sera figurée 
à la planche vingt-trois. 

Les moutons passent l’hiver en pleine terre, mais ils demandent à être garantis 
du froid par des cages vitrées qu’il faut avoir soin de couvrir de paillassons 
pendant les nuits où le thermomètre descend à o. Les moutans craignent 
aussi la grande humidité et un soleil trop ardent. Ces plantes, que nous culti¬ 
vons en terre de bruyère, poussent chaque année des jets assez longs, mais 
leur majeure partie se flétrit, se dessèche, et meurt; d’où il résulte que l’ac¬ 
croissement annuel de cette plante ligneuse se réduit à deux ou trois pouces 
(7 centimètres). Nous n’avons encore vu multiplier les moutans que par les 


■ Voyez les Mémoires concernant l’histoire, les sciences, les arts et les mœurs des Chinois, par 
les missionnaires de Pékin, tom. III, pag. 461. 




4 PÆONIA MOÜTAN. 

jeunes pousses qui partent des racines, et par les marcottes. T .Vin et l’autre 
moyen sont longs, et demandent les soins d’un jardinier habile. Le mouton le 
plus fort que nous ayons tu, a quatre pieds de hauteur (12 décimètres) et 
douze ( 3 mètres) de circonférence. Nous y avons compté, en mai 1812, treize 
fleurs, dont le parfum rappelle l’essence de rose. Quelque fort que soit cet 
individu, ses graines n’ont pas encore acquis le degré de maturité nécessaire 
à leur germination; mais l’observation semble indiquer qu’elles approchent 
chaque année de ce terme. 


EXPLICATION DE LA PLANCHE I. 


Une branche de Pceonia Montai\ 


SIDA. 

Ordo * attira lis, MALYACEÆ. Jtjss. 
MONADELPHIA polyaydria. Linn. 

CHARACTER GENERICUS. 

Vid. Jtrss. gen. plant, p. 273. — Gærtiïer de fructib. et seminib. 
tom. II. p. 249. tab. 134. 

SPECIES. 

SIDA PULCHELLA. 

Sida: foliis oblongo-cordatis, acutis, crenatis; subtus pilis steUatis subtomentosis, supra 
pilosiusculis : racemis axillaribus, paucifioris, abbreviatis : capsulis biaristatis. 


Habitat.patria ignota. 


Arbrisseau haut de quatre à six pieds (2 mètres); tronc droit, 
cylindrique, de la grosseur d’un doigt, recouvert d’une écorce 
presque lisse, brune, glabre. 

Rameaux alternes, situés à des distances inégales, droits, feuillus; 
couverts d’une écorce verte, parsemée de poils étalés, disposés par 
faisceaux qui leur donnent un aspect blanchâtre. 

Feuilles alternes, rapprochées les unes des autres, étalées, longues 
de trois ou quatre pouces (1 décimètre); légèrement échahcrées 
en cœur à la base., pointues au sommet, inégalement crenelées sur 
les bords, vertes en dessus et munies de poils courts, veinées en 
dessous, blanchâtres et légèrement tomenteuses par des faisceaux 
de poils, semblables à ceux qui couvrent les jeunes rameaux. 




6 SIDA PULCHELLA 

Pétioles longs d’un pouce (o centimètres), convexes en dehors, 
m unis à leur base de deux stipules linéaires, et caduques. 

Fleurs d’un blanc terne, disposées par petites grappes, situées dans 
les aisselles des feuilles. 

Calice en forme de cloche, divisé jusque dans son milieu en cinq par¬ 
ties égales et droites ; garni extérieurement de poils simples. 

Corolle un peu plus grande que le calice, composée de cinq pétales 
oblongs, obtus, réunis par leur base, et formant corps avec le tube 
des étamines. 

Étamines nombreuses, réunies en tube dans leur moitié inférieure ; 
filets courts, en forme d’alène; anthères réniformes; poussière 
blanche. 

Pistil; ovaire sphérique, déprimé et marqué de cinq stries longitu¬ 
dinales; styles cinq; stigmates en forme de tête. 

Fruit ovale, déprimé, composé de cinq petites capsules bivalves, à 
une seule loge, renfermant deux graines, et dont chaque valve est 
terminée par une petite pointe. 


OBSERVATIONS. 

La plante que je viens de décrire se cultive dans nos serres depuis plusieurs 
années. On l’a obtenue de graines, mais on ignore d’où ces graines ont été 
envoyées'. Nos jardiniers pépiniéristes la désignent sous de nom de Sida 
pulchella, et j’ai cru devoir lui conserver ce nom, qui est déjà connu dans le 
commerce. 

Le Sida pulchella est un joli arbrisseau, qui conserve ses feuilles toute 
l’année et ses fleurs pendant les mois de janvier, février, mars, et avril; il passe 
l’hiver dans l’orangerie ou dans la serre-chaude; cependant je me suis assuré 


* M. Noisette, l’un de nos pépiniéristes les plus distingués, et dont l’établissement mérite d’être 
visité par les étrangers, pense qu’elle est venue des graines apportées de la Nouvelle-Hollande par 
l’expédition du capitaine Baudin. 


SIDA PÜLCHELLA. 7 

pendant l’hiver de 1811 et 1812 qu'une température de i5“ est celle qui 
lui convient le mieux. Les fleurs, petites et d’un blanc terne, exhalent une 
odeur forte, semblable à celle des fleurs de nos châtaig niers; quelques unes 
sont dépourvues de styles, mais le plus grand nombre en est mun i 

EXPLICATION DE LA PLANCHE IL 

Fic.i. Une fleur dent on a ôté la corolle pour montrer la forme et la position de tovaire. u. Une 
corolle fendue selon sa longueur et étalée pour montrer la disposition des étamines. 3. Une fleur 




CACTUS 


IC O S AIN DEJA MosoGïifiA. Linn. 
Ordo naturalis, CACTI. Juss. 


CHARACTER GEN EPACUS. 


Vid. Juss. gener. pl. pag. 3n. — Gærtnep. de fructib. et seminib. 
t. U. p. a65. tab. i38. fig. 3. 

SPECIES. 


CACTUS speciosus. 

Cactus: caulibus articnlatis, compressis, foliaceis, serrato-repandis; floribus magnis, tubo 
inermi, squamuloso. 


Habitat in America Meridionali ad Cafthagenam. 


Racine de la grosseur du doigt, ligneuse intérieurement, produisant 
dès son collet plusieurs tiges qui ordinairement affectent une forme 
cylindrique, puis se dilatent et se compriment ; quelquefois cepen¬ 
dant, et dans un court espace, elles sont inférieurement triangu¬ 
laires ou quadrangulaires, crénelées et pourvues dans les crénelures 
de faisceaux de poils mous et roussâtres. 

Tige rameuse, charnue, lisse, d’un vert tendre, composée de parties 
oblongues, comprimées, articulées, d’un pouce et demi (4 centi¬ 
mètres) de largeur sur trois ou six (8 à 16 centimètres) de longueur, 
marquées sur leurs bords de crénelures peu sensibles, et relevées 
dans toute leur longueur par une côte saillante. 



CACTUS SPECIOSUS. 9 

Fleurs solitaires, sessiles, situées dans les crénelures des tiges; légè¬ 
rement courbées, longues de quatre pouces (i décimètre). 

Calice adhérent à Tovaire, oblong, cylindrique, arqué, marqué 
dans sa longueur de sillons peu profonds, garni d’écailles rou¬ 
geâtres, ovales, réfléchies. 

Corolle d’un beau rouge, un peu plus longue que le calice auquel 
elle est attachée. Pétales nombreux, oblongs, comme disposés sur 
quatre rangs, et soudés ensemble à leur extrémité inférieure. Ceux 
qui forment les deux rangées extérieures sont étalés et plus courts; 
les plus intérieurs sont droits, et représentent une espèce de tube 
au centre duquel sont placés le style et les étamines. 

Étamines droites, très-nombreuses, de même longueur que la corolle 

soudées à son tube; filets blancs, très-grêles; anthères droites’ 
jaunes, biloculaires, s’ouvrant longitudinalement sur les. côtés. 

Pistil : ovaire oblong, situé au fond du calice auquel il adhère dans 
toutes ses parties; style filiforme; stigmates cinq ou sept rappro¬ 
chés les uns des autres. 

Fruit. N’a pas encore été observé. 


OBSERVATIONS. 


Le Cactus speciosus est originaire de l’Amérique méridionale. M. de Hum- 
boldt et moi l’avons trouvé, dans le mois d’avril 1801, près du petit village 
de Turbaco, situé à quelques lieues au sud de Cartbagène, et élevé de 186 
toises (36o mètres) au-dessus du niveau de la mer. Cette espèce, ainsi que 
plusieurs autres du même genre, croit sur le tronc des vieux arbres. 

Le Cactus speciosus a beaucoup d’analogie, par le port, avec le Cactus phyl- 
lanihus et le Cactus alatus , avec lequel il avoit d’abord été confondu. Ce 
n est que depuis le mois de mars 1811 où cette nouvelle espèce de cierge a 
donne des fleurs à Malmaison, qu’il m’a été possible d’établir les différences 
qui existent entre ces trois plantes. 


IO CACTUS SPECIOSUS. 

Dans cette espèce les articulations sont en général moins larges et moins 
longues; les crénelnres, plus rapprocliées et prolongées supérieurement en 
fnrmp de dents; les fleurs sont grandes, ronges, et très-remarquables parleur 
beauté: elles sont blanches, longues, et grêles dans le Cactus phyïïantlius ; 
petites et d'un vert blanchâtre dans le Cactus alatus. Il est probable que le 
Cactus spcciosus est Tenu des graines que M. de Humboldt a envoyées en 

EXPLICATION DE LA PLANCHE HI. 

Fig.'I. UneJ,leur coupée selon sa longueur, et par moitié, pour montrer la position de l’ovaire, 
celle des pétales et des étamines. 


METROSYDEROS. 

Okdo naxura'lis, MYRTE Jus s. 

ICOSANDRL4 moyogynia. Linn. 

CHARACTER GENERICUS. 

Vid. Gæhtkee, de fructih. t. L p. i 7 o. tab. 34. 

SPECIES. 

METROSYDEROS saligna. 

Metrosydebos. Foliis altérais, angiistato-lanceolatis, utrinçpie aeutis, setaceo-mucronatis 
membranaceis, trineryiis ; floribus rameis spicato approximatis. 


Habitat in Nova Hollandia. 


Arbeisseaü toujours vert, haut de quinze pieds (5 mètres), très- 
reuiliu, tres-rameux 5 couvert d’une écorce grisâtre, légèrement 


Rameaux alternes, peu étalés, cylindriques inférieurement, anguleux 
à leur sommet, et garnis de quelques poils blanchâtres. 

Feuilles alternes,membraneuses, rapprochées, ouvertes,longues de 
trois pouces (8 centimètres), larges de sept ou neuf lignes ( ao mil- 
nmetres), plus aiguës au sommet qu’à la base, et terminées par 
une pointe aiguë 5 glabres, d’un vert luisant en dessus, et parse¬ 
mées de petits points glanduleux; marquées en dessous de trois 
nervures dont les latérales peu sensibles sont presque confondues 
avec les bords des feuilles. Les jeunes feuilles sont molles, d’un 
rouge plus ou moins foncé, et couvertes d’un duvet blanchâtre. 



ia METROSYDEROS SALIGNA, 

Pétioles très-courts, convexes ou anguleux en dehors, unis intérieu¬ 
rement. 

Fleurs en épi, d’un blanc pâle, situées à l’extrémité des jeunes 
rameaux et au dessous des jeunes feuilles, longues de six ou huit 
lignes (i5 millimètres). 

Calice supère, glabre, persistant; tube ovale, vert, ponctué; limbe 
de cinq folioles arrondies, concaves intérieurement, scarieuses, 

‘ roussâtres. 

Corolle composé de cinq pétales attachés au sommet du tube du 
calice, et alternes avec les divisions de son limbe; chaque pétale, 
moins long que le calice, a une forme arrondie, est concave inté¬ 
rieurement, et tombe peu de temps après le développement de la 
fleur. 

Etamines droites, plus longues que la corolle, très - nombreuses, 
attachées au calice un peu au dessous de l’insertion des pétales ; 
filets blancs, droits, distincts, deux ou trois fois plus longs que les 
calices. 

Anthères droites, ovales, fixées par le milieu, s’ouvrant sur les côtes 
en deux loges ; poussière jaune. 

Pistil : ovaire infère, situé étadhérent au fond du calice ; style droit, 
de même longueur que les étamines, blanc dans sa moitié infé¬ 
rieure , vert supérieurement; stigmate dilaté et tronqué. 

Fruit. Capsule renfermée dans le calice qui persiste, s’ouvrant par le 
sommet en trois valves, et composée de trois loges qui renferment 
un grand nombre de petites graines dont la forme varie beaucoup, 
mais qui sont en général plus minces du côté de leur insertion. 


OBSERVATIONS. 

Toutes les espèces de Metrosyderos connus jusqu’à ce jour sont originaires 
de la Nouvelle-Hollande , et la majeure partie de celles que nous cultivons 
viennent des graines apportées par l’expédition du capitaine Baudin. Ce genre 
a la plus grande affinité avec le genre Melaleuca, et n’en diffère véritablement 



METROSYDEROS SALIGNA. i5 

que par la disposition des é tamin es, qui sont distinctes dans les Metrosyderos , 
et réunies très-inégalement en cinq faisceaux dans les Melaleuca. De ce carac¬ 
tère peu sensible, il est résulté beaucoup d’erreurs, c’est-à-dire qu’on a décrit 
comme Metrosyderos des espèces de Melaleuca , et vice versà. 

Le célèbre Mutis, à la page 2.68 du Supplément de Linné, nous a donné le 
caractère du Brathis Ce genre n’a d’autres différences avec les Hypericum , 
que celle d’avoir les étamines réunies en faisceaux. Le Brathis , approuvé par 
Linné et par quelques autres botanistes , a été réuni aux Hypericum par 
plusieurs auteurs qui laissent subsister les genres Metrosyderos et Melaleuca. 
Une analyse exacte des espèces qui composent les quatre genres cités peut 
seule faire trouver des caractères qui serviront à établir des genres bien dis¬ 
tincts, et qui éviteront la confusion des espèces. 

Malmaison esttrès-riche en MelaleucaeteoMetrosyderos ; il y en a même plu¬ 
sieurs espèces non décrites, et qui n’ont pas encore fleuri: je me propose, dans 
cet ouvrage, de les figurer ainsi que toutes celles qui sont encore peu connues, 
et dont nous n’avons pas de figures coloriées bien exactes. 

Les espèces décrites dans ces deux genres sont des arbrisseaux d’une forme 
agréable, conservant leurs feuilles pendant toute l’année. Us produisent des 
fleurs de diverses couleurs, inodores et disposées d’une manière agréable. Ces 
plantes passent l’hiyer dans l’orangerie, et sont susceptibles de rester en pleine 
terre dans nos provinces méridionales, ou dans quelque autre partie où la tem¬ 
pérature moyenne de l’air s’élève jusqu’à 12° du thermomètre de Réaumur. 
Les feuilles des Melaleuca et des Metrosyderos sont ponctuées comme celles 
des orangers et de la plupart des myrtoïdes, et donnent une odeur aromatique 
très-agréable quand on les froisse. 

Le Metrosyderos saligna dont je donne la figure à la planche IV, a été figuré 
en noir par M. Ventenat 2 : c’est un bel arbrisseau propre à l’ornement de nos 
serres et de nos jardins ; il se couvre d’un grand nombre d’épis blancs pendant 
les mois de juillet et d’août. Ses fruits, comme ceux des autres espèces de ce 
genre, des Melaleuca, des Leptospermus et des Eucalyptus, ne sont mûrs et 
propres à la germination qu’après avoir resté deux ans sur l’arbre. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE IV. 

Fig. 1. Une fleur entière. 2. Un calice avec le style. 3. Fleur coupée verticalement pour faire voir 
la position de T ovaire, celle de la corolle et des étamines. 


' Brathis juniperina sive hypericum brathis. 

* Plantes cultive'es dans le jardin de Cels, tab. 70. La figure donnée par M. Ventenat est en noir ; 
elle a été faite sur un individu encore très-jeune, qui n’avoit pas acquis tout son développement, 
et sur lequel, il est probable, que les nervures des feuilles n’étoientpas encore développées ; car elles 
ne paraissent pas dans la figure, et la description n’en fait pas mention. 



SILENE 


Ordo naturalis, COPiYOPHYLLEÆ. 
DECANDRIA trigynia. Linn. 

CHARACTER. GENERICUS. 

Aid. Jtrss. gen. plant, p. 3o2. 

SPECIES. 

SILENE CHLORÆFOLIA. 1 

Sjlem; glauca, calyeibus glabris, clayatis, petaüs semibifidis foliis, connatis, subrotundo ovalibus, 
inferioribus utrinque acutis, summis cordatis, sessilibus. 

Habitat in Armenia. 


Plante herbacée, glauque, vivace, haute de quinze à dix-huit pouces 
(5 décimètres) 5 racines fibrales, blanchâtres , fournissant dès leur 
coüet plusieurs tiges droites, grêles, cylindriques, dichotomes, 
garnies de feuilles dès leur base, légèrement renflées aux articula¬ 
tions et souvent rougeâtres. 

Feuilles opposées, étalées, réunies à leur base, de huit ou dix lignes 
(2 centimètres) de diamètre; les inférieures, supportées par des 
. pétioles très-courts , sont aiguës à la base et au sommet; les supé¬ 
rieures sessiles sont échancrées en forme de cœur à leur base. 

Fleurs terminales, solitaires, portées sur de longs pédoncules. 


• Wild. sp. pl. t. II. p. 7 o 7 . 




SILENE CHLORÆFOLIA. l5 

Calice obhmg, membraneux, excavé inférieurement, ventru vers la 
partie moyenne, partagé au sommet en cinq dents ovales, droites 
et bordées d’une membrane scarieuse. 

Corolle : pétales cinq, supportés par un onglet de même longueur 
que le calice, ovales, inégalement dentés et très-ouverts. La gorge 
de la corolle est munie d’une couronne formée par dix petites 
dents qui se trouvent placées deux par deux au sommet des onglets 
des pétales. 

Etamines dix un peu plus longues que le tube du calice; filets blancs, 
grêles; anthères ovales, poussière blanche. 

Pistil: ovaire-supère, terminé par trois styles plus longs que la corolle; 
stigmates divergens, marqués intérieurement de poils très-fins et 
très-courts. 

Fruit : capsule oblongue., renfermée dans le calice qui persiste, 
diviséë inférieurement en trois loges, et s’ouvrant inégalement par 
le sommet. r 


OBSERVATIONS. 


Le Silene chhrœfolia perd tous les ans ses tiges aux approches de l’hiver 
et ses racines en produisent de nouvelles au printemps. On conserve en général 
cette plante dans l’orangerie ; mais je pense qu’elle réussiroit en pleine terre, 
si on avoit la précaution de la couvrir de feuilles sèches. 

Quoique cette espèce de Silène, soit connue depuis long-temps, je n’ai pas 
hésité a la faire figurer, i' parce qu’elle ne l’a pas encore été; Jparce qu’elle 
est extrêmement rare; 3» enfin, parce qu’elle est d’«n port et d’une couleur 
peu communs, et qu’elle contraste avec ces plantes d’une belle végétation qui 

avec elle servent à l’ornement de nos jardins. 8 . ■ 

esvèce^nrf^ 9 ** ^ V* Prieurs 

. . ouver es un suc gluant. Les espèces connues de ce genre sont 

es-nombreuses et pour la plupart originaires d’Europe. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE V. 


: du Silène chlorœfolia. 


GOODENIA. 

Ordo saturalis, GOODENOVIÆ. Brown. 
LOBELIACEÆ. Juss. 

PENTANDRIA monogynia. Linn. 

CHARACTER GENERICUS. 

Yid. Brown, Prodr. floræ novæ Holland, p. 574. 

SPECIES. 

GOODENIA GRAN DIFLGR A. 

Goodhsia herbacea, glanduloso-pubescens ; pedunculis axillaribus, unifloris ; ramis striato- 
angulatis ; foliis cordatis, dentato-serratis, plerumque lyratis. 


Habitat in nova Hollandia. 


Plante annuelle, haute de deux à trois pieds (8 décimètres), par¬ 
semée de poils courts, portant chacun au sommet une glande d’où 
décotde une humeur visqueuse. 

Tiges plusieurs, droites , peu rameuses et marquées longitudinalement 
de stries inégales. 

Feuilles alternes, membraneuses, échanerées inférieurement en 
forme de cœur, aiguës au sommet, dentées sur les bords, molles 
et supportées par de longs pétioles, ordinairement munis sur les 
côtés de deux ou quatre folioles opposées, dont la forme est celle 
d’un ovale, mais dont la grandeur varie beaucoup. 

Bractées deux, ovales, très-petites et persistantes, situées à la base 
de chaque pétiole. 




goodenia grandiflora. i? 

Fleurs irrégulières, jaunes, parsemées de taches rougeâtres, sup¬ 
portées par de longs pédoncules, situées dans les aisselles des 


edoncule axiliaire, uniflore, long d’un pouce et demi (4 centimètres), 
stné longitudinalement, muni à sa partie inférieure de deux très- 
petites bractées opposées, le plus souvent simple et portant une 
seule fleur, rarement divisé en deux et portant alors deux fleurs. 

Calice supère, oblong, persistant, tube pentagone, limbe divisé en 
cinq parties égales, dont les deux supérieures sont plus écartées 
entre elles que les autres. 

Corolle bilabiée, attachée au calice, composée de trois pétales, dont 
deux, arrondis et supportés par de longs onglets, forment la lèvre 
supérieure; le troisième, étroit inférieurement, plus large au 
sommet et divisé en trois parties, forme la lèvre inférieure. 

Etamines , cinq plus courtes que la corolle. Filets blancs ; anthères 
droites, linéaires, s’ouvrant longitudinalement sur les côtés. 

Pistil. Ovaire infère, terminé par un style droit, rouge, charnu, 
garni de poils et plus long que la corolle ; stigmate en forme de 
cloche, réfléchi, rouge en dedans, garni de poils sur les bords. 

Fruit. Capsule oblongue, couronnée par les divisions du calice qui 
persistent, composée de deux loges, de deux valves, d’une cloison 
parallèle aux valves, et de plusieurs graines. 


OBSERVATIONS. 


Le genre Goodenia a été établi par Smith ■ en l’honneur du docteur Samuel 
Goodenough, naturaliste anglais. La plupart des espèces qui composent ce 
genre sont originaires de la Nouvelle-Hollande; nous en commissions très- 
peu avant la publication du savant ouvrage de Robert Brown, qui en a décrit 

“ PeC6S / 6t *** Pf ce S eDre P*»* type d’un nouvel ordre naturel auquel 
il a donne le nom de Goodenoviées. 


' Mémoires de la soc. Linn. vol. II. 

* Prodrom. floræNov. Holland, et insulæ Van-Diemen, page 3 7 4. 





l8 GOODENIA GRANDIFLORA. 

Depuis la publication de l’ouvrage de Robert Brown, M. de Jussieu a fait 
paroitre, dans le 18' volume des Annales du Muséum, un mémoire sur deux 
nouvelles familles de plantes qu’il désigne sous le nom de Lobeliacées et de 
Stylidiées. Ce travail, médité depuis long-temps et enrichi des savantes obser¬ 
vations de M. Richard, est très-précieux. Il a pour but de donner des carac¬ 
tères plus exacts à la famille des Stylidiées, et de comprendre dans une même 
famille, sous le nom de Lobeliacées, les Lobelia et toutes les autres plantes à 
corolle monopélale et fendue, qui auparavant étoient rapportées aux campa- 
nulacées. 

Comme MM. de Jussieu et Richard , je pense que le genre Lobelia doit être 
compris dans la même famille que le Goodenia et . autres genres placés par 
Robert Brown dans les Goodenoviées, et qu’il seroit plus convenable de 
donner le nom de Lobeliacées à cette nouvelle famille, parce que les Goode¬ 
nia, presque tous originaires de la Nouvelle - Hollande, sont assez rares, 
tandis que les Lobelia, pour la plupart originaires d’Europe et d’Amérique, 
sont plus nombreux, plus anciennement connus, et généralement plus ré¬ 
pandus. 

Le Goodenia grandiflora dont je donne la figure à la planche VI, est annuel, 
et ne se trouve dans aucun ouvrage publié en France. Sims, à la planche 890 
du Botanieal Magazin , en a donné une figure ; et Jacquin, dans ses Frag¬ 
menta Botânica, planche 92 et page 62, a décrit, sous le nom de Goode¬ 
nia appendiculata, une plante qui me paroît être la même que le Goodenia 
grandiflora. La différence extrême qui existe entre les feuilles de la plante 
publiée par Jacquin et les feuilles de celle que je viens de décrire, peut avoir 
été causée par la qualité du terrain et le mode de culture. Le Goodenia appen¬ 
diculata ne seroit donc qu’une variété, et non une espece distincte. 

Le Goodenia grandiflora est la plus belle des espèces de ce genre, et mérite 
d’êtrè cultivée avec soin. 


EXPLICATION DE LA PLANCHE VI. 


XJn rameau du Goodenia grandiflora . 



LOBELIA 


Ordo naturalis, LOBELIÀCEÆ. Jus s. 1 
PENTANDRIA monogynia. Linn. 

CHARACTER GENERICUS. 

Vid. Juss. gen. plant, pag. i65. — Schkeb. gen. pl. t. H. p. 5g6. 

SPECIES. 

LOBELIA FULGENS. 

Lobelia erecta, pubescens : foliis longo-lanceolatis, inæqu aliter dentatis : corollæ laciniis duabus 
superioribus longo-linearibus ; tribus inferioribus maximis, reflexis, ovalibus, mucrouatis. 


Habitat in pratis Imperii Mexicani, juxta Valladolid. 


Plante vivace, garnie, sur toutes ses parties, de poils blancs, droits, 
plus ou moins nombreux. 

Racine fibreuse, produisant un grand nombre de drageons. 

Tiges simples ou rameuses, hautes de trois à quatre pieds (i mètre), 
droites, feuillues, marquées dans les deux tiers inférieurs de cré- 
nelures longitudinales3 presque lisses dans le tiers supérieur, et 
souvent d’un violet foncé. 

Feuilles éparses, longues de trois à cinq pouces (1 décimètre) , lan¬ 
céolées, peu ouvertes, semi-amplexicaules, inégalement dentées 
sur les bords, veinées en-dessus, et couvertes sur les deux faces 
de poils courts. 


s Annal, du Muséum d’hist. 



20 LOBELIA FULGENS. 

Fleurs d’un rouge très-vif, longues d’un pouce (environ 3 centi¬ 
mètres), disposées en grappe à l’extrémité des tiges. 

Pédoncules simples, plus courts que le calice, ne portant jamais 
qu’une seule fleur, et munis à leur base d’une foliole ou bractée 
plus courte que la fleur. 

Calice presque supère, persistant, profondément divisé en cinq 
parties linéaires, droites. 

Corolle irrégulière, bilabiée, fendue longitudinalement en-dehors5 
la lèvre supérieure droite, divisée en deux parties plus courtes et 
plus étroites que celles de la lèvre inférieure: lèvre inférieure ré¬ 
fléchie, divisée en trois parties oblongues, obtuses, terminées par 
une pointe aiguë. 

Étamines, cinq attachées à la base du tube de la corolle : filets mem¬ 
braneux, réunis parleurs bords et formant un tube cylindrique 
plus étroit au sommet qu’à la base : anthères réunies par leurs bords, 
formant un tube cylindrique un peu arqué vers le sommet. De ces 
anthères, les trois supérieures sont plus longues et garnies de poils 
distincts vers le haut5 les deux inférieures, plus courtes, portent 
au sommet un faisceau de poils droits et très-serré. 

Pistil: ovairepresque entièrement infère, sphérique 5 style légèrement 
arqué, de même longueur que les étamines5 stigmate bilamellé, 
garni à sa base d’un anneau de poils très-serrés, qui enveloppe les 
divisions du stigmate avant leur écartement, et qui tombe ensuite. 

Fruit: capsule ovale,déprimée,biloculaire; enveloppée parle calice 
qm persiste-, elle s’ouvre au sommet en deux valves séparées longi- 

tecfo m6nt Par UnC Cl ° iSOn à ^ baSe dC hqudU 6St feé le réce P- 

Graines nombreuses, très-petites. 



OBSERVATIONS. 

s-anciennement connu; il a été établi en l’honneur 



LOBELIA FULGENS. 21 

de Lobel, botaniste flamand. Les espèces de ce genre sont vivaces on annuelles. 
On en trouve dans tous les climats et dans tous les pays. 

En général, ces plantes fournissent un suc plus ou moins laiteux, et passent 
pour être vénéneuses. A la Havane, où le Lobelia longiflora , que nous cul¬ 
tivons ici dans nos serres, se trouve très - abondamment sur les bords des 
ruisseaux, on le nomme PreventarCavalo , parce que les chevaux qui en mangent 
enflent presque subitement, et meurent. Dans le royaume de Quito, sur les 
bords du Rio Mayo, on en trouve une nouvelle espèce, dont le suc très-laiteux 
s’épaissit par le contact de l’air, et donne de la gomme élastique que les naturels 
emploient à faire des balles dont ils se servent pour jouer. Parmi les nombreuses 
espèces que M. de Humboldt et moi avons trouvées dans le cours de notre 
voyage, nous n’en connoissons aucune autre qui offre des propriétés sensibles. 

Le Lobelia fulgens dont je donne la figure à la planche VII de cet ouvrage, 
est originaire du Mexique, d’où nous l’avons apporté en 1804. Cette espèce, 
la plus belle de tout le genre, croit spontanément dans les plaines élevées de 
l’Intendance de Valladolid, à 800 et 1000 toises de hauteur au-dessus du niveau 
de la mer. Plus tard je donnerai la figure et la description du Lobelia splen- 
dens, et j’établirai les différences qui existent entre ces deux plantes, dues au 
voyage de M. de Humboldt, et déjà publiées par le professeur Willdenow, à 
qui nous les avions communiquées \ ; 

On cultive à Malmaison plusieurs espèces de Lobelia , qui toutes se multi¬ 
plient de graines, de boutures, ou par les éclats des pieds. Les Lobelia fulgens , 
splendens, cardinalis et siphylitica sont de pleine terre, et méritent d’être 
cultivés avec soin, par le bel effet qu’ils produisent dans les massifs ; le Lobelia 
fulgens sur-tout est remarquable par ses épis de fleurs très-nombreux et d’un 
rouge éblouissant. Le Lobelia triquetra, qui est d’orangerie, mérite aussi d’être 
multiplié : c’est une jolie espèce qui conserve ses fleurs pendant presque toute 
l’année. Parmi ceux qu’on cultive dans les serres, le Lobelia surinamensis est 
le seul qui mérite de fixer l’attention par la beauté de ses fleurs. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE VII. 

Fie. 1. Une fleur entière pour montrer la disposition et la forme des divisions de la corolle. a. Idem 
dont on a ôté la corolle pour faire voir la disposition des étamines et la différence de forme des 
anthères. 3. Un pistil indiquant ladhérence de l'ovaire avec le calice et l’anneau de poil qui se 





MELALEUCA 


Ordo ratura lis, MYRTI. Juss. 
POLYADELPHIA icosandria. Linn. 

CHARACTER GENERICUS. 


Aid. Juss. gen. plant, p. 323. — Gærtïcer de fructib. t. 1. p. 172. 
tab. 35. fig. 1. 

SPECIES. 

MELALEUCA CHLORANTHA. 

Melaiedoa foliis sparsis, creberrimis, oblongo-ovalibus, obtusiusculis, (junioribus subtrinariis, 
ciliatis ) : floribus mfra ramulos spicatim conjectis ; ramulis glabris. 


Habitat in Nova Hollandia. 


Arbrisseau toujours vert, haut de huit à dix pieds (3 mètres), très- 
rameux; tronc droit cylindrique de deux pouces (8 centimètres) de 
diamètre, couvert d’une écorce grisâtre qui se lève par plaques 
inégales. ^ 

Rameaux épars, peu étalés, nus inférieurement, couverts d’une 
écorce luisante, sur laquelle on remarque quelques vestiges des 
tubercules qui supportent les feuilles; les jeunes rameaux et ceux 
de deux ou trois ans sont plus grêles, feuillus, et offrent, selon 
toute leur longueur, des tubercules alongés au sommet desquels les 
leuilles sont attachées. 

Feuilles éparses, très-nombreuses, très-rapprochées, ouvertes, pres¬ 
que coriaces, longues de six à huit lignes (i5 millimètres) sur deux 


MELALEUCA C H LORANTHA. 3 3 

de largeur, dun vert foncé, et ponctuées. Les jeunes feuilles sont 
ciliées et ordinairement marquées en-dessous de trois nervures peu 
sensibles. 

Pétioles très-courts, appliqués le long des rameaux, droits, applatis 
intérieurement, convexes en-dehors. 

Fleurs d’un vert jaunâtre, formant un épi ovale au-dessous du sommet 
des jeunes rameaux. 

Calice ovale, semi-supère, glabre, persistant; d’un vert foncé en- 
dehors, ponctué, partagé en cinq dents égales, caduques, bordées 
d’une membrane mince et transparente. 

Corolle: cinq pétales d’un vert clair jaunâtre, attachés un peu au- 
dessous des dents du calice avec lesquels ils alternent; ils sont de 
forme ovale, de même longueur que le calice, concaves, ponctués 
et scarieux sur les bords. 

Étamines : vingt-cinq à trente, d’un vert jaunâtre, beaucoup plus 
longues que le calice auquel elles sont attachées ; filets cylindriques, 
distribués en cinq faisceaux par une membrane courte et entière ; 
anthères ovales d’un jaune pâle, fixés par le milieu, s’ouvrant du’ 
côté opposé en deux loges; poussière verdâtre. 

Pistil : ovaire semi-infère; style droit de même longueur et de même 
couleur que les étamines; stigmate urcéolé. 

Fruit: capsule sphérique, enveloppée par le calice devenu très-épais, 
composée de trois valves qui s’ouvrent par le sommet, et divisée 
intérieurement en trois loges. 

Graines tres-nombreuses, cunéiformes, ponctuées, attachées sur un 
réceptacle qui se trouve placé au fond de chaque loge et à la base 
d’un axe central. 


OBSERVATIONS. 

, Cette nouvelle es P èce de Melaleuca est originaire de la Nouvelle-Hollande, 
dou les graines nous ont été apportées par l’expédition du capitaine Baudin! 


24 MELALEUCA CHLORANTHA. 

Andrews, à la planche DCLXXVI dn Botanist’s Repositorv, a donné nne figure 
de cette même plante sous le nom de Melaleuca diosmœfolia. Taurois conservé 
ce nom s’il se trouvoit déjà publié dans d’autres ouvrages, quoiqu’il n’offre 
pas une indication bien précise de l’espèce ; il me semble plus convenable de 
l’appeler Chlorantha, des mots ylopoç, jaune, et ccv 9 oç, fleur; ce nom indi¬ 
que un caractère plus précis. Il est important de distinguer le Melaleuca chlo¬ 
rantha du Melaleuca viridijlora , avec lequel il pourroit être confondu, mais 
dont il diffère essentiellement par la forme de ses feuilles. 

Le Melaleuca chlorantha a fleuri pour la première fois en France en 1809, 
dans les jardins de Malmaison. C’est un très-joli arbrisseau qui se cultive dans 
l’orangerie, et qui est très-propre à l’ornement des serres et des jardins. Ses 
fleurs, d’un vert jaunâtre et disposées en épi, commencent à se développer 
à la fin d’avril, et se succèdent pendant les mois de mai,' de juin et une partie 
de juillet ; il en transsude une liqueur sucrée, aromatique, et tellement abon¬ 
dante que la culture de cet arbrisseau ajouteroit aux richesses économiques 
du midi de l’empire, en offrant une nouvelle ressource pour la nourriture 
des abeilles. 


EXPLICATION DE LA PLANCHE VIII. 

Fig. 1. Une fleur entière. 2. Idem dont on a enlevé les pétales, et deux faisceaux d’étamines pour 
montrer [insertion et la disposition des étamines. 5 . Unrameauportant desfruits. 4. Un fruit séparé. 
5- Une -valve vue de son côté intérieur. 6. Graines de grosseur naturelle. 7. Graine grossie. 



PÆONIA DAURICA. 


25 


PÆONIA DAURICA. 


Væonia. : caule herbaceo, foliis biternatis, subtus albidis, pubescentibus ; foliolis terminalibus. 
trifidolobatis ; petiolis interne pilosis. Floribus digynis ; capsulis tomentosis. 


Habitat in Siberia. 


Plante vivace, haute d’un pied (3 décimètres) 3 du collet de la racine 
s’élèvent plusieurs tiges de la grosseur d’une plume à écrire, pour¬ 
vues à leur base de bractées dontles supérieures, plus grandes, sont 
concaves, de forme ovale, et inégalement fendues à leur sommet; 
à deux ou quatre pouces (8 centimètres) d’élévation, elles com¬ 
mencent à se subdiviser et à porter des feuilles. 

Feuilles alternes, droites, longues de six à sept pouces (18 centimè¬ 
tres), biternées, vertes en-dessus, blanchâtres en-dessous , garnies 
de poils courts, droits, et très-nombreux 3 les folioles terminales sont 
en général divisées jusqu’à leur milieu en trois lobes et quelquefois 
plus profondément 3 les latérales sont rarement entières, inégale¬ 
ment bilobées ou trilobées. 

Pétioles creusés intérieurement d’un sillon profond, garni sur les 
bords de poils courts, nombreux et très-distincts. 

Fleurs simples, d’un rouge cramoisi, terminales, solitaires ou gémi¬ 
nées, portées sur un pédoncule court. 

Calice composé de six ou sept folioles inégales, dont quatre ou cinq 
intérieures, orbicülaires, concaves en-dedans, diaphanes sur les 
bords; les autres, beaucoup plus longues, sont plus larges au som¬ 
met qu’à la base, et quelquefois divisées. 

Corolle composée de cinq ou huit pétales, insérée à la partie exté¬ 
rieure d’un disque charnu qui entoure les ovaires à la manière d’un 
anneau ; pétales orbicülaires d’inégale grandeur. 

Etamines nombreuses, fixées à la partie intérieure du disque, et sépa- 


26 PÆONIA DAURICA. 

rées les unes des autres par de petits mamelons rougeâtres, parta¬ 
gés en deux par un sillon ; filets courts, rouges dans leur moitié 
inférieure, blancs dans la supérieure; anthères droites, oblongues, 
se tournant en spirale lors de la maturité du pollen, s’ouvrant lon¬ 
gitudinalement sur les côtés; poussière jaune. 

Pistil : ovaire, un ou deux ovales, couverts d’un duvet tomenteux, 
blanchâtre ; style nul; stigmate membraneux, alongé, applati, arqué, 
de couleur rouge foncée. 

Fruit: capsule ovale, blanche, tomenteuse, surmontée par le stig¬ 
mate qui persiste, marquée en-dedans d’üne suture longitudinale 
par où elle s’ouvre en deux valves; rouge en-dedans, et garnie de 
poils. 

Graines ovales de couleur rose, très-nombreuses, attachées au bord 
des valves, rangées sur une seule ligne. 


OBSERVATIONS. 

Le Pœonia Daurica ' est originaire de Sibérie, d’où il a été envoyé en 
Angleterre par John Bell en 1790. On cultive cette nouvelle plante à Mal¬ 
maison depuis 1810 seulement, et elle y a fleuri tous les ans dans le mois de 

Le Pœonia Daurica porte trois ou quatre tiges herbacées, hautes d’un pied 
( 3 décimètres), et terminées ordinairement par deux fleurs ; il est garni de 
feuilles droites et rapprochées qui lui donnent l’apparence d’un petit buisson. 
Les fleurs simples , d’un rouge cramoisi, offrent un aspect agréable. 

Cette Pivoine, comme toutes les autres espèces du même genre, est propre 
à l’ornement de nos jardins ; elle demande à être cultivée dans la terre de 
bruyère, et garantie du froid pendant l’hiver. Les fruits quelle porte cette 
année font espérer qu'on pourra la multiplier de graines et la répandre dans 
les autres jardins de France où elle est encore inconnue. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE IX. 

Fig. 1. Un fruit entier, de grosseur naturelle. 2. Capsule ouverte. 3. Une graine entière. 4, Idem 
coupée selon sa longueur, et indiquant la position et la grandeur de l’embryon. 




ERICA 


Ordo naturalis, ERICÆ. Jus s. 
OCTÀNDRIA MOAOGYÏSIA. Lijsn. 


CHARACTER GENERICUS. 


Habitus: frutrices procumbentes, adscendentes, erecti,ramosi. Folia 
minuta, sparsa, alterna, plerumque verticillata, petiolis brevissimis 
cauli appressis, suffulta. Flores admodum diversiformes, axillares 
aut terminales, varie dispositi. 

FiiORESCENTiArcalyx tetraphyllus, inferus, persistens, quandoque colo- 
ratus uni vel multi-bracteatus, ebracteatusve 5 foliolis figura dever- 
sissimis. 

Corolla hypogyna, constanter quadrifida, nunc campanulata, nunc 
urceolata, seu varie tubulosa. 

Stamïna octo, ad ambitum disci hypogyni inserta, inclusa, aut exserta: 
filamenta superne introrsum arcuata 5 antheræ approximatæ aut 
etiam conniventes, biloculares} loculis partim prorsusve distinctis, 
postice aristatis, seu cristatis muticisve. 

Pistillum: ovariumsuperum, sessile aut stipitatum; Stylus unicus sta- 
minibus longior; stygma recussum", subquadrigibbum. 

Pericarpium. Capsula depresso-globosa, calyce persistente tecta, 
longitudinaliter sulcata, quadrilocularis, quadrivalvis, polysperma, 
val vis medio septiferis, ad axim centralem mediante septo partim 
affixis. Semina minutissima. 



28 


ERICA GRAND IFLORA. 


SPECIES. 

ERICA GRANDIFLORA. 

Erica : rainis ramulisqne virgatis, foliis senis, quaternisve, longo-linearibus, patenti-reflexis : 
floribus axillaribus, cylindraceo-tubulosis., subareuatis, infra ramulorum apicem spicato-aggre- 
gatis : filamentis apice bifidis ; antberis exsertis, loculis muticis sejunctis. 


Habitat ad Caput Bonæ Spei. 


Plante ligneuse, s’élevant à trois ou quatre pieds (x mètre) de haut; 
tige de la grosseur du petit doigt, couverte d’une écorce grise, 
marquée de cicatrices provenantes de la chûte des feuilles. 

Rameaux verticillés, droits, rapprochés les uns des autres, feuillus. 

Ieuilles disposées en verticille de quatre ou de six, longues de trois 
quarts de pouce (20 millimètres), linéaires, ouvertes ou réflexies, 
convexes en-dessus, et portées par un pétiole court. 

Fleurs en tube d’un beau jaune,disposées une à une dans les aisseles 
des feuilles, pédicillées et comme rassemblées en épi. 

Pédicelle court, muni à sa partie moyenne de deux bractées oppo¬ 
sées. • 


Calice : quatre folioles ovales, larges inférieurement, diaphanes sur 
les bords, marquées en-dehors d’un sillon longitudinal, aigues au 


Corolle, en forme de tube, plus longue que les feuilles, légèrement 
arquee, partagée en quatre divisions ovales, obtuses, un peu ré- 
nexies. 7 r 


tamines huit, plus longues que la corolle, attachées autour d’un 
disque hypogyne, légèrement charnu; filets droits, jaunâtres dans 
leurs deux tiers inférieurs, amincis, arqués en-dedans, rouges et 



ERICA GRANDIFLORA. 2g 

bifurqués au sommet 5 anthères jaunes, formées de deux loges 
portées chacune sur un pédieelle particulier. 

Pistil : ovaire sphérique, attaché sur un disque hypogyne 5 style droit, 
plus long et de même couleur que les étamines ; stigmate brun, 
légèrement charnu, et comme divisé en quatre parties. 

Fruit. Non observé. 


OBSERVATIONS. 

Les Bruyères forment un genre très-nombreux. Les Anglois les aiment beau¬ 
coup, et les cultivent avec autant de soin que de succès. James Doua, dans 
son Hortus Cantabrigiensis, édition de 1811, en indique trois cent quatorze 
espèces qui se trouvent presque toutes gravées dans le bel ouvrage d’Andrews. 
La plus belle et la plus riche collection de ce genre que je connoisse en France, 
est à Navarre; elle se compose de cent trente-deux espèces bien déterminées’ 
dont la plupart ont des fleurs en tube. Des semis considérables, faits en 1811 ’ 
1812 et 1813, ont produit un grand nombre d’autres espèces non détermi¬ 
nées , et qui le seront à mesure quelles fleuriront. 

Je compte dans le cours de cet ouvrage donner toutes les Bruyères qui ont 
des fleurs en tube, comme étant les plus belles et les plus propres à l’orne¬ 
ment de nos serres et de nos jardins. En parlant de chacune d'elles, j’indi¬ 
querai son pays natal, le mode de culture qu’elle exige, et la manière de la 
multiplier. 

VErica Grandiflora, dont je donne la figure à la planche X, est originaire 
du Cap de Bonne-Espérance, d’où elle a été apportée en i 77 5. Comme la plu¬ 
part des autres espèces de ce genre, on la cultive dans une serre tempérée 
le plus près du vitrage possible. Cette Bruyère est remarquable par ses rameaux 
droits, garnis de feuilles longues, linéaires et étalées; par ses fleurs en tube 
dun jaune foncé, glabres, penchées, et souvent teintes d’un rouge brun. On 
la cultive a Malmaison et à Navarre, où elle fleurit tous les ans. Le meilleur 
moyen de multipber cette plante, qui ne nous a pas encore donné de graines 
c est d en faire des marcottes : les boutures réussissent difficilement 


EXPLICATION DE LA PLANCHE X. 


Fia. 1. TJneportion de rameau pour montrer le non, 

fendue selon sa longueur et étalée pour faire voir la for 
dont on a ôté la corolle pour faire voir la disposition e 
grossie. 5. Pistil grossi. 


nbre et la disposition des feuilles, z. Corolle 
rmeetla direction des divisions. 3. Une fleur 
et la direction des étamines. 4. Une étamine 



GOMPHOLOBIUM, 


Ordo aaturalis, LEGUMENOSÆ. Juss. 
DE CAJND PtIA monogynia. Linn. 


CHARACTER GENERICUS. 

Vid. Smith in Linn. societ. transact. vol. n'. p. 220. 


SPECIES. 

GOMPHOLOBIUM FURCELLATUM. 


Habitat in Nova Hoflandia. 


Plante ligneuse, haute de trois à quatre pieds (1 mètre), couverte 
de poils blancs soyeux qui lui donnent un aspect argenté 3 divisée 
dès sa base en un grand nombre de rameaux. 


Rameaux épars, grêles, droits inférieurement,penchés vers le sommet, 
inégalement anguleux, produisant selon toute leur longueur de 
petits ramillets qui sont deux à deux, se divisent en trois, et dont 
les divisions latérales se subdivisent, tandis que l’intermédiaire est 
simple. Ces ramillets et leurs divisions sont pourvus à la base d’une 
petite stipule ovale, aiguë. 

Fleurs, de couleur jaune mêlée de rouge, éparses ou comme rassem¬ 
blées en épi vers le sommet des rameaux. 


Calice infère, persistant, velu au-dehors, 
oblongues, aigués, réfléchies. 


divisé en cinq parties 



GOMPHOLOBIUM FURCELLATUM. 3i 

Corolle papillonacée, attachée au calice, et composée de cinq pétales; 
étendard arrondi, échancré au sommet, terminé inférieurement 
par un onglet court et marqué à sa base d’une tache semi-lunaire 
d’un rouge foncé 3 ailes, deux plus courtes que l’étendard et la carène-, 
carène de couleur rouge, formée de deux pétales distincts, plus 
longs que l’étendard. 

Etamines, dix penchées sur le côté : filets distincts inégaux, arqués 
vers leur sommet, de couleur rose : anthères ovales fixées par le 
milieu, biloculaires; poussière jaune. 

Pistil. Ovaire supporté par un pédicule court : style arqué; stigmate 
vert, obtus. 

Fruit. Capsule velue, ovale, comprimée, renfermant deux ou trois 
graines réniformes. 


OBSERVATIONS. 

Le genre Gompholobium a été établi par Smith, qui en a donné la descrip¬ 
tion dans les Transactions de la société linnéenne de Londres 1 . La nouvelle 
espèce de ce genre que je viens de décrire est originaire de la Nouvelle-Hollande, 
d’où les graines ont été apportées par l’expédition du capitaine Baudin. Je n’ai 
encore vu cette plante que dans les jardins de Malmaison, où il en existe 
un seul pied. 

Nous connoissons à peine dix espèces de ce genre. Toutes demandent à être 
cultivées en serre tempérée, sont difficiles à multiplier, donnent rarement 
des fruits mûrs, et périssent dans un instant. Elles‘exigent les soins d’un jar¬ 
dinier habile et très-assidu. Le Gompholobium, Furcellatum présente au pre¬ 
mier aspect beaucoup d’analogie avec le Gompholobium Spinosum mais il 
en diffère essentiellement en ce qu’il est dépourvu d’épines et que toutes ses 
parties sont couvertes de poils. 

Ce nom de genre est formé des mots yôp.<|>oç, cheville, et Xoêôç, capsule; 
à cause °de la ressemblance qu’on a trouvée de son fruit avec une cheville. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XI. 

Fig - '■ Les cinq pétales détachés pour faire voir leur forme et leur grandeur respective. 2 . Le 
pistil. 3. Une fleur dont on a ôté la corolle pour faire voir la disposition des étamines et celle des 
divisions du calice. 4. Un ovaire grossi, et dont on a enlevé un des côtés de Venveloppe pour mon- 
trer la disposition des graines. 5. Un ramillet détaché, indiquant ses divisions. 



CORREA 


Ordo naturalis, RUTACEÆ. Jus s. 
OCTANDRIA monogtwia. Linn. 

CHARACTER GENERICUS. 

Vid. Smith, act. soc. Linn. vol. IV. Ventenat jard. de Malm. p. r 3 . 

SPECIES. 

CORREA VIRIDIFLORA. 

Coeeei : foüis cordato-oblongis, stellatim hirsutis reflexîs, subtus ferrugineis, subsessilib, 
floribus solitarie terminalibus, cernuis. 

Habitat in Nova Hollandia. 


Plante ligneuse, haute de deux à trois pieds (i mètre), rameuse 
des sa base, et couverte sur presque toutes ses parties de glandes 
sphériques portant au sommet un faisceau de poils qui lui donnent 
1 aspect tomenteux. 


Rameaux opposés, peu étalés, cylindriques, 
leur partie inférieure seulement. 


rarement glabres dans 


^ E oùvertp<f POS ^fl ,, ^ > t eS< ^ 1 i e sessiles, °va!es, lancéolées, membraneuses, 
ou réfléchies, longues d’un à un pouce et demi ( 3 centi- 
tantun f . VmeS de * SUS ’ convexes et parsemées de glandes por- 
JL faiS l CeaU de P olls > concaves en dessous, tomenteuses, blan- 

™ c au sommet> ^ 4 k ba$e) a échMcréK 



CORREA MRIDIFLORA. 

Petiol^ très-courts. 

Fleurs, en tube, de couleur verdâtre, disposées une à u 
sessiles et réfléchies à l’extrémité des jeunes rameaux. 


presque 


Calice- infère, campanule, persistant, tronqué à son limbe', et divisé 
en quatre petites dents droites. 

Corolle tabulée, longue d’un poiice (3 centimètres), tomenteuse, 
formée de quatre pétales étroitement unis parleurs bords , séparés 
. au sommet, droits. 

Etamines: huit, éxsertes, ainsi que la corolle, fixées sur un disque 
h yP°gy ne : fil ets droits, verdâtres i dont quatre pluslongs alternent 
avec les quatre autres plus petits : anthères oVales, droites, bilo- 
culaires : poussière jaune. 


Pistil: ovaires, quatre peu distincts, fixés sur-un disque hypogyne, 
surmontés chacun d’un faisceau, de poils : un seul style, situé au 
centre des quatre ovaires : stigmate simple. 

Fruit: quatre capsules ovales, dispermes, entourées dans leur moitié 
inférieure par le calice qui persiste, tomenteuses, comprimées et 
terminées par un faisceau de poils, longs et inégaux. 


Graines semblables à celles d’un petit haricot. 


OBSERVATIONS. 

Le genre Correct 'a été établi par Smith, en l’honneur de M. Correa de Serra, 
botaniste très-distingué, auquel nous devons d’excellens mémoires sur la car- 
pologie \ Ce genre appartient à la famille des Rutacées; c’est lé même que 
celui qui a été publié par M: Labiïlardière sous le'nom de Mazeutoxéron , dans 
sa Relation du voyage- à la recherche de la Beyrouse. - • 

Nous cultivons deux .espèces de Correa-, la première, figurée à la plan¬ 
che XIII de la Flore de Malmaison par M. Vehtenat, est le Correa alba; la 
seconde est le viridiflora , dont je donne. la figure' à la planche XII de e'et 
ouvrage. Cette dernière -espèce, couverte sur toutes ses parties, de faisceaux 
de poils disposés en étoile, diffère essentiellement de la première par la forme 


’ Mémoires de la sodetéLiniieenne de Londres, vol. V et VI. Annales du Muséum d’hist. nat. 



5 / CORREA VIRIDIFLORA. 

de ses feuilles, par celle de ses fleurs, et me semble avoir beaucoup d’analogie 
avec le Correa reflexa '. Les espèces connues jusqu à ce jour sont origi¬ 
naires de la Nouvelle-Hollande. Efles passent Fbiver dans l’orangerie, et se 
multiplient facilement de boutures. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XII. 

Fig. 1. Fleur entière. 2. Un calice avec lepistiL 5. Une corolle étalée pour montrer son rapport 
avec les étamines et sa forme. 4- Pistil. 5. Id. grossi pour faire voir le disque sur lequel il repose et les 
poils qui couvrent le sommet des ovaires. 6. Ovaires grossis et coupés transversalement pour montrer 
leur nombre. 7. Fruit mûr. 8. Une loge ou une coque ouverte indiquant les deux graines qu’elle 
renferme. 9. Une graine séparée. 


Mazeutoxeron rufum de Labill., Atlas pour servir à la recherche de La Peyrouse, tab. 19. 



EUCALYPTUS. 

OrDO IN'ATURAUS, MYRTI. Jus s. 
ICOSANDRTA mojvogtnia. Linn. 

ÇHARACTER GENERICUS. 

Yid. I’Herit. sert. angl. 


SPECIES. 

EU C A L Y PT US diversifolia. 


Eucalyptus: foliis glaucis, falcato-lanceolatis, apice mucronatis, ad basim æqualiter angustatis: 
umbellis axillaribus: operculo conico mutico : capsula turbina ta, operculo cruciformi clausa. 


Habitat in Nova Hollandia. 


Arbre toujours vert, de vingt pieds (7 mètres) de hauteur5 tronc 
droit, cylindrique, de quatre à cinq pouces (12 centimètres) de 
diamètre, recouvert d’une écorce grisâtre presque lisse. 

Rameaux alternes, ouverts, un peu tortueux, cylindriques. 

Feuilles alternes, glauques, persistantes, de forme et de longueur 
différentes, longues de deux à quatre pouces ( i5 à 16 centimètres) 
sur cinq à huit lignes ( 10 à iB millimètres) de largeur; droites ou 
courbées en faucille, légèrement coriaces, ponctuées, comme 
charnues et rougeâtres sur les bords, aiguës à la base, terminées au 
sommet par une pointe molle plus ou moins alongée. Dans les jeunes 
pieds, les feuilles inférieures sont opposées, sessiles, ovales, lan¬ 
céolées, ou oblongues. 

Pétioles longs de six lignes (12 millimètres), rougeâtres, garnis de 
petits tubercules, sillonnés en-dedans, convexes en-dehors. 




56 eucalytus diversifolia. 

Fleurs d’un blanc pur, disposées en ombelle, et situées dans les ais¬ 
selles des feuilles. 

Pédicelle droit, beaucoup plus court que les feuilles, portant ordi¬ 
nairement six ou neuf fleurs presque sessiles. 

Calice supère, demi-sphérique, persistant, fermé par une coiffe en 
forme de cône, qui tombe lors du développement des étamines. 

Corolle : il n’y en a pas. 

Etamines nombreuses, insérées au bord intérieur du calice: filets 
blancs, droits, plus longs que le calice : anthères biloculaires, ovales, 
fixées par le milieu : poussière jaune. 

Pistil : ovaire infère : style droit plus court que les étamines : stigmate 
aigu. 

Fruit: capsule turbinée, entièrement recouverte par le calice devenu 
très-épàis : fermée par un opercule en forme de croix, composé de 
quatre ou huit pièces fortement unies ensemble : divisée jusque vers 
son milieu en quatre valves, et intérieurement en quatre loges. 

Graines nombreuses, très-dures, de formes différentes, attachées à 
un réceptacle commun placé au centre de la capsule. 


OBSERVATIONS. 


Le genre Eucalyptus ' a été établi par l’Héritier, et le caractère générique 
donné par cet auteur a été adopté par tous les botanistes. L’examen que j’ai fait 
de F Eucalyptus diversifolia , qui est la seule espèce que j’aie vue en fleur, me 
porte à croire que le caractère de ce genre doit être réformé. Il faut espérer que 
M. Robert Brown, qui a vu un grand nombre d’espèces vivantes, fera ce tra¬ 
vail dans le second volume de son Flora Novœ Hollandicè , que tous les bota¬ 
nistes attendent avec impatience. 

Nous connoissons à peu près vingt-quatre espèces d’ Eucalyptus , décrites 
dans les divers auteurs ; mais il en existe un bien plus grand nombre , soit dans 


1 Formé de Eu bon, bien , et de xaXurtro, 
de ce genre, avant le développement des étam: 


, je ferme ; parce que le calice des espèces 
ntièrement recouvert par une coiffe. 



EUCALYPTUS DIVERSIFLORA. 5 7 

nos jardins , soit dans nos herbiers. L’herbier seul du Muséum en possède plus 
de quinze espèces nouvelles. 

L 'Eucalyptus diversifolia est dû à l’expédition du capitaine Baudin, qui en 
a apporté les graines de la Nouvelle-Hollande. Il est curieux d’observer que les 
naturalistes qui composoient cette expédition n’ont pas apporté cette plante 
dans leurs herbiers, et que la majeure partie des espèces de ce genre que nous 
cultivons, sont nouvelles, et ne se trouvent même pas dans les herbiers. 

Ce qui me porte à croire que le caractère générique des Eucalyptus doit être 
réformé, c’est que sur celui que je viens de décrire, la capsule est fermée par 
un opercule cruciforme, composé de quatre ou huit pièces étroitement soudées. 
Cet opercule tombe à l’époque de la maturité des graines, et indique le temps 
précis de leur récolte. Il est probable que cette partie dont aucun botaniste n’a 
parlé, existe dans plusieurs autres espèces du même genre. 

Les feuilles dans les jeunes plants de cet Eucalyptus , de même que dans plu¬ 
sieurs autres espèces du même genre qui se cultivent à Malmaison, sont 
opposées, et affectent une forme entièrement différente de celle des mêmes 
individus plus avancés dans leur végétation. 

Les Eucalyptus offrent une nouvelle richesse au'midi de l’Empire. M. Mar¬ 
tin, savant estimable, directeur du jardin botanique de Toulon, a mis depuis 
plusieurs années, en pleine terre, un petit pied à!Eucalyptus qu’il avoit reçu 
de Malmaison. Cette plante, que j’ai vue dans l’été de i8i5, avoit acquis plus 
de vingt pieds de hauteur, et étoit, pour la première fois, couverte de fruits 
bien nourris. Cette seule expérience prouve que les Eucalyptus peuvent croître 
avec l’olivier, les grenadiers, les citroniers, et d’autres arbres utiles de nos pro¬ 
vinces méridionales. 

L’ Eucalyptus cultivé par M. Martin nous parolt être le même que XEuca¬ 
lyptus diversifolia. Les petites différences que j’observe entre l’échantillon de 
cette plante, que j’ai cueilb à Toulon, et les pieds que je cultive à Malmaison, 
semblent être produites par le changement de culture ou par le cbmat. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XIII. 

Fia. i. Une fleur avant son développement. 2. Une fleur ouverte. 3. Coiffe dune fleur. 4. Fleur 
dont on a enlevé la moitié pour faire voir la position de Tovaire et des étamines. 5. Une étamine. 
6 . Un bouquet de fruits. 7. Une capsule vue par dessus. 8. Opercule qui ferme la capsule. 9. Une 
graine. 



EUPATORIUM 


Ordo tvaturalis, CORYMBIFERÆ. Juss. 
SYNGENESIA polygamia æqualis. Linn. 


CHARACTER GENERICUS. 


Vid. Juss. gen. pl. pag. 178. Scheeb. gen. pi. tom. H. p. 546. 


SPECIES. 

EUPATORIUM DELTOIDEUM. 


Eupatoeium : foliis petiolatis hastato-triangularibus, trineryiissubæqualiter crenatis, subtus 
pubescentibus ; panicula eorymbosa ; calycibus multifloris. 


Habitat : patria ignota. 


Plante vivace, haute de quatre à six pieds (près de 2 mètres), garnie 
de feuilles dès sa base, peu rameuse. 

Tiges: plusieurs, droites, de la grosseur du petit doigt, cylindriques 
et glabres inférieurement. 

Feuilles opposées, membraneuses, ouvertes, longues de quatre à 
cinq pouces (12 centimètres), triangulaires, hastées, glabres en- 
dessus, crénelées sur les bords, marquées en-dessous de trois ner¬ 
vures saillantes, et garnies de poils courts. 

Pétioles longs d’un pouce et demi ou deux pouces (5 centimètres), 
aplatis intérieurement, convexes en-dehors, et couverts de poils 
très-courts. 



EUPATORIUM DELTOIDEUM. 5 9 

Panicule terminale , composée de plusieurs faisceaux de fleurs, portés 
sur un pédoncule commun. 

Fleurs blanches, composées de quarante fleurons hermaphrodites, 
ou à peu près, supportées chacune par un pédicule pourvu à son 
sommet d’une ou de plusieurs bractées linéaires. 

Calice commun, en forme de cloche, composé de quarante folioles 
linéaires, droites, presque égales. 

Fleurons nombreux (quarante), cylindriques, divisés au sommet en 
cinq dents ovales, souvent de couleur rose. 

Etamines : cinq, insérées à la base de la corolle : anthères ovales, incluses, 
réunies par leurs bords en un cylindre. 

Pistil: ovaire infère, linéaire, marqué de stries longitudinales: style 
filiforme, divisé jusque vers son milieu: stigmates divergens, de 
couleur rose. 

Fruit : graine linéaire, longue de trois à quatre lignes (8 millimètres), 
marquée destries longitudinales, et parsemée de poils roides: cou¬ 
ronnée par une aigrette composée de dix rayons ou à peu près 
garnis de poils sur les bords. 

Réceptacle: glabre, légèrement convexe. 


ORSERYATIONS. 

Je donne la figure de YEupatorium deltoideum, parce que j’en ai trouvé le 
dessin dans la belle collection des vélins de Malmaison; cette plante est déjà 
gravée à la planche 36 9 de YHortus Schœnbrunensis; elle est très-rare et peu 
connue : je ne l’ai vue qu’à Vienne et à Malmaison. 

Cette Eupatoire est probablement originaire de l’Amérique méridionale ; elle 
est de serre chaude, et on peut l’avoir en fleur pendant la plus grande partie 
d. 1 »n,e. C « une «..belle plante, q ui, p„ » f, uillag , et «e, p.nLles 
ÎoÎm’e" recherchée pour l'ornement d. nos .erre. pend... le. 


EXPLICATION DE LA PLANCHE XIV. 


Fig. i. Une fleur-vue par-devant, et très-avancée, 
de son aigrette. 


Un calice ouvert. 4. Une graine couronnée 



boehmeria. 

Ordo KATURALIS, URTICÆ. Jus S. 
MONOECIA TETRANDRIA. LlNN. 

CHARACTER GENERICUS. 

"Vid. Schreb. gen. p. tom. II. p. 63a. Sw. prod. 34- 


SPECIES. 

BOEHMERIA CAUDATA. 

Boehmeria: caule suffruticoso; foliis oppositis subcordato ovalibus, trinerviis, acuminatis, 


Habitat in Antillis. 


Plante ligneuse, haute de quatre à cinq pieds (i5 décimètres), pro¬ 
duisant, dès le collet de sa racine, plusieurs tiges droites, glabres 
et cylindriques inférieurement ; feuillues et pubescentes vers leur 
sommet. 

Feuilles opposées, ouvertes, réfléchies; longues de quatre ou six 
pouces (i5 centimètres), ovales, membraneuses; légèrement échan- 
crées à leur base,acuminées au sommet, également dentées sur les 
bords, marquées en-dessous de trois nervures saillantes, et parse¬ 
mées sur l’une et l’autre face de poils courts. 

Pétioles longs de un à deux pouces (5 à 5 centimètres), pubescens, 
légèrement sillonnés en-dedans, convexes en-dehors. 

Épis pendans, très-longs, disposés un à un dans les aisselles des 




BOEHMERIA CAUDATA. fa 

feuilles, et composés de fleurs mâles ou de fleurs femelles seule¬ 
ment, ou quelquefois de fleurs mâles mêlées avec des fleurs femelles. 

Fleurs males, disposées sur un épi très-long, rapprochées les unes 
des autres. 

Calice : composé de quatre folioles ovales et marquées en-dehors de 
trois nervures saillantes. 

Corolle : il n’y en a pas. 

Etamines : quatre, plus longues que le calice, et fixées autour d’un 
corps charnu qui occupe le centre de la fleur : filets droits : anthères 
ovales, droites, s’ouvrant longitudinalement sur les côtés. 

Fleurs femelles, disposées par petits groupes sur un épi très-long, 
et munies d’une bractée. 

Bractée: plus longue que l’ovaire, lancéolée, terminée par une pointe 
alongée, pubescente. 

Calice et Corolle : il n’y en a pas. 

Pistil : ovaire, très-petit, terminé par un style droit: stigmate aigu. 

Graines ovales, comprimées, pubescentes, terminées par le style qui 
persiste, et marquées sur les côtés par les bords saillans devenus 
comme charnus. 


OBSERVATIONS. 

Le Bœhmeria caudata publié dans l’Encyclopédie ' par M. de Lamarck, a 
été décrit sur un échantillon apporté de l’Ile de France par Sonnerat et V Urtica 
fruticosa, dont parle Brown dans son Histoire de la Jamaïque % est regardée 
par tous les auteurs comme la même plante. Il est certain que la courte des¬ 
cription que donne Brown de sa plante convient parfaitement à celle de 
Sonnerat, mais il est impossible avec une simple description de distinguer la 
plante rapportée de l’Inde de celle dont parle l’auteur anglois. 


‘ Dict. pag. 64o. 
■Page 338, n° ii. 




. boehmeria caudata. 

4_ Ponr éclaircir le doute de quelques botauistes, j’ai cru devoir donner la 
fcmre exacte du Bœhmeria caudata publié par M. de Lamarck, et je 1 ai fait 
dCautplus volontiers, que les caractères de ce genre ne se trouvent pas figu¬ 
rés dans l’excellent ouvrage de Gærtner. 

Le Bœhmeria caudata est une très-belle plante ; elle doit etre cultivée en 
serre chaude, dont elle fait l’ornement par la beauté de son feuillage pendant 
les derniers mois d’hiver. i T) . 

Ce genre a été établi par Jacquin en l’honneur de George Rodolphe Bœhmer, 
professeur debotanique et d’anatomie àl’académie deWittenberg,morten i8o3. 


EXPLICATION DE LA PLANCHE XV. 



ER ICA E DELIN IA. 


Eeica : ramis ramnlisqne erectis ; foliis quatemis linearibus, patentons ; florüras cenrais, infra 
ramulorum apicem verticillatis, spicato-aggregatis ; corollis tubulosis, cbrratis, basi excavatio- 
nibus quatuor notatis; staminibus inclusis, aristis setaceis instractis; stylo exserto. 


Habitat ad Caput Bonæ Spei. 


Plante ligneuse, s’élevant à quatre ou cinq pieds (i 5 décimètres) de 
haut, glabre sur toutes ses parties. 

Feuilles disposées en verticilles de quatre, linéaires, ouvertes, rap¬ 
prochées, longues de trois ou cinq lignes (io millimètres), con¬ 
vexes et glabres en-dessus, blanchâtres en-dessous et marquées d’un 
léger sillon. 

Fleurs en tube d’un rouge de corail pâle, longuement pédicellées, 
penchées, disposées en verticilles et tellement rapprochées qu’elles 
représentent un épi plus ou moins long. 

Pédicelle arqué, long de quatre lignes ( g millimètres ), cylin¬ 
drique, pourvu vers sa base de deux petites bractées ovales et 
opposées. 

Calice formé de quatre folioles ovales, recourbées sur les bords, dia¬ 
phanes , ou moins colorées, vertes au centre, marquées en-dessous 
d’un léger sillon. 

Corolle, en forme de tube, inégalement cylindrique, et légèrement 
arquée-, marquée à sa base de quatre dépréssions ou excavations 5 
rétrécie vers le sommet, divisée à son limbe en quatreparties obtuses 
et droites. 

Étamines: huit, plus courtes que la corolle, attachées autour d’un 
disque hypogyne: filets blancs, grêles, droits-, anthères, jaunes 
formées de deux loges réunies seulement à leur base, et munies en 
dehors de deux appendices ou arêtes setiformes. 




44 ERIC A EDELINIA. 

Pistil : ovaire supère, posé sur un disque hypogyne, marqué de 
quatre côtes peu saillantes, glabre et d’un vert clair: style droit, 
blanc, plus long que la corolle: stigmate brun en forme de tête. 

Frdit : non observé. 


OBSERVATIONS. 


L 'Erica que je viens de décrire se trouve dans la collection des plantes de 
Navarre et dans celle de M. Cels, où elle est désignée depuis très-long-temps 
sous le nom d’Erica mammosa coccinea. Les recherches exactes que j’ai 
faites de cette plante dans le bel ouvrage d’Andrews ; dans la dernière édition 
de YHortus Cantabrigiensis par Donn, et dans les catalogues de MM. Lee et 
Kennedy, que j’ai reçus tout récemment, ayant été infructueuses, j’ai examiné 
cette plante avec le plus grand soin, et j’ai acquis la certitude qu’on devoit la 
considérer comme une espèce nouvelle, et non comme une variété de YErica 
mammosa. 

J’ai donné à cette nouvelle bruyère le nom d 'Erica edelinia, en l’honneur 
d’Edeline, jardinier en chef de Navarre , qui cultive les bruyères avec un succès 
étonnant, ainsi que les autres plantes qui lui sont confiées. 

EErica edelinia • diffère de Y Erica mammosa et de ses variétés par le port et 
la disposition de ses rameaux; par la forme, la dimension et la couleur de ses 
fleurs; par les appendices des anthères; par l’ovaire, et enfin par le style, qui 
est plus long que la corolle. Cette nouvelle bruyère semble avoir quelque ana¬ 
logie a vec YErica verticillata ; mais la couleur de ses fleurs et la forme de ses 
appendices doivent la faire regarder comme une espèce différente. E Erica ede¬ 
linia est probablement originaire du Cap de Bonne Espérance. Elle se propage 
difficilement par les boutures ; mais on l’obtient facilement de marcotte ; elle se 
couvre de beaux épis de fleurs d’un rouge de corail pâle pendant les derniers 
jours d août, le mois de septembre, d’octobre, et les premiers jours de no¬ 
vembre. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XVI. 


Fig. i . Unefleur en 
et la,forme des quatre 
pistil. 6'. Une portion 


■■tière. 2. Corolle fendue selon sa longueur et étalée pourfaire voir la disposition 
enfoncemens. 3. Une étamine. 4. Une foliole du calice vue par derrière. S. Le 
de rameau pour indiquer la manière dont les feuilles sont verticillées quatre à 



LINUM 


ORDO NATTTRALIS, CARYOPHILLEÆ. Jus s. 
PENTANDPJA pentagynia. Linn. 


CHARACTER GENERICUS. 


Yid.Juss.gen.pl. pag. 3 o 3 . Gærtn. de Fruct. t. U, p. 146, tab. ii2,fig. 11. 


SPECIES. 

LINUM TRIGYNUM. 

Lisüm: caule suffrutieoso, foliis alternis, ovali-oblongis , subintegerrimis, mucronatis; floribus 
trigynis, calyce quinquepartito, laciniis lanceolatis. 


Habitat in India Orientali. 


Plante ligneuse , haute de deux à trois pieds ( 1 mètre) , glabre, 
rameuse, revêtue d’une écorce verte très-lisse. 

Rameaux alternes, droits, inégalement cylindriques, feuillus. 

Feuilles alternes, pétiolées, ovales ou oblongues, ouvertes, d’un à 
un pouce et demi (3 centimètres) de largeur, sur trois (8 centi¬ 
mètres) de longueur, généralement entières, très-rarement denti- 
culées, munies au sommet d’une pointe molle -, d’un vert luisant 
en-dessus5 glauques en-dessous, et marquées de veines peu sail¬ 
lantes. 

Pétioles longs de six à dix lignes (2 centimètres), convexes en-dessus 
et en-dessous, bordés sur les côtés d’une crête légèrement saillante. 



46 1,1 NUM TRIGYNUM. 

Fleces jaunes, en forme de cloche, disposées une à une dans les 
aisselles des feuilles, supportées par un pédoncule plus court que 
le calice, qui est muni à sa base de petites bractées. 

Calice infère, persistant, oblong, profondément divisé en cinq par¬ 
ties lancéolées, légèrement inégales, concaves intérieurement, et 
terminées par une pointe aiguë. 

Corolle en forme de cloche très-ouverte, attachée au tube des éta¬ 
mines, composée de cinq pétales adhérens parleurs parties moyennes; 
chacun de ses pétales est long d’un pouce et demi (4 centimètres), 
large au sommet et arrondi; inférieurement il est terminé par un 
onglet charnu. 

Etamines : dix, plus courtes que les pistils, réunies inférieurement en 
un seul corps par un tube membraneux très-court. Des filets, cinq 
sont constamment plus courts et dépourvus d’anthères ; les cinq 
autres, plus longs, sont subulés et portent une anthère droite, 
jaune, composée de deux loges qui s’ouvrent en-dehors. 

Pistil: ovaire supère; trois styles droits, de même longueur que le 
tube de la corolle, terminés par un stigmate sphérique, verdâtre et 
comme partagé en deux dans leur longueur par un léger sillon. 

Fruit: capsule sphérique, déprimée, garnie à sa base des cinq divi¬ 
sions du calice qui persistent; composée de six valves ou coques 
s’ouvrant longitudinalement en-dedans et renfermant une seule 
graine. 

Graine ovale, applatie sur les côtés, fixée à l’angle supérieure et 
interne de chaque valve. 


OBSERVATIONS. 

Cette nouvelle espèce de lin est originaire des Indes Orientales, d’où elle a 
été apportée en Angleterre en i8oa. Les premiers pieds que nous avons eus 
de cette plante en France ont été envoyés de Londres à Malmaison vers la fin 



LINUM TRIGYNUM. 4 7 

Le Linum trigynum est ligneux ; il se présente sons lâ forme d’un petit buis¬ 
son ovale, garni de feuilles dès sa base; il est vert presque toute l’année, et 
commence à porter des fleurs en décembre. Ce lin passe l’hiver dans‘l’oran¬ 
gerie, dont il contribue à faire l’ornement par la multitude de ses fleurs, qui 
sont grandes, d un janne vif et brillant. Parmi les espèces connues de ce genre, 
c est la seule qui n’ait que trois styles, et on doit regretter que sa corolle tombe 
vingt-quatre heures après son développement. 

Sowerby, à la planche XVil de l’Exotic Botany, a donné la figure de cette 
nouvelle espèce de lin, et l’a représentée avec des feuilles dentées. Je cultive à 
Malmaison un très-grand nombre d’individus de cette plante, qu’on multiplie 
facilement par boutures ;-et sur tous les pieds que j’ai examinés, je n’ai vu que 
des feuilles entières, ou légèrement crénelées sur les bords quand elles sont 
très-avancées dans leur végétation. 

Le Linum trigynum doit venir en pleine terre dans le midi de l’Europe et 
porter des graines qui serviront à le répandre promptement dans tous nos 
jardins. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XVIL 

Fig. i. Une fleur dont les pétales sont tombés, z. Etamines réunies à leur base en un seul corp 
par une membrane. 3 . Ovaire terminé par trois styles. 4. Une capsule munie du calice qui persiste. 
5 . Idem dont les loges commencent à se séparer. 6. Une des valves qui forment la capsule. 7. Une 
graine. 



LINARIA. 

ORD© \ati;rai.ts , SCHROPHULARIÆ. Juss. 
DIDYNAMIA aîsgiôspermia. Linn. 

CHARACTER GENERICUS. 

Vid. Desfojyt. Flora atl. t. Il, p. 37. 

SPECIES. 

LINARIA PAUCIFLORA. 


Lin aria : caule sîmplici ; foliis linearibüs, glaucis., inferioribus quaternis ; floribusbreviter 
- pedicillatis ; caltare arcuato, corolla triplo longiore. 


Habitat: patria ignota. 


Plante annuelle, glauque: divisée, dès le collet de sa racine, en plu- 
-sieurs-tiges, dont les plus foibles sont cotfehées et les plus fortes 
droites. 

Feuilles linéaires, ouvertes, disposées en verticille de quatre ’à la base 
des tiges, solitaires et alternes vers le sommet. 

Epi terminal, composé de- cinq ou huit fleurs plus ou moins rappro¬ 
chées, beaucoup plus longues que les pédicelles. 

Calice: divisé jusqu’à la base en cinq parties ovales, garnies de quel¬ 
ques poils sur les bords. 

Corolle: labiée, de couleur violette, blanche à sa gorge et marquée 



LIN ARIA PAUCIFLORA. 49 

de taches d’un violet foncé, longue d’un pouce, terminée à sa Rase 
par un éperon très-long, recourbé et aigu-, lèvre supérieure droite, 
divisée en deux parties tellement rapprochées qu’elles semblent ne 
former qu’un seul corps-, lèvre inférieure réfléchie, divisée en trois 
parties ovales, obtuses : renflée intérieurement à sa base, et formant 
par ce renflement la gorge de la corolle. 

Étamines, quatre, dont deux plus petites: filets légèrement arqués, 
courts: anthères ovales. 

Pistil : dvaire supère, terminé par un style court: stigmate légèrement 
charnu. 

Fruit: capsule ovale, entourée à sa base par le calice, qui persiste, 
percée au sommet de deux trous; formée par quatre valves et divi¬ 
sée intérieurement en deux loges renfermant un grand nombre de 
graines. 


OBSERVATIONS, 

Les genres Linaria, Anarrhinum , et Antirrhinum ont beaucoup d’analogie; 
cependant ils doivent être considérés comme trois genres bien distincts d’après 
les caractères donnés par M. Desfontaines, dans son Flora Atlantica. ‘ 

Cette division, fondée sur des caractères cbnstans, rend l’étude des espèces 
qui composent ces trois genres beaucoup plus facile. Presque toutes pes plantes 
sont originaires d’Afrique et d’Europe. La,plupart sont annuelles; quelques 
unes sont vivaces ; il y en a peu de ligneuses. 

La nouvelle espèce de Linaria dont j’ai donné la figure à la. planche XVIII, 
est cultivée à Malmaison depuis 1810 : cette espèce, dont j’ignore la patrie et à. 
laquelle j’ai donné le nom de Linaria pauciflora, a beaucoup d’analogie avec 
le Linaria laxiflora de M. Desfontaines 3 ; mais elle en diffère cependant par 
ses tiges, beaucoup plus longues ; par ses feuilles, plus éloignées les unes dés 
autres ; par ses fleurs, plus grandes et supportées par des pédicules plus courts; 
par l’éperon recourbé, plus long et plus aigu ; elle en diffère enfin par la lèvre 
supérieure, dont les divisions sont tellement rapprochées, quelles semblent 
n’en former qu’une seule. 


,1. II, pag.; 37 






5o LIN ARIA PAUCI FLORA. 

Cette Linaire a aussi quelque analogie, par son port et sa couleur, avec le 
Linaria glaucophyüa- 5 ; mais elle en diffère essentiellement par la disposition 
et la grandeur des feuilles ainsi que par celle des fleurs. 

explication de LA PLANCHE XVIII. 

Fig. i . Un calice vu de côté. 2 Une fleur idem dépourvue de son calice. 


3 Flore Portugaise, publiée par Link et Offmansegg. tab. 



ACACIA. 


Ordo inaturalis, LEGGMENOSÆ. Juss. 
POLYGAMIA moncoecia. Linn. 

CHARACTER GENERICUS. 

Vid. Willd. Spec. plant., tom. IY, p. io 4 g- 


SPECIES. 

ACACIA LINIFOLIA. 

Acacia: foliis angustato-linearibus, strictis, mucronatis; spicis globosis', pedunculatis, racemosis; 
racemis, solitafiis folia subæquantibus. 


Habitat in Nova Hollandia. 


Plante ligneuse, glabre, haute de six à huit pieds ( 2 à 5 mètres), 
divisée plus ou moins bas en rameaux grêles 5 recouverte d’une 
écorce grisâtre. 

Rameaux alternes, recourbés vers leur extrémité, feuillus, couverts 
d’une écorce grisâtre, marquée de petits carènes ou tubercules 
formés par le soulèvement de l’écorce au-dessous de l’insertion 
des feuilles. 

Feuilles alternes, très-rapprochées les unes des autres, longues d’en¬ 
viron un pouce et demi (4 centimètres), linéaires, légèrement plus 
étroites vers leur base, plus larges au sommet, arrondies et termi¬ 
nées par une pointe molle. 

. Pétioles très-courts, renflés extérieurement à leur base, et comme 
articulés. 

Stipules : deux, très-petites, opposées, à la base de chaque pétiole, 



5a acacia linifornia. 

Fleurs de couleur jaune, disposées dans unepamcule axillaire, soli¬ 
taire^ de même longueur à-peu-près que les feuilles, et formée de 
capitules sphériques, pédicellés. 

Calice très-petit, en forme de cloche évasée, partagé a son limbe en 
cinq divisions plus ou moins régulières. 

Corolle trois fois plus grande que le calice, formée de cinq pétales 
réunis par leurs bords dans leur moitié inférieure, ouverts et aigus 
au sommet. 

Etamines nombreuses; filets grêles, aigus à leur sommet, libres dans 
toute leur longueur; anthères ovales, à deux loges. 

Pistil : ovaire ovale, glabre, terminé par un style droit de même 
longueur que les étamines ; stigmate subulé. 

Fruit non observé. 


OBSERVATIONS. 

Le professeur Willdenow a divisé, avec raison, le genre Mimosa en plusieurs 
autres, et a pris pour base de ce nouveau travail les parties de la fructification. 
Lorsqu’on connoîtra mieux les fruits des Mimoses, il sera nécessaire, je pense, 
pour rendre le travail de Wildenow plus parfait, d’établir encore quelques 
nouveaux genres, et l’on pourra en même temps rapporter d’une maniéré plus 
exacte les espèces à chacun des genres auxquels elles appartiennent. 

L ' Acacia linifolia, dont je donne la figure à la planche XIX, a déjà été figuré 
par Andrews 1 et par Yentenat “.Je me suis cependant déterminé à faire graver 
cette plante, r° parcequ’elle devient très-rare dans les collections ; 1° parce- 
qu’elle varie beaucoup dans les diverses époques de sa végétation, ce qui fait 
confondre ses variétés sous plusieurs noms ; 3 ° enfin parcequ’elle fait partie de 
la précieuse collection des vélins de Malmaison. Dans la suite de cet ouvrage, 
je donnerai les figures de quelques Acacia nouveaux, à feuilles simples; je 
ferai en même temps l’énumération de toutes les espèces connues de cette 
section, et j’assignerai à chacune le caractère qui lui convient. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XIX. 

Fia. 1. Une fleur entière' et grossie , vue par derrière, z. Un pétale détaché, pour en montrer 
la forme . 3. Une étamine. Un pistil. 


* Botanist repos, tab. 394. 

a Descript. des pl. nouv. du jardin de Cels, tab. a. 


MAGNOLIA 


Ordo naturalis, 4L4G1NOLIÆ. Jus s. 

P O LY AND PlIA polygyma. Linn. 

CHARACTER GENERICUS. 

Vid. Juss. gen. pl. p. 281.. . Gært. de fruct. et sem. tom. I, p. 343 , tab. 70. 


SPECIES. 

MAGNOLIA yulan. 

ob-ovalibus abrupte acuminatis, subtus petiolisque pubescentibus, 
membranaceis, deciduis. 


Plante ligneuse, haute de six à douze pieds (2 à 4 mètres), divisée, 
à quelque distance du collet de sa racine, en branches alternes 
recouverte d’une écorce de couleur brune, et presque lisse. 

Rameaux alternes, cylindriques, éloignés les uns des autres, ouverts, 
glabres inférieurement, et parsemés de petits tubercules de couleur 
grisâtre 5 garnis de poils à leur sommet. 

Feuilles alternes, membraneuses, longues de quatre ou six pouces 
(1 décimètre) sur quatre pouces (6 centimètres) de largeur; plus 
larges au sommet qu’à la base, et terminées par une pointe aiguë; 
glabres en-dessus, et garnies de poils en-dessous, notamment sur 
les nervures. 

Pétioles longs d’un pouce (2 centimètres), pubescens, cylindriques 
dans leur moitié supérieure, creusés en gouttière dans l’inférieure 
et renflés. 



5 £ magnolia yulan. 

Stipules ovales, caduques, glabres en-dedans-, couvertes en-dehors 
de poils soyeux, gris, luisans, très-serrés et très-nombreux. 

F leors d’un blanc de lis, terminales, solitaires, très-grandes, d’une 
odeur douce et très-agréable, s’épanouissant avant le développe¬ 
ment des feuilles. 

Calice : il n’y en a pas. 

Corolle composée de neuf pétales charnus, disposés sur trois ran¬ 
gées , longs de trois à quatre pouces (i décimètre) sur un pouce 
ou deux (4 centimètres) de largeur, droits dans leur moitié infé¬ 
rieure , ouverts et creusés en forme de cuiller dans leur moitié 
supérieure. 

Etamines nombreuses, attachées entre les ovaires et la corolle-, filets 
charnus, très-courts-, anthères linéaires, composées de deux loges, 
fixées au filet dans toute leur longueur, et terminées par le prolon¬ 
gement de ce même filet : poussière jaune. 

Pistil : ovaires nombreux, placés sur un réceptacle commun en forme 
de cône, et terminés chacun par un style court et subulé. 


Fruit : non observé. 


OBSERVATIONS. 

Le genre Magnolia, dédié par Linné à Pierre Magnol, célèbre botaniste 
français , qui vivoit dans le 17 e siècle, comprend à peu près douze ou quinze 
espèces, qui sont originaires de l’Amérique septentrionale, de la Chine ou du 
Japon. L’Europe, l’Afrique et le vaste continent de l’Amérique espagnole n’ont 
pas encore offert aux botanistes une seule espèce de ce genre. 

. Tous les Magnolia connus se cultivent en pleine terre ou dans l’orangerie, 
sous le climat de Paris, et pourroient tous être cultivés en pleine terre, moyen¬ 
nant une exposition favorable, ou un abri assez fort pour empêcher la gelée. 
Le midi de la France et l’Italie offrent de grands avantages pour la culture en 
pleine terre de toutes les espèces de ce genre. Depuis long-temps on récolte des 
graines du Magnoliagrandiflora à Montpellier, à Toulouse, à Milan, à Venise, 
et dans plusieurs antres parties méridionales de l’Europe. Les Magnolia glauca 
et umbrelia, cultivés en pleine terre dans notre climat, fructifient, et donnent 
de très-bonnes graines. 



MAGNOLIA YULAN. 55 

Le Magnolia yulan, dont je donne la figure à la planche XX, est originaire 
de la Chine ; c’est la même plante que celle qui est indiquée sous le nom de 
Magnolia canspicua, à la page 33o du troisième volume de THortus Kewensis*. 

Cette plante est très-recherchée par les Chinois, qui la cultivent avec beau¬ 
coup de soin pour l’ornement des jardins et des palais de leurs souverains. 
Depuis 1806, on cultive à Malmaison le Magnoliayulan. Cet établissement a 
long-temps possédé seul cette plante ; mais depuis trois ans on commence à 
la répandre dans nos divers jardins. En 1811, j’ai fait mettre en pleine terre 
plusieurs pieds du Magnolia yulan : depuis ce temps, ils ont acquis un grand 
accroissement, et chaque année ils se couvrent de fleurs vers la fin du mois 
de mars et les premiers jours d’avril. Ces arbrisseaux, qui ont aujourd’hui 
douze pieds, ont résisté aux froids rigoureux de i 8 i 3 et de 1814, quoiqu’ils 
ne fussent couverts que d’une cage vitrée couverte de paillassons. Le Magnolia 
yulan mérite l’attention des cultivateurs et des amateurs de plantes, pour la 
beauté de ses fleurs, qui sont d’un blanc de lis, pour l’odeur délicieuse qu’elles 
exhalent, et pour la magnificence de son feuillage, qui ne se développe qu’a- 
près la floraison. 

Je ne pense pas qù’on puisse obtenir de fruits mûrs de ce Magnolia dans 
notre climat ; mais j’espère que dans peu d’années on en aura à Milan, dans 
les jardins de Montza, où j’ai envoyé un très-beau pied de cette plante, il y a 
déjà plus de deux ans. Au reste, toutes les espèces de ce genre se multiplient 
facilement de marcottes, ou par le couchage. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XX. 

Deux brandies de Magnolia yulan , l’une chargée de fleurs, et l'autre de feuilles. 


1 Edition d’Aiton, en cinq volumes. 

2 Mémoires sur les Chinois, tom. III, pag. 44 — Desfontaines, Histoire' des Arbres et Arbris¬ 

seaux, tom. II, pag. 2. 


PITTOSPORUM. 

Ordo hatüralxs, PITTOSPOREÆ. Brown. 
PENTANDRIA monogtnia. Linn. 

CHARACTER GENERICUS. 

Habitos : frutices vel arbores, inordinate ramosi; folia alterna, brevi 
petiolata, extipulata, integerrima ; flores pentandri, terminales, 
axillaresve, subracemosi, bracteati. 

Florescentia : calyx pentaphyllus, inferus, deciduus , foliolis sub- 
æqualibus. 

Corolla pentapetala, petalis,infernein tubum cohærentibus,superne 
acatis, recurvis. 

Stamina quinque hypogyna, cum petalis alternantia, inclnsa. 

Pistillum : ovarium superum : Stylus unicus-, stygma subcapitatum. 

Pericarpium : capsula unilocularis stylo umbilicata, bi aut trivalvis, 
polysperma; valvulis medio septiferis ; semina angulata septo inserta, 
duplici sérié superposita: embryo minutus, prope umbilicum, in- 
clusus albumine carnoso. 


SPECIES. 

PITTOSPORUM TOMENTOSUM. 

Pittosporüm : foliis ob-ovali-oblongis, utrinque aeutis, subtus ramulisque tomentos 
recurvis : floribus terminalibus. 


Habitat in Nova Hollandia. 


Plante ligneuse, haute de deux à trois pieds (8 décimètres), rameaux 
alternes, droits, peu feuillus, cylindriques, dont les plus jeunes 
sont couverts d’un duvet tomenteux, épais, et de couleur grise. 



PITTOSPORUM TOMENTOSUM. 5 7 

Feuilles' alternes, très-ouvertes, entières, longues de deux à quatre 
pouces (idécimètre) sur quinze ou dix-huit lignes (2 centimètres) 
de largeur, aiguës inférieurement, plus larges au sommet, et ter¬ 
minées par une pointe plus ou moins aiguë, glabres, et d’un vert 
foncé en-dessus, marquées en-dessous d’un duvet tomenteux, assez 
épais et roussâtre dans les jeunes feuilles; pétiole court, convexe 
en-dehors, applati intérieurement. 

Fleurs d’un jaune pâle, disposées comme en ombelle à l’extrémité 
des jeunes rameaux. 

Calice composé de cinq folioles de couleur verdâtre, ouvertes, lan¬ 
céolées, scarieuses sur les bords, et légèrement découpées. 

Corolle formée de cinq pétales droits dans leurs deux tiers inférieurs, 
et réunis par leurs bords, réfléchis au sommet, obtus. 

Etamines cinq, plus courtes que la corolle; filets blancs, droits, aigus 
au sommet; anthères à deux loges, ovales, droites, attachées par le 
milieu, aiguës au sommet, bifurquées à la base. 

Pistil : ovaire supère, ovale, couvert de poils longs et très-nombreux; 
style droit; stygmate obtus, légèrement charnu. 

Fruit : non observé. 


OBSERVATIONS. 

M. Robert Brown a devancé M. Richard dans la publication du nouvel ordre 
naturel des Pittosporées, en nous en donnant le caractère à la page 10 de ses 
Remarques géographiques sur la Botanique des terres australes, qui font partie 
de l’ouvrage du capitaine Flinders. 

Le genre Pittosporum a été établi sur une espèce originaire des Canaries, 
et désignée dans divers auteurs sous le nom de Pittosporum coriaceum. Ce 
genre est formé des mots JUt-rra, résine, poix, et de ajtopoç, semence, parce- 
que les graines et la capsule contiennent une substance huileuse dont l’odeur 
a beaucoup d’analogie avec celle des résines. 

Nous connoissons encore peu d’espèces de ce genre : j’en cultive à Mal¬ 
maison trois qui sont distinctes de toutes celles décrites dans les divers auteurs - 
mais je ne puis leur assigner de caractères, parcequ’elles n’ont pas encore 








58 PITTOSPORUM tomentosum. 

fleur; Le Pittosporum tomentosum , dont je viens de donner la description, a 
porté des fleurs, pour la première fois, dans les mois de février et de mars 1811. 
Cette espèce a quelque analogie avec le Pittosporum revolutum et \e ferrugi- 
neum; mais comme les phrases spécifiques qui caractérisent ces deux espèces ne 
lui conviennent pas, et que d’ailleurs il n’en existe aucune figure, j ai cru con¬ 
venable, afin d’éviter toute erreur, de la désigner sous le nom de Pittosporum 
tomentosum, qui seul la distingue de toutes les autres espèces connues. 

Les Pittosporum sont des arbrisseaux ligneux, feuillus, et peu eleves : ils 
passent ici l’hiver dans l’orangerie, et sont très-propres à l’ornement de nos 
serres par la beauté de leur feuillage, dont ils sont toujours couverts. Les 
Pittosporum undulatum que l’on cultive à Malmaison ont acquis une hauteur 
de douze pieds ; ils se couvrent ordinairement de fleurs dans le mois de mars. 
Toutes les espèces de ce genre pourroient être cultivées en pleine terre dans 
le midi de la France et en Italie. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XXL 

Fia. ». Corolle étalée, pour faire -voir la manière dont ses parties sont unies, a. Une fleur dont 
on a ôté la corolle pour indiquer la position des étamines et du style. 3. Un pistil détaché et grossi. 


ERICA CÔNCINNA. 


Erjca : ramulis conferto-verticillatis, foliis senis, linearibcs : floribus ad sammitatem ramnloram 
ternis qaïnisve , brevi pedicellatis : corollis tnbulosis, subarcuatis, pubescentibus \ iaciniis 
lato-ovalibus, obtusis, patulis ; staminibns inclusis, muticis. 


Habitat ad Caput Bonæ Spei. 


Plante ligneuse, haute de quatre ou six pieds (2 mètres), glabre sur 
toutes ses parties, excepté la corolle et les ramillets, qui générale¬ 
ment sont disposés en verticilles, et rapprochés les uns des autres 
au-dessous du sommet de la tige ou des rameaux principaux. 

Feuilles disposées en verticilles de six, linéaires, longues de trois ou 
quatre lignes, convexes en-dessus, légèrement ciliées sur les bords. 

Fleurs en tube, de couleur rose plus ou moins foncée, pubescentes, 
courtement pédicellées, comme rassemblées en faisceau, mais 
disposées trois à trois, ou en plus grand nombre, à l’extrémité des 
ramillets. 

Pédicelle droit ou arqué, très-court, muni, vers la base, de deux 
petites bractées opposées. 

Calice formé de quatre folioles ovales dans leur moitié inférieure, 
scarieuse sur les bords, linéaire dans leur moitié supérieure, et 
marquées en-dehors d’un sillon longitudinal. 

Corolle en forme de tube,longue d’un pouce (2 centimètres), légè¬ 
rement arquée, pubescente en-dehors, partagée à son limbe en 
quatre divisions ovales, obtuses, et un peu recourbées en-dehors. 

Etamines : huit, plus courtes que la corolle, fixées autour d’un disque 
hvpogyne : filets blancs, arqués en-dedans 5 anthères rapprochées 
en tube de couleur violette, formées de deux loges, réunies par 
leur base seulement. 



go ERICA CONCINNA. 

Pistil: ovaire supère, sphérique, déprimé, marqué de huit petites 
côtes : style droit, de même longueur que les étamines ; stigmate 
charnu, violet, comme divisé en quatre parties. 

Fruit : non observé. 


OBSERVATIONS. 

La plante que je viens de décrire a beaucoup d’analogie avec Y Eric a cylin- 
drica, mais elle en diffère essentiellement par ses feuilles, qui sont disposées 
six par six, et légèrement garnies de poils sur les bords ; par ses corolles pubes- 
centes ; enfin par ses anthères dépourvues d’arête. 

Nous cultivons YErica concinna à Navarre, où nous l’avons obtenue de 
graines semées en 1810 ; c’est une très-belle plante d’ornement, qui se couvre 
de fleurs pendant les mois de septembre et d’octobre. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XXII. 


Une branche de l’Eric 


■3 lie de fleurs . 


PÆONIA MOUTAN. Var. b. 


OBSERVATIONS. 

La variété b du Moutan, dont je donne la figure à la planche XXIII, présente 
des différences sensibles qui n’ont pas échappé aux yeux des cultivateurs. D 
est facile de distinguer ces plantes d’après le port et les caractères suivants. 

Le Pœonia moutan, dont j’ai donné la figure à la planche I” de cet ouvrage, 
différé essentiellement de la variété b, i» par ses branches, qui sont constam¬ 
ment moins grosses, moins longues, et dont les nœuds sont plus rapprochés- 
a» par ses feuilles, plus petites et plus grêles dans toutes leurs parties, mail 
plus droites, et d’un vert obscur; 3» par les fleurs, aussi moins grandes, mais 
plus serrées et d’un rouge beaucoup plus foncé ; 4° enfin, par ses pétales, divisés 
moins profondément que dans la variété b, et dont le reflet est d’une belle 
couleur nacrée. 

En août 1814, j’ai parcouru la riche collection des dessins qui se trouvent 
dans la bibliothèque de la Compagnie des Indes à Londres. Ce précieux dépôt 
renferme presque toutes les plantes de la Chine que nous cultivons- et il est 
curieux d’observer, d’après ces dessins, que ces plantes viennent plus fortes 
dans notre climat que dans leur pays natal. Plusieurs dessins du Moutan que 
j ai vus m’ont constamment offert la plante dont j’ai donné la figure à la 
planche I" de cet ouvrage. La variété b, qui déjà est très-répandue en Angle¬ 
terre, auroit-elle donc été obtenue en Europe? Depuis plusieurs années je 
cultive plusieurs pieds de Moutan à Malmaison et à Navarre; ils n’ont jamais 
montré que très-peu de différence dans la couleur "des pétales; cependant je 
pense qu’ils sont susceptibles d’en offrir de très-grandes. Le premier pied de 
Pœonia moutan apporté à Londres a donné quelques graines dans le jardin 
de Kew, ou elles ont germé. Cela nous donne la certitude de multiplier ces 
plantes magnifiques par les graines, aussitôt qu’on les cultivera dans le midi 
de la France et dans l’Italie. 


EXPLICATION DE LA PLANCHE XXIII. 



ZIERIA. 

Ordo naturalis, RUTACEÆ. Juss. 

TETRANDRIA moyogyjnia. Linn. 

CHARACTER GENERICUS. 

Habitus: frutices erecti, ramosi : folia opposita, trifoliata, punctata, 
extipulata : pedunculi axillares, terminalesve, simplices aut racemosi. 

Florescentia : calyx inferus, quadripartitus, persistens. 

Corolla tetrapetala, fundo calycis inserta, petalis calyce duplo lon- 
gioribus et cum laciniis ejusdem alternantibus. 

Stamina quatuor, disco hypogyno inserta, calyci opposita, inclusa: 
filamenta basi intùs uniglandulosa : antheræ globosæ, medio dorso 
affixæ, introrsæ, biloculares, loculis appositis, sulco longitudinali 
dehiscentibus, 

Pistillum : ovarium superum, quadrilobatum : Stylus unicus, brevis : 
stygma capitatum, quadrifidum. 

Pericarpium : capsula quadriloba, lobis divaricatis, unilocularibus, 
monospermis, intùs sulco longitudinali dehiscentibus. Semen com- 
presso-ovatum, striis longitudinalibus notatum : embryo haud visus. 

SPECIES. 

ZIERIA SMITHII. 

Ziekia : ramulis foliisque pilosiusculis ; foliolis lanceolatis, planis ; racemis foliorum lôngitudine, 
multifloris. 


Habitat in Nova Hollandia. 


Plante ligneuse, haute de quatre à six pieds (2 mètres), recouverte 
d’une écorce brune, ponctuée, ainsi que les feuilles et toutes les 



ZIERL4 SMITHIL 65 

autres parties de la p l a n te ; les jeunes rameaux sont parsemés de 
poils courts à peine visibles à l’œil nu. 

Rameaux opposés, ouverts, peu feuillus. 

Feuilles opposées, longues d’un à deux pouces (4 centimètres), ter- 
nées, parsemées de points glanduleux, comme celles des orangers, 
membraneuses, et légèrement pubescentes5 pétiole commun, géné¬ 
ralement plus court que les folioles, convexe en-dehors, applati 
en-dedans; folioles lancéolées,sessiles, articulées, planes, terminées, 
à la base et au sommet, par une pointe égale. 

Fleurs petites, de couleur blanche, disposées sur une grappe axillaire 
de même longueur que les feuilles. 

Calice infère, persistant, divisé en quatre parties droites; marqué, 
ainsi que les pétales, de points glanduleux. 

Corolle composée de quatre pétales attachés à la base du calice, deux 
fois plus longs que lui, et alternant avec ses divisions. 

Etamines : quatre, fixées sur un disque hypogyne, opposées aux divi¬ 
sions du calice ; filets blancs , arqués intérieurement : anthères 
sphériques, fixées par le milieu, formées de deux loges opposées, 
qui s’ouvrent en-dedans par un sillon longitudinal. 

Pistil : ovaire supère, glabre, ponctué, partagé à son sommet en 
quatre lobes; un seul style, droit, plus court que les étamines; 
stygmate en tête, marqué de quatre sillons. 

Fruit : capsule formée de quatre lobes divergents, unis par leur base; 
chaque lobe ovale, comprimé, s’ouvrant par l’angle intérieur, et 
renfermant une graine noire, marquée de stries longitudinales. 


ORSERVATIONS. 

Le genre Zieria a été établi par le chevalier Smith, qui en a donné le 
caractère dans le quatrième volume des Transactions Linnéennes ; il a dédié 
ce genre à M. Zier, son ami, qui est un naturaliste distingué. Nous cultivons 
depuis plusieurs années, à Malmaison et à Navarre, le Zieria Smithii. Les 



6 4 ZIERIA SMITHII. 

herbiers nous font connoitre trois espèces de ce genre, outre celle dont je 
viens de donner la description. Ces trois espèces peuvent être désignées par 
les noms suivants, et reconnues par les caractères que je leur assigne. 

SAVOIR: 

ZIERIA MICROPHÏiLA. 

Zieria: ramulis, foliolisque subtus sericeis; foliolis linearibus, supra glabris, marginerecurvis; 
pedunculis axillaribus, subtrifloris. 


ZIERIA MACRO PH TL LA. 

Zieria : ramulis pulverulaceis ; foliolis oblongis utrinque glabris , planis ; racemis petiolorum 
longitudine paucifloris. 

ZIERIA LAEVIG ATA. 

foîiorum longitudine, paucifloris. 

Toutes ces plantes sont originaires de la Nouvelle-Hollande. Nous cultivons 
avec succès le Zieria Smithii dans l’orangerie, et il est probable que les trois 
autres espèces dont je viens de donner les caractères exigent la même culture. 

Ce nouveau genre augmente la famille des Rutacées, à laquelle il appartient. 
Toutes les parties de ces plantes sont pourvues de points glanduleux, qui 
secrétent une liqueur visqueuse très-aromatique. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XXIV. 

Fie.i. Une fleur vue par derrière. 2. Une idem vue par devant. 3. Un pétale. 4. Une fleur 
grossie, dont on a ôté les pétales pour faire voir l’ovaire, les étamines et les glandes auxquelles 
elles sont attachées. 5. Une étamine. 6. Un ovaire fécondé. 7. Unfruitvu par derrière. 8. Un idem 
vu par devant. 9. Une graine entière. 10. Une idem coupée verticalement. 



LOPEZIA. 

Opjdo katuralis, ONAGRÆ. Jus s. 
DIANDRIA moaogynia. Linn. 

CHARACTER GENERICUS. 


Vid. Cavan. Icon. tom. I.pag. ra. tab. 18. 

SPECIES. 

LOPEZIA RACEMOSA. 



Habitat in imperio Mexicano frequens juxta Valladolid. 


Plante annuelle ou bisannuelle, sous-ligneuse5 tige diffuse 
de trois ou quatre pieds ( 1 mètre), rameuse, presque entiè 
glabre, marquée de quatre angles peu marqués dans les 
rameaux. 


longue 

rement 

jeunes 


Feuilles alternes, ovales, lancéolé 
deux pouces (5 centimètres), i 
et marquées en-dessous de veii 
elles. 


:s, longues d’un pouce et demi à 
légalement dentées sur les bords 
es transversales parallèles entre 


PÉTiOLEs>eaucoup plus courts que les feuilles, marqués intérieure¬ 
ment d un sillon peu profond. 


Grappe terminale, lâche, compôsée d’un grand 
ches et rouges, longuement pédicellées et 
autres dans l’état parfait de floraison. 


nombre de fleurs blan- 
éloignées les unes des 



m LOPEZIA PlACEMOSA. 

Pédicelle filiforme, uniflore, muni à sa base d’une seule bractée, 
ovale. 

Calice supère, coloré, divisé à son limbe en quatre folioles caduques. 

Corolle formée de quatre pétales qui se présentent sous des formes 
diverses5 deux de ces pétales s’ont, en général, plus grands que les 
antres, ovales, échancrés au sommet et supportés par un onglet 
alongé ; les deux autres, constamment plus petits et plus étroits, 
sont légèrement charnus et pourvus, vers leur base, de tubercules 
bu de lames très-petites, disposés sans aurfun ordre régulier. 

Étamines : deux, dont une est fertile et l’autre avorte constamment 3 
filet droit, blanc, cannelé et membraneux vers la base, aigu au 
sommet; anthère jaune, linéaire, fixée par le milieu, biloculaire; 
l’étamine avortée est généralement dirigée vers le bas de la fleur ; sa 
forme est très-variable ; sa couleur est la même que celle de l’éta¬ 
mine fertile, et elle se termine le plus souvent par un tubercule 
sphérique. 

Pistil: ovaire infère-, style droit, entouré inférieurement d’une gaine 
formée par la réunion des pétales 3 stygmate frangé. 

Fruit : capsule sphérique, s’ouvrant par le sommet et jusque vers son 
milieu seulement en quatre valves 3 divisée intérieurement en quatre 
loges qui renferment plusieurs graines très-petites, attachées à la 
base d’un réceptacle central et quadrangulaire. 


OBSERVATIONS. 

Le genre Lopezia a été établi par Cavanilles en l’honneur de Thomas Lopez, 
qui a écrit sur l’histoire naturelle du nouveau monde. Ce nouveau genre a été 
considéré par presque tous les auteurs comme devant appartenir à la première 
classe du système sexuel. M. de Jussieu, dans un mémoire qu’il a publié sur 
les onagres % place le genre Lopezia dans la deuxième classe du système sexuel; 
je suis entièrement de l’avis de ce savant estimable, et je considère comme éta- 



LOPEZIA RACE MO S A. 67 

nune avortée ce que tons les auteurs ont décrit comme cinquième pétale : cette 
partie se présente toujours avec des formes diverses ; mais généralement elle est 
terminée par une membrane pliée suivant sa longueur, et d’une forme plus ou 
moins régulière. Nous voyons un très-grand nombre de plantes dans lesquelles 
les étamines se changent en pétales plus ou moins marqués ; les roses, les plus 
belles et les plus agréables de toutes les fleurs, nous en offrent continuellement 
des exemples. 

Toutes les espèces du genre Lopezia connues jusqu’à ce jour sont originaires 
du Mexique ; elles sont annuelles ou bisannuelles, et peuvent se conserver 
dans l’orangerie pendant l’hiver. Les auteurs ont décrit trois espèces de Lope- 
zici; savoir : le Lopezia racemosa, dont je donne une figure à la planche XXV 
de cet ouvrage ; le Lopezia hirsuta ', et le Lopezia coronata. Cette dernière 
espèce, que je cultive à Malmaison depuis mon retour d’Amérique, à été publiée 
par l’auteur duBotanist Repository, qui en a donné la figure à la planche DLL 
Ôn doit ajouter à ces trois espèces une quatrième que je désigne sous le nom 
de Lopezia pumila. Celle-ci, que j’ai trouvée une seule fois sur les collines de 
Guanaxuato, dans le Mexique, sera gravée dans notre Flore. Je me suis déter¬ 
miné à donner la gravure du Lopezia racemosa, parcequ’elle fait partie de la 
collection des vélins de Malmaison, et qu’elle représente la plante au moment 
où la floraison se développe. Il sera facile de reconnoitfe et de distinguer les 
espèces dont je viens de parler aux caractères que j’en présente ici. . 

LOPEZIA HIRSUTA. 

Lopezia: caule erecto, suffrutescente, tereti; foliis ovali-lanceolatis, subtus, ramulisque pu- 
bescentibus. 

LOPEZIA CORONATA. 

Lopezia : caule simplici, erecto, herbaceo ; foliis lânceolato-ovalibus, inæqualiterserratis, lucidis. 

LOPEZIA PUMILA. 

Lopezia: caule simplici, hirsuto, tereti; foliis brevi-petiolatis, ovalibus, denticulatis; utrinaue 
pilosiusculis. 


explication.de la PLANCHE XXV. 

Fig. 1 . Une fleur grossie et vue en-dessus . 


Jacq. Collect. suppl. pag. 5, tab. i5, fig. 4. 



RHEXIA. 


Ordo ïïaturalis, MELASTOMÆ. Juss. 
OCTAXDRIA monogyma. Linn. 


SPECIES. 

RHEXIA PENDULIFOLIA. 


Rhexia : foliis cordatis, lanceolato-ovalibus, quinquenerviis, denticulatis, pendulis, glaberrimis; 
Panicula terminal; : floribus decandris, minutis ; antberis simplicibus. 


Habitat in Gujanâ. 


Plante annuelle, haute de un à deux pieds (4 à 5 décimètres), ra¬ 
meuse et feuillue dès sa base; tige et rameaux quadrangulaires, rou¬ 
geâtres, parsemés de poils courts. 

Feuilles opposées, longues de. un à deux pouces (5 centimètres), 
pendantes, marquées sur les côtés de petites dentelures, échan- 
crées en cœur à la base, aiguës au sommet et relevées en-dessous 
de cinq nervures rougeâtres. 

Pétioles beaucoup plus courts que les feuilles, cylindriques, parse¬ 
més de quelques poils. 

Panicule terminale, composée d’un nombre peu considérable de 
petites fleurs blanches portées sur des pédicelles très-minces et 
munis de petites bractées. 

Calice supère, glabre, ovale inférieurement, rétréci à la gorge, par¬ 
tagé à son limbe en cinq divisions linéaires, droites et aiguës. 



RHEXIA PENDULIFOLIA. 69 

Coeolle blanche, composée de cinq pétales ovales, un peu pins longs 
que les divisions du calice. 

Étamines: dix, droites, incluses5 filets blancs; anthères ovales, de 
couleur rose. 

Pistil : ovaire supère, sphérique; style droit, stygmate aigu. 

Fruit : capsule s’ouvrant par le sommet, divisée intérieurement en 
trois loges, renfermant chacune un grand nombre de petites graines. 


OBSERVATIONS. 

La plante que je viens de décrire est originaire de la Guyane, d’où les graines 
ont été envoyées par M. Martin à Sa Majesté l’impératrice Joséphine. C’est pen¬ 
dant le mois de mars 1810 que cette Rhexie a fleuri dans l’une des pentes serres 
chaudes du fleuriste de Malmaison. 

Le Rhexia pendula a quelque analogie par le port avec 1 e Rhexia aquatica; 
mais il en diffère essentiellement par ses fleurs, dont les pétales sont réguliers 
et par les étamines, qui sont droites et dépourvues d’appendices; tandis que 
dans le Rhexia aquatica, e lies sont disposées en faisceau, arquées ( déclinât*) 
comme dans les Amaryllis, et que les anthères sont pourvues d’un appendice 
à leur hase. 


EXPLICATION DE LA PLANCHE XXVI. 


Fig. 1. Une fleur entière -vue,avant son développement, et grossie. 2. 
dont on a enlevé une partie du calice pour faire voir la position de Vovt 
et de la corolle. 3. Un ovaire grossi. 


Id. coupée verticalement et 
•aire, l’insertion des étamines 


RHEXIA glatsdulosa. 


: foliis oralibos, tri-qnmqnenerviis, crenulatis, snprà eonverâ, ntrinqne glaberrimis; 
floribns subsolitarie termmalibus , arillaribusve, deeandris : staminum filamentis apïce 
bigiandalosis. 


Habitat in Gujana. 


Plante herbacée, haute d’un pied (3 décimètres), rameuse et feuillue 
dès sa base; tige et rameaux cylindriques, pubescens, de couleur 
rouge foncée. 

Feuilles opposées, longues de six à huit lignes ( i centimètre), ovales, 
crénelées sur les bords, convexes en-dessus, concaves en-dessous, 
et relevées de trois ou cinq nervures peu saillantes. 

Pétioles beaucoup plus courts que les feuilles. 


Fleurs blanches, terminales ou axillaires, pédicellées. 


Calice supère, glabre, ovale inférieurement, rétréci à sa gorge, par¬ 
tagé à son limbe en cinq divisions linéaires. 

Corolle composée de cinq pétales ovales, blancs, marqués intérieu¬ 
rement à leur based e deux taches rouges. 

Étamines: dix, de couleur rouge ; filets charnus, légèrement arqués 
et pourvus au sommet de deux corps glanduleux de couleur jaune; 
anthère droite, simple. 

Pistil: ovaire supère, style droit, stygmate aigu. 

Fruit: capsule sphérique, divisée intérieurement en trois loges qui 
renferment un grand nombre de graines très-petites. 



BHEXIA GLANDULOSA. 


OBSERVATIONS. 

Le PJiexia glandulosa est, ainsi que le Rhexia pendulifolia, originaire de 
la Guyane. Cette nouvelle espèce n’a aucun rapport avec celles qui sont déjà 
connues; semée à la même époque que le Rhexiapendulifolia, elle a fleuri un 
mois plus tard, c’est-à-dire, en avril; mais ses fleurs ont été d’une plus longue 
durée que celles du Rhexia pendulfolia. Cette nouvelle espèce ne s’est pas. 
élevée dans nos serres à plus d’un pied (3 décimètres). Elle étoit rameuse 
dès sa base et garnie de feuilles très-petites. Ses fleurs, très-analogues à celles 
du Leptospermum juniperinum ’, sont remarquables par deux corps glanduleux 
qui se trouvent placés au sommet et sur les côtés des filets. 

Il est extrêmement difficile de cultiver des Mélastomacées dans nos serres, 
et de les conserver. Les graines de ces plantes, nouvellement arrivées de l’Amé¬ 
rique et des Indes, lèvent assez facilement; mais les jeunes plantes périssent 
bientôt. Pendant cinq années de suite que j’ai fait semer des graines de Mélasto¬ 
macées avec le plus grand soin, je n’en ai pu sauver que trois espèces, qui sont 
le Rhexia pendulfolia, figuré à la planche XXVI de cet ouvrage; le Rhexia 
glandulosa, à la planche XXVII ; et le Melastoma malabathrica, qui n’a que 
deux ans de semis, et n’a pas encore fleuri. Les autres espèces de cet ordre qui se 
cultivent à Malmaison sont le Melastoma elceagnoïdes et le Oymosa \ Ce der¬ 
nier, par son fruit supère et capsulaire, doit être rapporté au genre Rhexia. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XXVII. 

Fig. i* Une fleur entière vue par-devant. 2. Id. dont on a enlevé une partie du calice pour faire 
voir la disposition de Vovaire, des étamines et de la corolle. 3. Un pétale vu en-dedans. 4. Une éta¬ 
mine. 5. Un pistil dont Vovaire est grossi. 6. Coupe transversale d’un ovaire. 


1 Ventenat. Jard. de Malm. tab. 89. 
a Vent. Jard. de Malm. pag. 8, pl. 14. 






ERIC A PIJFiPUPiEA. 


Ebica: ramisranmlisqne -rirgatis; foliis oetonis, senisve, Imeanbus, patenti-reem-Tis, rigidis; 
floribns infra ramulornm apicem œnfertim verticillatis, cyUndraceo-tnbulosis, arcuatia; 


Habitat ad Caput Bonæ Spei. 


Plante ligneuse, haute de quatre à six pieds ( i à 2 mètres), glabre 
sur toutes les parties, excepté les jeunes rameaux qui, vus à la 
loupe, paroissent couverts d’un très-grand nombre de petits poils 
blancs. 

Rameaux verticillés, droits, cylindriques, garnis de feuilles dans toute 
leur longueur. 

Feuilles linéaires, disposées en verticille de huit ou de six, longues 
de cinq à sept lignes ( 1 centimètre), ouvertes, légèrement arquées, 
convexes et d’un vert très-brillant en-dessus, marquées en-dessous 
d’un sillon longitudinal formé par le bord recourbé des feuilles. 

Pétiole très-court, aplati. 

Fleurs en tube, d’un beau rouge, disposées une à une dans les ais¬ 
selles des feuilles, ouvertes, réfléchies, courtement pédicellées et 
comme rassemblées en épi au-dessous du sommet des jeunes ra¬ 
meaux. 

PÉnicELLE très-court, uniflore, muni vers le sommet de trois bractées 
linéaires. 

Calice, composé de quatre folioles ovales, aiguës, de couleur verte, 
pourvues intérieurement d’une liqueur visqueuse. 

Corolle tubulée, légèrement arquée, longue d’un pouce (2 centi¬ 
mètres), régulièrement évasée-, limbe droit, divisé en quatre par¬ 
ties ovales, plus courtes que larges. 



ERICA PUR PU RE A. 7 3 

Etamines : huit, plus courtes que la corolle, attachées autour d’un 
disque hypogyne ; filets très déliés, légèrement arqués intérieure¬ 
ment dans leur tiers supérieur; anthères ovales, composées de deux 
loges réunies par leur base, écartées par leur sommet, et s’ouvrant 
en-dehors par un trou rond. 

Pistil: ovaire supère, glabre, oblong, marqué extérieurement de 
huit côtes portant chacune à' la base et au sommet un petit tu¬ 
bercule; style droit, plus long que la corolle; stygmate légèrement 
charnu, comme divisé en quatre parties. 

Fruit : capsule à quatre loges. 


OBSERVATIONS. 

L ’Ericapurpurea est originaire du Cap de Bonne Espérance ; ellp se présente 
sous la forme d’un joli arbrisseau : cette espèce, que je cultive à Navarre depuis 
plusieurs années , est remarquable par ses rameaux droits, garnis de feuilles ver- 
ticillées au nombre de six ou de huit, par la disposition de ses fleurs, qui sont 
cylindriques, arquées et d’une belle couleur rouge. L 'Erica purpurea est une 
très-belle plante d’ornement, et mérite de fixer l’attention des cultivateurs. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XXVIII. 

Fig. i- Une portion de rameau pour faire voir la manière dont les feuilles sont disposées. 2. Une 
feuille isolée et vue par derrière . 3. Un calice supporté par le pédicelpourvu de trois bractées vers le 
sommet. 4. Les étamines et le pistil séparés de la corolle et vus dans leur position naturelle. 5. Une éta¬ 
mine isolée. Le pistil grossi pour faire voir la forme de l’ovaire et du stygmate. 



HIBISCUS SABDAPJFFA. 


Hibiscus : foliis dentatis, inferioribas ovalibns, soperioribns trilobis, basi subcuneatis. Calyce 
exteriore subdnodecim-fido ; caule ïnerrai; floribus magnis, axillaribus snbsessilibusque. 


Habitat in Indiâ. 


Plante herbacée, haute de deux à quatre pieds (x mètre), rameuse 
dès sa base, feuillue. 

Tige et rameaux droits, cylindriques, de couleur rose-foncée, glabres. 

Feuilles alternes, longues de quatre ou six pouces (i5centimètres), 
pétiolées, dentées sur les bords, comme terminées en forme de 
coin-, entières à leur base, veinées en-dessous-, les plus inférieures 
ovales, les supérieures partagées en trois lobes. 

Pétioles longs de deux à trois pouces (6 centimètres), presque 
cylindriques, marqués intérieurement d’un léger sillon garni de 
poils, pourvus au sommet d’une glande plus ou moins visible et 
qui est quelquefois placée au bas de la nervure principale de la 
feuille. 

Stipules : deux, opposées, subulées, caduques, placées près de la 
base des pétioles. 

Fleurs: disposées une à une et presque sessiles dans les aisselles des 
feuilles, longues de deux pouces (4 centimètres), d’un jaune pâle, 
et marquées, vers la gorge, de taches d’un rouge-pourpre. 

Calice: double, légèrement charnu, coloré, campanulé, persistant; 
l’extérieur plus petit que l’intérieur, partagé jusque vers son milieu 
en douze divisions ou à-peuqarès -, elles sont inégalement triquètres 
et terminées en pointe -, l’intérieur n’a que cinq divisions ovales, 
aiguës, et devient d’un rouge très-vif fors de la maturité du fruit. 

Corolle trois fois plus grande que le calice, d’un jaune pâle, com- 



HIBISCUS SABDARIFFA. 7 5 

posée de cinq pétales, marqués à leur base de taches rouges : pétales 
oblongs, arrondis et très-larges au sommet, rétrécis en forme de 
coin vers la base, et marqués chacun en-dedans et vers leur milieu 
d’une tache de couleur pourpre-foncée. 

Étamines nombreuses, réunies inférieurement en un tube cylindrique, 
charnu et coloré; filets courts, très-déliés, portant chacun une pe¬ 
tite anthère jaune. 

Pistil : ovaire pyramidal ; style simple, droit, partagé jusque vers son 
milieu en cinq filets ; cinq stygmates en forme de tête d’un rouge 
vif et tomenteux. 

Fruit : capsule à cinq loges. 


OBSERVATIONS. 

L 'Hibiscus est un genre très-ancien et très-nombreux en espèces. Le sud des 
Etats-Upis, l’Inde et l’Amérique méridionale fournissent la plus grande partie 
de ses plantes; elles demandent donc par conséquent à être presque toutes cul¬ 
tivées en serre-chaude. Plusieurs des espèces de ce genre offrent une utilité mar¬ 
quée , indépendamment de la propriété générale attachée à toute la famille. 

Dans toute l’Amérique méridionale on cultive Y Hibiscus esculentus , et on eh 
mange le fruit. L 'Hibiscus abelmoschus offre un remède certain contre la pi- ' 
qûre des serpents. Le Sabdariffa, dont je donne ici la figure, planche XXIX, 
offre un aliment très-salutaire aux habitans de l’Inde et à ceux de tous les pays' 
champs. Ses feuilles , d’un goût acide semblable à celui de notre oseille s’em¬ 
ploient aux mêpies usages que cette dernière plante. VHibiscus sabdariffa doit 
fixer l’attention de tous les habitans des pays chauds, et ils peuvent la cultiver 
, comme plante potagère. 

Pendant trois années que j’ai cultivé cette plante, il m’a été impossible d’en 
obtenir des fruits bien formés , ce que j’attribue à la température trop basse de 
nos jours et de nos nuits. Les feuilles, et sur-tout les jeunes, étoient d’une saveur 
acide très-agréable. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XXIX. 

Un rameau de /'Hibiscus sabdariffa portant des fleurs. 



TRISTANIA. 

Op.BO TfATURALIS, MYPlTI. JlISS. 

POLYDELPHIA icosandria. Linn. 

CHARACTER GENERICUS. 

Habitus. Frutices erecti, omnibus partibus glauduloso-punctati. Folia 
decussatim opposita, vel alterna, integerrima. Pedunculi axillares 
multiflori. 

Florescentia : calyx superus quinque dentatus, persistens. 

Corolla pentapetala, summo calycis tubo inserta ejusdem laciniis 
alterna. 

Stamina circiter viginti ibidem inserta et in quinque phalanges basi 
connata^ antheræ medio dorso affixæ, globosæ. 

Pistillum: ovarium inferum ; Stylus unicus; stygma obtusum. 

Pericarpium: capsula inféra, trilocularis (sivequadrilocularis exobser- 
vationibus dom. Richard), polysperma-,seminibus minutis recepta- 
culo centrali affixis. 

SPECIES. 


TRISTANIA NERIIFOLIA 


is opposïtis, longo-lf? 
Corymbis axïli 


îolatis, supra nitidis glabris, subtus glan 
ibus longiuscule pedunculatis. 


Habitat in Nova Hollandia. 


Plante ligneuse, haute de trois ou six pieds ( x ou 2 mètres), rameuse 


- Melaleuca salicifôlia. Andr- Botan. Reposit. tab. 485. Melaleuca neriifolia. Sims. Botanic. 
Magaz. tab. io58. Tristania nereifolia. Rob. Brown Hort. Kew. édit, de 1812, t. IV, p. 4 t 7 . 




TRISTAN IA NERIIFOLI A. 77 

dès sa base, garnie de feuilles, et munie sur toutes ses parties de 
points glanduleux qui secrétent une liqueur d’une odeur aromatique 
très-prononcée. 

Rameaux opposés, droits, cylindriques inférieurement, marqués vers 
leur sommet d’une petite crête ou carène formée par la décurrence 
des pétioles. 

Feuilles opposées, longues de deux ou quatre pouces (5 à 7 centi¬ 
mètres) sur six ou huit lignes de largeur ( i 5 millimètres), ouvertes, 
très-entières, coriaces, glabres et d’un vert foncé en-dessus, glauques 
en-dessous et marquées de petits points glanduleux très-nombreux. 

Pétioles très-courts, sillonnés en-dedans, convexes en-dehors. 

Corymbes axillaires supportés par un pédoncule commun légèrement 
comprimé. 

Calice supère, campanulé, partagé en son limbe en cinq divisions 
presque droites, ovales, obtuses, éloignées les unes des autres et 
scarieuses sur les bords. Entre chaque division du calice il se trouve 
un point glanduleux de couleur rougeâtre. 

Corolle d’un beau jaune, formée de cinq pétales attachés à la gorge 
du calice et alternes avec ses divisions; pétales droits, ovales, ter¬ 
minés inférieurement par un onglet élargi et court. 

Etamines : droites, au nombre de vingt ou à-peu-près , attachées au 
sommet du calice, légèrement unies par leur base et disposées en 
cinq faisceaux; filets droits, jaunes, de grandeur inégale, amincis 
au sommet; anthère jaune, sphérique, formée de deux loges réu¬ 
nies par un connectif charnu et glanduleux. 

Pistil: ovaire infère, terminé par un style droit, arqué vers le sommet; 
de même longueur et de même couleur que les étamines ; stygmate 
obtus. 

Fruit: capsule infère oudemi-infère, diviséejnférieurement en trois 
ou quatre loges qui s’ouvrent par le sommet et renferment un grand 
nombre de graines attachées à un réceptacle central. 




7 8 


TRISTAN I A NERIIFOLIA. 


OBSERVATIONS. 

Depuis 1808 on cultive le Tristania neriifolia à Malmaison. Cette plante avoit 
été envoyée d’Angleterre sous le nom de Crowea nereifolia; mais, voyant 
qu’elle n’appartient pas à ce genre, et que je ne pouvois la rapporter à aucun 
autre connu, j’en avois fait un nouveau genre, que j’eusse publié, si M. Robert 
Brown ne m’avoit devancé, en publiant cette même plante sous le nom de 
Tristania à la page 41 5 du quatrième volume de l’Hortus Kewensis, édition 
de 181a. 

Ce nouveau genre a la plus grande affinité avec les Melaleuca, et n’en dif¬ 
fère véritablement que par la longueur des étamines, la nature de son calice, 
et la disposition de ses fleurs. La réunion des étamines en faisceaux est peu 
marquée, et ne se distingue pas sur un assez grand nombre de fleurs qui n’ont 
pas acquis tout leur degré de développement. 

Les détails que je donne de cette plante ont été dessinés d’après nature par 
M. le professeur Richard, que j’ai souvent eu occasion de citer, et auquel je 
rends toujours avec plaisir un nouveau témoignage de ma gratitude pour les 
savans conseils qu’il me donne, ainsi qu’à tous les botanistes qui l’approchent. 

Le Tristania neriifolia est une très-belle plante d’ornement, et doit être 
cultivée dans la serre d’orangerie. On la multiplie facilement de boutures ou 
par couchage en la tenant sous des bâches tempérées. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XXX. 

Fig. 1 . TJne fleur entière considérablement grossie. 2 . Coupe verticale d’unefleurpour faire voir 
la position de l'ovaire, l’insertion et la disposition des étamines, la forme et l’insertion des pétales. 
3. Une anthère avec une partie du filet vue par devant, 4 . M. vue par derrière. 5. Partie supérieure 
du style pour montrer la forme du stygmate. 6 . Section verticale d’un ovaire indiquant l’existence 
de quatre loges. 


ô 



PIMELEA. 

Oplüo nattjralis, THYMELEÆ. Juss. 
DIAlNDRIA MONOGANIA. Linn. 


CHARACTER GENERICUS. 

Vid. Smith, New. Holl. I. p. 3i. R. Brown, Prod. Flor. Nov. HoU.pag. 35g. 


SPECIES. 


PIMELEA LINIFOLIA. 


Pimelea: involucris tetrapbyllis ; foliolis late ovalibus, «trinque glabris, perianthii tubo articulato, 
sericeo; foliis oppositis, linearibus, brevi petiolatis. 


Habitat in Nova Hollandia. 


Plante ligneuse, haute de deux à trois pieds (i mètre), rameuse dès 
sa base; rameaux opposés, peu ouverts, grêles, cylindriques, rou¬ 
geâtres, feuillus. 

Feuilles opposées en croix, très-rapprochées les unes des autres, 
droites ou ouvertes, longues de six à huit lignes (i5 millimêtres)’ 
sur une ou deux (2 millimètres) de largeur, également aiguës à la 
base et au sommet, glabres, de couleur verte, et marquées en- 
dessous d’une seule nervure, qui n’est autre chose que le prolon¬ 
gement du pétiole. 


Pétiole très-court, sillonné en-dedans, convexe en-dehors. 


8o PIMELEA LINIFOLIA. 

Fleobs ramassées en tête à l’extrémité des jeunes rameaux, fixées sur 
un réceptacle sphérique, couvert de poils blancs, et entourées d’un 
involucre qui tomhe après la floraison. 

Involucre composé de quatre folioles ovales, plus courtes que les 
fleurs, membraneuses, glabres, et de couleur verte. 

Calice infère, blanc, couvert de poils longs extérieurement5 à tube 
cylindrique, droit et articulé au-dessus de l’ovaire, limbe ouvert, 
partagé en quatre divisions ovales, beaucoup plus courtes que le 
tube du calice. 

Corolle. Il n’y en a pas. 

Étamines: deux, attachées au sommet du calice, et alternes avec ses 
divisions ; filets blancs, très-courts 3 anthères ovales, droites, d’un 
beau jaune. 

Pistil: ovaire glabre, très-petit, supporté par un court pédicelle; 
style droit, naissant au-dessous du sommet de l’ovaire 3 stygmate 
simple. 

Fruit: une seule graine couverte d’un périsperme membraneux, de 
consistance dure et enveloppé dans la base du calice qui persiste. 


OBSERVATIONS. 

Le genr e Pimelea a été établi par Smith; Labillardière, dans sa Flore de la 
Nouvelle Hollande, nous a fait connoitre six espèces de ce genre, et Robert 
Brown en a décrit trente-quatre dans son Prodromus Florœ Novae Hoüandiœ. 

Il est curieux d’observer que ce nouveau genre est le plus riche en espèces 
parmi ceux qui appartiennent à la famille des Thymelées. 

Labillardière nous apprend que les habitans de laNouvelleHollande emploient 
les écorces des diverses espèces de Pimelea pour faire des cordages. Cette pro¬ 
priété est commune à plusieurs plantes de la même famille. Les habitans des 



PI MELE A LINIFOLIA. 81 

A nt il l es tirent, on sait, un grand parti des écorces dn Lagetto on bois à 
dentelle. 

H est à présumer que plusieurs espèces de Pimelea offrent aux naturels de 
la Nouvelle Hollande un caustique puissant, de même que le genre Daphné 
en offre aux habitans de la France, à ceux du Mexique et du Pérou. 

Les Pimelea sont des plantes d’un port agréable et doivent être tenues dans 
1 orangerie pendant l’biver. Je cultive depuis plusieurs années le Pimelea linifo- 
lia ; c’est la seule espèce de ce genre qui me soit parvenue vivante. 


EXPLICATION DE LA PLANCHE XXXI. 



HELIOTROPIUM 


okdo saturalis, BORPxAGENEÆ. Juss. 
PINTAND PvIA moaogyma. Linn. 


CHJRACTER GENERICUS. 

Vid. Juss. Gen. plant, pag. i3o. 


. SPECIES. 

HELIOTROPIUM CORYMBOSUM. 

Heliotsopium : caule fruticoso, foliis ovali-lanceolatis, utrinque acutis, recurvis, supra j 
asperis, subtus reticulato-venosis, pilosis; spicis dichotomis sub corymbosis. 


Habitat in Peruvia. 


Plante sous-ligneuse, haute de ün à trois pieds (i mètre), rameuse 
dès sa base, rarement droite ; rameaux alternes, cylindriques, par¬ 
semés de poils blancs, feuillus, souvent tortueux et couchés sur 
terre. 

Feuilles alternes, longues de deux à trois pouces (5 centimètres) 
membraneuses, également aiguës à la base et au sommet, garnies 
en-dessus de poils nombreux, courts et piquants, lorsqu’on passe 
le doigt sur la feuille de bas en haut 5 veinées en-dessous et garnies 
de poils moins rudes que ceux de la face supérieure. 

Pétioles très-courts, convexes en-dehors, aplatis intérieurement. 

Fleurs : toutes disposées du même côté sur un épi dichotome et ter¬ 
minal. 



HELIOTROPIUM CORYMBOSUM. 83 

Calice infère, persistant, divisé jusqu’à sa base en cinq folioles linéaires, 
subulées et droites. 

Corolle hypocratériforme, de couleur de lilas tendre, mêlée de 
blanc-, tube droit, cylindrique, trois fois plus long que le calice-, 
limbe campanulé, marqué de dix plis et divisé en cinq parties 
échancrées à leur sommet. 

Etamiîîes : cinq, attachées à la base de la corolle et plus courtes que 
son tube; filets blancs} anthères droites, rapprochées de manière 
à former un tube. 

Pistil :. ovaire supère -, style droit de même longueur que les étamines ; 
stigmate en tête et comme divisé en deux. 

Fruit: quatre graines nues, contenues dans le fond du calice, qui 
persiste. 


OBSERVATIONS. 

La plante que je viens de décrire nous a été envoyée d’Angleterre il y a plu¬ 
sieurs années, sous le nom de Heliotropium grandiflorum; et James Donn l’a 
désignée sous ce même nom Curtis, à la planche 1609 de son BotanicalMa- 
gazin , vient de donner une petite figure de cette plante, et la considère comme 
la même que celle publiée par les auteurs de la Flore du Pérou, sous le nom 
de Heliotropium corymbosum 2 . 

Si la culture ne nous fournissoit pas tous les jours des exemples de la grande 
différence qui peut exister entre la plante cultivée et celle venue dans son sol 
natal, je serois autorisé à regarder cet Héliotrope comme une espèce vraiment 
nouvelle, et je lui eusse conservé le nom à'Heliotropium grandiflorum. 

H Heliotropium corjmbosum est une très-belle plante d’ornement ; elle a les 
plus grands rapports avec Y Heliotropium peruvianum. Cependant il est facile 
de la distinguer par ses tiges et ses rameaux, généralement plus grands, tor¬ 
tueux , moins feuillus etbeaucoup moins pubescens ; par ses épis, plus grands, 
plus lâches, plus divisés, et sur-tout enfin par ses fleurs, qui répandent une 
odeur douce de miel. 

Ces deux espèces d 'Héliotrope exigent la même culture. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XXXII. 

Une branche de l’Heliotropium corymbosum. 


* Hort. Cantabrig. 6 e édit. p. 42. 

* Flor. Péruv. vol. II, pag. 2, tab. 107, fig. a. 



MAGNOLIA MACROPHYLLA. 


Magsolia : foliis amplis, sub-cuneato oblongis, basi profunde cordatis - subtus glaucis, 
villosiusculis, deciduis. 


Habitat in regionibus occidentalibus fluvii Tenassée. 


Plante ligneuse, haute de douze à quinze pieds (4 à 5 mètres), tronc 
grêle, irrégulièrement droit, couvert d’une écorce lisse, blanchâtre, 
peu épaisse, rameaux alternes, étalés, tortueux. 

Feuilles alternes, situées au sommet des jeunes rameaux, étalées, 
longues de deux ou trois pieds (8 décimètres), membraneuses, 
plus larges au sommet quà la base, et terminées presque subite¬ 
ment en pointe, profondément échancrées à la base, glabres et d J un 
beau vert en-dessus, glauques en-dessous et couvertes d’un duvet 
soyeux, très-sensible dans les jeunes feuilles. 

Pétioles longs de cinq à six pouces (i 5 centimètres), pubescens, 
convexes en-dehors, marqués en-dedans d’une gouttière peu pro¬ 
fonde , et plus large dans sa moitié inférieure que dans la moitié 
supérieure. 

Stipules: deux, attachées sur les bords inférieurs du pétiole; longues 
et très-étroites, velues en-dehors, réunies par leur bord postérieur, 
caduques. 

Fleurs terminales, droites, très-grandes, disposées une à une à l’ex¬ 
trémité des jeunes rameaux, et pourvues d’une odeur douce et très- 
agréable. 

Calice : il n’y en a pas. 

Corolle : composée de neuf pétales longs de quatre à cinq pouces 
( i decimetre), blancs, charnus, disposés sur trois rangées, et mar¬ 
qués intérieurement et à leur base de couleur pourpre. 

Étamines nombreuses, attachées au-dessous des ovaires, très-serrées, 



MAGNOLIA MACROPHYLLA. 85 

filets blancs, courts, charnus-, anthères droites, plus longues que 
les filets, formées de deux loges qui s’outrent longitudinalement 
en-dehors. 

Pistil : ovaires nombreux, rapprochés les uns des autres sur un récep¬ 
tacle commun; style droit, très-court, terminé par un stygmate 
aigu. 


Fruit : non observé. 


OBSERVATIONS. 

Le Magnolia macrophylla est originaire des Etats-Unis, où il a été trouvé 
par le voyageur Michaux, si avantageusement connu pour les services impor- 
tans qu’il a rendus à l’agriculture et à la botanique Cette nouvelle espèce a 
quelque analogie avec le Magnolia tripetala et le Magnolia auriculata, dont 
il diffère cependant par des caractères très-sensibles. Le Magnolia macrophylla 
passe l’hiver en pleine terre dans le climat de Paris , mais il demande à être 
planté dans un terrain humide et à l’abri de toute espèce de coup de vent : la 
grandeur de son feuillage, qui rappelle la végétation des tropiques, la beauté 
et l’odeur délicieuse de ses fleurs , doivent le faire rechercher pour l’ornement 
de nos parcs et de nos jardins. 

Ce Magnolia se multiplie facilement de marcottes, comme toutes les autres 
espèces de ce genre ; mais, comme il est encore très-rare, il est plus commun 
de le voir greffer par approche sur le Magnolia tripetala , qui donne des graines 
dans nos jardins depuis plusieurs années, et dont nous pouvons facilement nous 
procurer des pieds. 


EXPLICATION DE LA PLANCHE XXXIII. 

et vu en-dedans pour faire voir là tache dont il est marqué. 


Fig. i . Un pétale séparé i 





METROSIDEROS GLAUCA. 


Mcteosideeos : foliis alte 


rtïs, longe obverseque lanceolatis, trinerviis, mncronatis ; 
'ribus infra ramulos spicatim conjestis. 


Habitat in ]Nova Hollandia. 


Plante ligneuse, haute de six à douze pieds (2 à 4 mètres), recou¬ 
verte d’une écorce de couleur grise, peu épaisse et gercée. 

Rameaux alternes, ouverts, réfléchis vers leur extrémité, inégalement 
cylindriques, rougeâtres, garnis de feuilles très-rapprochées les 
unes des autres à leur sommet et parsemés de poils blancs, longs 
et mous. 

Feuilles alternes, de couleur glauque, rapprochées les unes des 
autres, contournées à leur base, légèrement coriaces, ouvertes ou 
réfléchies, longues de trois ou quatre pouces (8 centimètres) sur 
six ou huit lignes de largeur (1 centimètre), ponctuées, plus larges 
vers le sommet qu’à la base et terminées par une petite pointe, 
marquées en-dessous de trois nervures saillantes, dont les deux la¬ 
térales sont très rapprochées des bords de la feuille, qui souvent 
sont colorés en rouge. 

Pétioles très-courts, renflés en-dehors. 

Fleurs d’un rouge vif, formant par leur disposition un épi oblong 
au-dessous des jeunes rameaux. 

Calice supère, campanulé, persistant, couvert de poils soyeux en- 
dehors, partagé en son limbe en cinq divisions droites, ovales, 
obtuses. 

Corolle verte, formée de cinq pétales attachés au calice et alternes 
avec ses divisions - , chaque pétale, de forme ovale, légèrement con¬ 
cave intérieurement et obtus au sommet, de même longueur que le 
calice, ou à-peu-près. 

Étamines, nombreuses, attachées au calice, droites et très-longues5 





METROSIDEROS GLAUCA. 87 

filets dun rouge vif, très-rarement réunis, d’une manière inégale, 
à leur base; anthères ovales, fixées par le milieu; poussière jaune. 

Pistil: ovaire demi-infère, sphérique, glabre dans sa moitié infé¬ 
rieure ; couvert dans sa moitié supérieure de poils blancs, doux au 
toucher, très-courts, très-serrés les uns contre les autres; style 
droit, de même couleur et de même longueur que les étamines; 
stygmate légèrement charnu. 

Fbuit : capsule sphérique, située au fond du calice, persistant et de¬ 
venu très-charnu, s ouvrant par le sommet et divisé intérieurement 
en trois loges; graines linéaires très-nombreuses, fixées au réceptacle 
qui forme le centre du fruit. 


ORSERVATION S. 


Le Metrosideros que je viens de décrire est nouveau. Cette plante a été ob¬ 
tenue de graines apportées par le capitaine Baudin; elle a fleuri pour la première 
fois à Malmaison pendant le mois d’août de 1811. 

Le Metrosideros glauca est, sans contredit, la plus belle espèce de ce genre 
et de tous les autres voisins; il mérite de fixer l’attention des cultivateurs et 
des amateurs par la beauté et par l’éclat de ses fleurs , qui sont beaucoup plus 
belles que celles du Metrosideros lophanta très-répandu dans nos jardins. 
Cette nouvelle espèce est encore rare; mais elle deviendra bientôt très-com¬ 
mune, parceque les deux forts pieds de cette plante qui sont à Malmaison 
commencent à porter des fruits. 

Le Metrosideros glauca exige la même culture que les autres espèces de ce 
genre, et pourroit être cultivé en pleine terre dans le midi de l’empire. 


EXPLICATION DE LA PLANCHE XXXIV. 

Fig- i. Une fleur ouverte pour faire voir F insertion et la disposition des étamines, a. 
fruit indiquant Informe des divisions du calice. 3. Un pétale. 4. Un faisceau <1 étamines. 


Un jeune 


' Ventenat. Jard. de Celse. tab. 69, Metrosideros lanceolata. Smith, Metrosideroscetr. 






CHORIZEMA. 

Ordo nattjralis, LEGUMINOSÆ. Juss. 
DECANDRIA moïogïsia. Linn 

CHARACTER GENERICUS. 

Vid. Labill, New. Holl. plantar. specimen. pag. 120. 


SPECIES. 

CHORIZEMA ILICIFOLIA. 

Chorizema : foliis altérais, ovali-oblongis , spinoso-dentatis, subtus ramisque pilosiusculis ; 
racemis axillaribus, paucifloris. 


Habitat in Nova Hollandia. 


Plante ligneuse, haute d’un pied (3 décimètres), rameuse et garnie 
de feuilles dès sa base, parsemée sur presque toutes ses parties de 
poils blancs et mous. 

Rameaux alternes, filiformes, couverts d’une écorce mince, de cou¬ 
leur verte. 

Feuilles alternes, glabres et luisantes en-dessus, parsemées de poils 
en-dessous, coriaces, longues d’un pouce (2 centimètres), sur six 
ou huit lignes de largeur (2 décimètres ), légèrement et inégale¬ 
ment ondulées sur les bords, profondément dentées, et ayant 
chaque dent terminée par un piquant. 

Pétiole très-court, cylindrique. 

Stipules : deux, aigues et opposées près la base des pétioles. 









CHORIZEMA ILIC1FOLIA. 89 

Grappes axillaires un peu plus longues que les feuilles, composées 
dun petit nombre de fleurs, de couleur rouge et orangée. 

Pédicelle très-grêle, muni de deux petites stipules. 

Calice campanulé, persistant, partagé à son limbe en deux lèvres 
dont la supérieure est formée de deux divisions, et l’inférieure de 
trois. 

Corolle papilionacée ; étendard réfléchi, de couleur orangée, plus 
large que long, échancré au sommet et supporté par un onglet 
court; ailes oblongues, de couleur rouge, obtuses, droites, appli¬ 
quées l’une contre l’autre, onguiculées -, carène plus courte que les 
ailes et de même couleur qu’elles, renfermant les étamines, et com¬ 
posée de deux pétales réunis par leur bord postérieur. 

Étamines: dix, distinctes-, filets droits; anthères sphériques, très- 
petites, de couleur jaune. 

Pistil : ovaire comprimé; style court, arqué; stygmate aigu. 

Fruit: gousse gonflée, renfermant plusieurs graines réniformes et 
supportées par de petits pédicelles. 


OBSERVATIONS. 

Le genre Chorizema a été établi par M. Labillardière Il est encore peu 
nombreux en espèces ; je n’en ai vu qu’une seule, quoique quelques auteurs en 
décrivent trois. Le Chorizema nana, figuré par Andrews , à la planche 434 du 
Botanist Repository, ne me paroît être autre chose que le Chorizema ilicifolia. 
vu dans la première année de sa végétation : cette opinion est fondée sur ce que 
j’ai vu dans des semis de graines du Chorizema ilicifolia, faits en 1811. La pre¬ 
mière année, ces graines ont produit des plantes très-petites; et ce n’est que 
1 année suivante qu’elles ont acquis un grand développement dans toutes leurs 
parties et porté des fruits. 

Le Chorizema ilic folia demande à être cultivé dans l’orangerie ; c’est une 
plante très-jolie, très-agréable ; mais elle exige une culture extrêmement soignée. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XXXV. 

F,G 1. Corolle étalée pour montrer Informe des pétales. 2. Les étamines. 3. Le pistil. 4. Un fruit de 
grandeur naturelle. 5 . ld. Ouvert, montrant l’insertion et la forme des graines. 

■ Labilî. Voyage à la Recher, de la Peyrouse, tom. I, p. 4o5, tab. 21. — Nov. Holl. plantar 
specimen. tom. II, p. 120. 



CA CT LS AMBIGUUS. 


Cactts : erectos. leagas , sobdecem angnlaris : angolis obtosis, spinis setaceis. lana longioribns : 
petalis integerrimis. 


Habitat : Patria ignota. 


Plante ligneuse, charnue, droite, non articulée et peu ramifiée, 
longue de trois à six pieds (x à 2 mètres) sur un pouce et demi à 
deux pouces de diamètre (5 centimètres), de couleur verte, creu¬ 
sée dans sa longueur de douze sillons ou à-peu-près, séparés les 
uns des autres par autant de côtes obtuses, peu saillantes et paral¬ 
lèles entre elles-, chaque côte est pourvue de faisceaux formés de 
huit ou dix aiguillons très-grêles, longs de six ou huit lignes ( x cen¬ 
timètre), de couleur roussâtre, divergens et entourés, à leur base, 
de poils blancs, très-courts et très-serrés. 

Rameaux alternes, peu nombreux, peu ouverts, naissant sur les an¬ 
gles de la tige principale, terminés au sommet par un faisceau d’ai¬ 
guillons très-rapprochés. 

Feuilles: il n’y en a pas. 

Fleurs solitaires, situées sur les angles delà tige ou des rameaux, 
longues de huit ou dix pouces (2 décimètres) et^’un beau blanc. 

Calice supère, charnu, cylindrique, renflé à sa base, composé d’un 
grand nombre de folioles plus ou moins colorées, réunies inférieure¬ 
ment et dont les intérieures sont beaucoup plus grandes 5 les exté¬ 
rieures , beaucoup plus courtes, sont à peine libres à leur sommet 
et comme renflées, et portent un faisceau d’aiguillons qui ont moins 
de consistance que ceux de la tige. 

Corolle composée d’un très-grand nombre de pétales blancs, entiers, 
et dont les intérieurs sont un peu plus larges que les extérieurs. 

Étamines très-nombreuses, attachées au calice, droites et disposées 






CACTUS AMBIGUUS. gi 

en cercle: filets blancs, très-déliés: anthères d'une belle couleur 
jaune, fixées par le milieu et formées de deux loges. 

Pistil: ovaire infère; style blanc, droit, charnu, terminé par dix ou 
douze divisions. 

Fruit : non observé. 


OBSERVATIONS. 


Le Cactus <jue je viens de décrire existe depuis long-temps dans nos jardins; 
mais, comme il n’y avoit jamais fleuri, nous ignorions à quelle espèce il falloit 
le rapporter. Dans le mois de juin 1811, un pied de cette plante que j’avois 
fait placer, pendant f hiver précédent, près du vitrage d’une petite serre chaude 
bien exposée, a donné des fleurs, et je me suis empressé d’en faire faire le des¬ 
sin dont on voit la gravure à la planche XXXVI. 

Cette nouvelle espèce de Cactus , que je désigne sous le nom de Cactus ambi- 
guus, se rapproche beaucoup du Cactus répandus ' et du Cactus serpentinus \ 
Peut-être rapporterois-je ces trois espèces à une seule, si j’avois pu les observer 
-toutes, vivantes et garnies de fleurs. 

D’après la gravure que nous avons du Cactus répandus et la description que 
nous a laissée Cavanilles du Cactus serpentinus, ces deux plantes diffèrent du 
Cactus ambiguus, savoir: la première parle tube du calice qui se trouve garni 
d’écailles sans aiguillons, et parles pétales intérieurs, qui sont élargis vers leur 
sommet, terminés en une pointe aiguë et dentés en scie sur les bords; la se¬ 
conde, par ses tiges rampantes et les pétales intérieurs divisés au sommet en 
deux parties. 

Les espèces de Cactus décrites dans les auteurs sont encore peu nombreuses, 
en comparaison de celles qui existent réellement. Ces plantes étant difficiles à 
trouver en fleur à cueillir et à sécher, ont été négligées par presque tous les voya¬ 
geurs. Humboldt et moi avons trouvé et décrit en Amérique un grand nombre 
d’espèces nouvelles de ce genre, dont une est figurée à la planche IIP de cet 
ouvrage, et les autres seront décrites dans notre Flore. Ces plantes offrent de 
grands avantages aux habitans de l’Afrique et de l’Amérique : plusieurs espèces 
parmi celles qui sont formées de pièces articulées et comprimées donnent d’ex- 
cellens fruits ; c’est aussi sur des espèces de cette division que vit et se multiplie 
l’insecte si précieux qui donne la cochenille : plusieurs espèces de celles qui 





92 CACTUS AMBIGUUS. 

croissent droit et qni ont mérité a ces plantes le nom de cierges fournissent aux 
habitans des bois utiles. Nous axons vu tous les Indiens du golfe de Cariaco et 
les marins de la côte de Paria se servir exclusivement du bois de Cactus pour 
se faire des avirons ; enfin toutes les espèces de ce genre sont recherchées par 
plusieurs animaux, qui font leur nourriture des jeunes pousses et des autres 
parties tendres de ces végétaux. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XXXYI. 

Une branche du Cactus ambiguus garnie de fleurs dans divers états de développement. 


COTYLEDON. 

Ordo naturalis, SEMPERYIYÆ. Juss. 
DECANDRIA pentagynia. Linn. 

CHARACTER GENERICUS. 

Vid. Juss. Gen. plant, pag. 207. 


SPECIES. 

COTYLEDON TARDIFLORUM. 


Habitat : Patria ignota. 


Plante grasse, ligneuse, haute de trois à quatre pieds (1 mètre), 
glabre sur toutes ses parties 5 tronc cylindrique, de deux pouces de 
diamètre (5 centimètres), divisé au sommet en plusieurs branches 
recouvertes d’un épiderme grisâtre qui se lève par écailles, nues 
inférieurement, garnies de feuilles à leur sommet et marquées de 
cicatrices formées par la chute des feuilles. 

Feuilles charnues, ouvertes, recourbées, rassemblées au sommet des 
jeunes rameaux, longues de deux à quatre pouces (1 décimètre), 
sur un pouce ou un pouce et demi (3 centimètres) de largeur, 
arrondies sur les bords. Les jeunes feuilles, au moment de leur 
développement, sont convexes en-dessus et très-obtuses-, dans un 
âge plus avancé, elles deviennent pliées sur leur longueur en forme 
de gouttière, elles s’alongent et deviennent aiguës à leurs extré¬ 
mités. 

Pétiole très-court, aplati intérieurement, convexe en-dehors. 

Grappe terminale, lâche, ouverte, garnie dYm petit nombre de 
fleurs rougeâtres, pendantes et supportées par des pédicelles 
courts. a4 



f COTYLEDON TARDIFLORUM. 

Calice infère, trois ou quatre fois plus petit que la corolle, charnu, 
campanulé, de couleur verte, partagé en cinq divisions droites et 
presque égales entre elles. 

Corolle d’une seule pièce, longue de huit ou dix lignes ( 2 centi¬ 
mètres); tube droit, légèrement pentagone et évasé au sommet; 
limbe divisé en cinq parties presque aussi longues que le tube, ou¬ 
vertes et recourbées en-dessous. 

Étamines: dix, attachées au bas du tube de la corolle: filets blancs, 
droits, garnis de poils au lieu de leur insertion, amincis et diver¬ 
sement recourbés au sommet: anthères réniformes, d’un beau 
violet. 

Pistil: cinq ovaires réunis en un seul corps, et terminés chacun par 
un style simple : stigmates aigus, d’une belle couleur rose. 

Nectaire : cinq écailles disposées autour des ovaires, échancrées à 
leur sommet. 

Fruit : non observé. 


ORSERVATIONS. 

La nouvelle espèce de Cotylédon que je viens de décrire, et à laquelle 
j’ai donné le nom de Cotylédon tardijlorum, existe depuis très-long-temps 
dans nos serres; mais, comme elle n’avoit jamais donné de fleurs, il avoit 
été impossible de lui assigner un nom. On croyoit généralement quelle appar- 
tenoit au genre sedum. 

C’est en août 1812 que j’ai pu obtenir des fleurs de cette plante, et je ne les 
dois qu’à l’exposition que je lui ai donnée pendant l’hiver dans une serre 
construite pour soigner les plantes grasses. 

Le Cotylédon tardijlorum est encore rare dans nos jardins : il s’élève a 
trois ou quatre pieds de haut, et mérite l’attention des cultivateurs par la 
beauté de ses fleurs et par celle de son feuillage, qui varie en forme et en 
couleur à diverses époques de la végétation. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XXXVII. 

Fig. %. Une corolle fendue selon sa longueur, et étalée pour montrer l’insertion et la disposition 
des étamines. 2. Etamine détachée de la corolle , et grossie. 3. Pistil. 


ER IC A VERSICOLOR. 


Erica : foliis ternis, linearibus, patenti-reflexis : floribus cernais, ad snmmitatem ramuîorum 
ternatis, pedicellatis ; corollis tubulosis, snpernè paululum ventricosis, laciniis lato-ovalibas, 


Habitat ad Caput Bonæ Spei. 


Plante ligneuse, haute de deux ou trois pieds (9 décimètres), glabre 
sur toutes ses parties, rameuse dès le collet de sa racine, couverte 
d’une écorce grisâtre. 

Rameaux ternés, feuillus, droits ou étalés, portant des fleurs à leur 
sommet. 

Feuilles ternées, rapprochées les unes des autres, ouvertes ou réflé¬ 
chies, linéaires 3 convexes en-dessus et d’un vert luisant-, plus pâles 
en-dessous, et marquées d’un sillon longitudinal. 


Fleurs en tube, de couleur rouge et verte, disposées trois par trois, 
à l’extrémité des jeunes rameaux, penchées, supportées par des 
pédicelles allongés. 

Pédicelles grêles , munis à leur sommet de trois petites bractées 
ovales, de couleur verte. 

Calice : quatre folioles ovales, aiguës, de même couleur que les 
bractées. 

Corolle en forme de tube, droite, cylindrique, de couleur rouge, 
verte à son limbe seulement, légèrement rétrécie un peu au-dessus 
de sa base, ventrue vers sa partie moyenne et rétrécie à sa gorge : 
limbe partagé en quatre divisions, ovales, obtuses, droites. 

Étamines: huit, de même longueur que la corolle, attachées à la cir¬ 
conférence d’un disque hypogyne: filets blancs, grêles, droits, 
arqués intérieurement vers leur sommet: anthères de couleur 


q6 erica versicolor. 

orange, formées de deux loges réunies parleur base seulement, et 
percées en-dehors d une petite fente. 

Pistil : ovaire-supère, placé sur un disque hypogyne, comme formé 
de quatre lobes, plus large au sommet qu’à sa base ; glabre, d’un 
vert luisant; style droit, stigmate légèrement charnu. 

Fruit: capsule ovale, déprimée, divisée intérieurement en quatre 
loges qui renferment un grand nombre de graines. 


OBSERVATIONS. 

L ’Erica versicolor dont je donne la figure à la planche XXXVIII, nous a 
été envoyée d’Angleterre vers la fin de 1811. En mars 1813, cette plante étoit 
garnie de fleurs dans les serres de Navarre, et je me suis déterminé à la faire, 
dessiner, à cause des différences que je lui ai trouvées avec la description qu’en 
donne Wildenow % et avec la figure qui est dans l’édition in-8° de l’ouvrage 
d’Andrews sur les bruyères. Cette plante avoit acquis un degré de développe¬ 
ment parfait, ses feuilles étoient entièrement glabres, et nullement ciliées, 
comme l’indique Wildenow. Les fleurs, d’un rouge plus ou moins vif, n’of- 
froient pas de couleur orangée à leur base; le limbe seul étoit d’un vert bien 
prononcé. 

Andrews, dans le même ouvrage, a figuré sous le nom d 'Erica versicolor 
longijlora, une plante qui se rapproche assez de celle dont je donne ici la 
figure et la description, par ses feuilles glabres et la couleur de ses corolles, 
qui sont seulement rouges et vertes. Je crois qu’il est nécessaire, pour décider 
si ces plantes forment des espèces distinctes ou sont des variétés les unes des 
autres, de les voir toutes en fleurs et en différens états de végétation. Le grand 
nombre des espèces de ce genre, le peu de figures exactes que nous en avons, 
et le manque de collections vivantes, offrent de grands obstacles à la détermi¬ 
nation précise des espèces. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XXXVIII. 

dessous. 3. Une corolle fendue selon sa longueur, et étalée, pour montrer la manière dont elle est 
divisée à son limbe, et la forme de ses divisions. 4- Un calice muni de son pédicelle et des bractées 
qui l accompagnent. S. Une fleur dont on a enlevé le calice et la corolle, pour montrer la disposi¬ 
tion des étamines et leur rapport avec le pistil. 6. Une étamine. 7. Pistil. 


■ W. Sp. pl. 


p. 3 97 . 




LOBELIA SURIN AMENSIS. 


Lobtlia : erecta , grabiuscala : caule snffrutfeoso : foliis lanceolatis, sui> serralo-denticulatis : floribns 
magnis, ad summitatem ramalornm axillaribus, sob corymbosis : pedunculis florum longitudine, 
inferne bibracteatis. Calycis lacmiæ lineari-Ianceolatis, denticulatis, patentibas. 


Habitat in Surinamo et in Guyana. 


Plante laiteuse, vivace, sous-ligneuse, haute de six à huit pieds 
(2 mètres); tiges et rameaux cylindriques, glabres ou parsemés de 
petits poils courts, éloignés les uns des autres et à peine visibles à 
l’œil nu. 

Feuilles alternes, membraneuses, longues de cinq à six pouces 
(1 décimètre) sur un pouce ou .un pouce et demi de largeur 
(3 centimètres), légèrement et inégalement dentées sur les bords, 
arrondies à leur base, aiguës au sommet; d’un vert brillant^ en- 
dessus, plus pâles en-dessous, et marquées de veines saillantes! 

Pétioles longs d’un demi-pouce(1 centimètre), convexes en-dehors, 
creusés en gouttière intérieurement. 

Fleurs grandes , d’un rouge vif, placées une à une dans les aisselles 
des feuilles, pédonculées, et comme disposées en corymbe à l’ex¬ 
trémité des jeunes rameaux. 

Pédoncules grêles, de même longueur que les fleurs, munis à leur 
base de deux bractées linéaires. 

Calice campanulé, glabre, d’un vert luisant, marqué à sa base de 
dix petites bosses ou tubercules plus ou moins élevés ; partagé à 
son limbe en cinq divisions longues, étroites, aiguës, et inégale¬ 
ment dendculées sur les bords. 

Corolle tubulée, longue d’un pouce et demi à deux pouces (5 cen¬ 
timètres), glabre, manifestement comprimée dans sa moitié supé¬ 
rieure, comme quadrangulaire dans l’inférieure, et marquée au- 
dessus de sa base de quatre enfoncemens ; limbe divisé en deux 
lèvres, dont la supérieure est aiguë, et l’inférieure partagée en trois 
dents rapprochées les unes des autres. 




9 g LOBELIA SURINAMENSIS. 

Etamines: cinq, insérées à la base de la corolle-,filets blancs, distincts 
à leur base seulement, réunis dans le reste de leur longueur en un 
tube cylindrique 5 anthères exsertes, réunies et garnies de longs 
poils de couleur violette. 

Pistil: ovaire-infère ; style de même longueur que les étamines-, stig¬ 
mate bilamellé, entouré à sa base d’un anneau de poils qui em¬ 
brasse ses divisions, et qui s’en détache lors de l’émission du 
pollen. 

Fruit: non observé. 


OBSERVATIONS. 

L e. Lobelia que je viens de décrire se trouve déjà publié sous le nom de 
Lobelia lœvigata et sous celui de surinamensis ’. M. de Jussieu a cette plante 
en Bferbier, cueillie au Pérou , sous le nom de Lobelia sphœricarpa. Je con¬ 
serve à cette espèce le nom de Lobelia surinamensis, sous lequel elle est gé¬ 
néralement connue aujourd’hui, et j’en donne une bonne figure qui servira à 
la faire reconnoître et distinguer des autres plantes de ce genre, avec lesquelles 
elle a de l’affinité. Le Lobelia surinamensis est une plante magnifique, très- 
propre à l’ornement de nos serres chaudes. Elle a fleuri pour la première fois 
dans celles de Malmaison, en mars i8i3, et je l’ai fait multiplier abondam¬ 
ment pour la répandre dans tous les établissemens où elle ne se trouvoit pas. 
La végétation de cette Lobélie est si forte, qu’on pourroit en disposer les pieds 
de manière à avoir des fleurs pendant presque toute l’année, comme on a des 
violettes et des fraises. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XXXIX. 

Fig. i . Une branche de Lobelia surinamensis. 







ACACIA CURVIFOLIA. 


Acacia : inermis, foliis daplicato-pinnatis ; pinnulis sab qoindecimjngis, foliolis numerosissiinis , 
minutis , glaberrimis ; spicis axillaribus geminatis. 


Habitat: Patria ignota. 


Plante ligneuse, haute de trois pieds (9 décimètres), d’un port très- 
élégant, garnie de feuilles doublement pinnées, courbées en ma¬ 
nière d’arc, composées de folioles très-nombreuses et très-petites. 

Tronc droit, de la grosseur du petit doigt, se divisant en plusieurs 
branches près du collet de la racine ; couvert d’une écorce grisâtre, 
légèrement gercée. 

Feuilles alternes, doublement pinnées , longues de cinq à six pouces 
(1 décimètre), composées de douze ou de dix-huit paires de pin- 
nules opposées, longues d’un pouce ou d’un pouce et demi (3 cen- 
mètres), folioles nombreuses, petites, linéaires, plus grandes d’un 
côté que de l’autre, sessiles. 


Pétioles communs, renflés à leur base, convexes en-dehors, sillon¬ 
nés intérieurement, et pourvus d’une glande sessile entre la pre¬ 
mière paire de pinnules. 

Fleurs : épis oblongs, cylindriques, de couleur jaune, disposés deux 
à deux dans les aisselles des feuilles. 

Calice ovale, d’un jaune verdâtre, partagé à son limbe en cinq pe 
tites dents inégales, droites. 

Corolle de couleur jaune, trois fois plus grande que le calice, for¬ 
mée de cinq pétales oblongs, aigus au sommet, tronqués et rétrécis 
à leur base. 

Etamines: dix,dont cinq plus courtes 5 filets blancs, droits5 anthères 
ovales, biloculaires. 



IOO ACACIA CURVIFOLIA. 

Pistil : ovaire-supère, parsemé de poils à son sommet -, style droit -, 
stigmate simple. 

Fruit: non observé. 


OBSERVATIONS. 

La nouvelle espèce d 'Acacia que je viens de décrire a été obtenue de semis 
faits à Malmaison en 1806. Les recherches que j’ai faites pour connoitre le pays 
natal de cette plante me portent à croire quelle est originaire du Mexique, et 
que ses graines faisoient partie de la riche collection que M. de Humboldt et 
moi avons apportée. Cette plante n’existe que dans les serres de Malmaison, 
et il n’y en a qu’un individu. Ce n’est qu’avec une peine extrême que j’ai pu 
parvenir à la conserver et à en obtenir des fleurs. Comme tous les grands arbres 
des pays chauds et d’un bois dur, elle n’offre dans nos serres qu’une végéta¬ 
tion languissante. 

L 'Acacia curvifolia, quoique petit, est d’un port agréable, par la légèreté 
et l’élégance de son feuillage; ses fleurs, très-petites, sont en épis cylin¬ 
driques , longs d’un pouce ( a centimètres ), droits et disposés deux à deux 
dans les aisselles des feuilles. C’est en août 1811 que cette plante a fleuri pour 
la première fois dans les serres de Malmaison; et, quoique depuis cette époque 
elle ait constamment porté des fleurs tous les ans, elle n’a pas produit de fruits. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XL. 

Fia. 1. Une fleur entière, de grandeur naturelle, a. Idem grossie. 3. Un pétai. 4. Pistil. 



METROSIDEROS pallida. 


Metbosidezos : foliis altérais obovali-oblongis, glancis, mucronatis : floribns infra ramulos 


Habitat in nova Hollandia. 


Plante ligneuse, haute de quatre ou six pieds (s mètres); tronc 
droit d’un pouce et demi à deux pouces (5 centimètres) de dia¬ 
mètre, couvert d’une écorce grisâtre peu épaisse et gercée inéga¬ 
lement. 

Rameaux alternes, droits ou légèrement ouverts , cylindriques et par¬ 
semés de petits tubercules dont la plupart sont produits par la 
chute des feuilles; l’écorce qui les recouvre est glabre et d’une 
couleur très-variée. 

Feuilles alternes, de couleur glauque, rapprochées à l’extrémité des 
jeunes rameaux, droites, ponctuées, marquées de trois nervures 
dont les latérales sont à peine visibles et distinctes du bord ; co¬ 
riaces, longues de deux pouces (5 centimètres) sur cinq à six 
lignes (i centimètre) de largeur; un peu plus larges au sommet 
qu’à la base, et terminées par un aiguillon : les jeunes feuilles sont 
d’une belle couleur rose et velues avant leur entier développement. 

Pétiole très-court, aplati intérieurement, charnu et renflé en- 
dehors. 

Fleurs d’un vert très-pâle, disposées en épis au-dessous du sommet 
des jeunes rameaux. 

Calice supère, demi-sphérique, glabre, persistant, partagé à son 
limbe en cinq divisions ovales, caduques. 

Corolle : cinq pétales d’un vert pâle, attachés au calice et alternes 
avec ses divisions. 

Etamines, nombreuses, attachées au calice, droites, très-longues;filets 
verdâtres , libres dans toute leur longueur ; anthères ovales, fixées 
par le milieu; poussière jaune. ■ 


IQ3 metrosideros pallida. 

Pistil : ovaire demi-infère, pabescent-, style droit, de même couleur 
et de même longueur que les étamines-, stigmate obtus. 

Fruit : capsule sphérique, de la grosseur d’un très-petit pois, recou¬ 
verte par le calice persistant et devenu charnu, divisée intérieure¬ 
ment en trois loges qui renferment un grand nombre de graines 
attachées à un réceptacle central. 


OBSERVATIONS. 

La nouvelle espèce de Metrosideros que je viens de décrire est originaire de 
la Nouvelle-Hollande, d’où les graines en ont été apportées par l’expédition du 
capitaine Baudin : je n’ai encore vu cette plante vivante qu’à Malmaison, où il y 
en a un seul pied, qui a fleuri pour la première fois pendant le mois de mai 
i8i3. Je lui ai donné le nom de Metrosideros pallida, parceque ses feuilles et 
ses fleurs sont d’une couleur pâle. 

J’ai vu dernièrement, dans la riche collection de R. Brown, une nouvelle es¬ 
pèce de Metrosideros à laquelle il a donné le nom d ' Australis, mais qu’il n’a 
pas encore publiée. Il est possible que cette plante, trouvée par M. Brown, soit 
la même que celle dont je donne ici la description, et que les légères différences 
que j’y ai observées tiennent à ce que l’échantillon du botaniste anglois a été 
cueilli à la Nouvelle-Hollande, tandis que l’individu que j’ai décrit a été observé 
en France dans les serres où on le cultive depuis plusieurs années. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE LXI. 


Fig. i. Une branche du Metrosideros pallida. 


MAGNOLIA GLAUCA. 


Magsolia: foliis elliptïcis, obtusis, subtus glaucis, pilosuisculis ; petalis obovalibus. 


Habitat in Virginia, Pensylvania, Carolina. 


Arbrisseau haut de six à douze pieds (4 mètres), quelquefois ram eux 
dès sa base, peu touffu; tronc cylindrique, de deux à trois pouces 
de diamètre (8 centimètres), recouvert d’une écorce grisâtre, 
presque lisse. 

Rameaux alternes, ouverts, souvent tortueux, cylindriques, nus infé¬ 
rieurement , feuillus à leur sommet. 

Feuilles alternes , pétiolées, rapprochées les unes des autres à l’ex¬ 
trémité des jeunes rameaux, longues de trois à cinq pouces (3 dé¬ 
cimètres) sur un ou deux (5 centimètres) de largeur, obtuses ou 
légèrement aiguës à la base et au sommet, glabres et d’un beau vert 
en-dessus, glauques en-dessous et parsemées de poils blancs très- 
visibles dans les jeunes feuilles. 

Pétioles longs d’environ un pouce (2 centimètres), cylindriques, 
glabres, légèrement charnus inférieurement. 

Fleurs terminales, d’un beau blanc, quelquefois jaunâtre; d’une 
odeur douce et agréable; solitaires, portées sur un pédoncule 
court, et renfermées avant leur développement dans une bractée 
ovale, caduque, verte et glabre en-dedans, et garnie extérieurement 
de poils soyeux. 

Calice composé de trois folioles ovales, obtuses, de même couleur 
que les pétales , qui tombent peu de temps après l’épanouissement 
de la fleur. 

Corolle ouverte, de deux à trois pouces (8 centimètres) de diamètre, 
formée de huit ou neuf pétales de forme ovale, obtus, longs d’un 
pouce, charnus, concaves intérieurement. 

Etamines nombreuses, attachées au bas de l’axe central qui supporte 
les ovaires; filets blancs très-courts, aplatis et terminés en pointe; 


io 4 MAGNOLIA GLAUCA. 

anthères oblongues, implantées au-dessous de la base, et dans les 
bords amin cis des filets. 

Pistil : ovaires nombreux, situés sur un axe central, terminés par un 
style très-court j stigmates charnus. 

Fruit: cône ové, long d’un à deux pouces (5 centimètres), composé 
d’un très-grand nombre de petites capsules bivalves, fixées à un 
axe central, et renfermant chacune une graine de couleur rouge. 


OBSERVATIONS. 

M. Michaux, dans le troisième volume de son ouvrage sur les arbres fores¬ 
tiers de l’Amérique septentrionale, a donné une figure réduite et la description 
du Magnolia glauca: avant cet auteur, Catesby et quelques autres botanistes 1 
avoient fait connoître cette plante; cependant je n’hésite pas d’en offrir une 
figure et une description nouvelles, parcequ’elle doit fixer plus particulière¬ 
ment qu’elle ne l’a fait jusqu’ici l’attention des cultivateurs. La figure que je 
donne du Magnolia glauca , à la planche XLH de cet ouvrage, est de grandeur 
naturelle, et représente très-fidèlement la plante dans toutes ses parties. 

Le Magnolia glauca est originaire de l’Amérique septentrionale ; on le trouve 
en Virginie, dans là Caroline, et en Pensylvanie: il aime les lieux chauds et 
humides ; et, suivant M. Michaux, il s’élève quelquefois jusqu’à quarante pieds 
(i4 mètres), et porte douze ou quatorze pouces de diamètre. 

Je cultive à Malmaison et à Navarre un très-grand nombre de Magnolia 
glauca : mais les plus élevés ont à peine douze pieds (4 mètres ), et ils semblent 
être arrivés au terme de leur végétation. Un climat plus méridional convient 
sans doute mieux à l’élévation du Magnolia glauca. Cependant je crois que si 
on se décidoit à cultiver en grand cette plante pour tirer parti de ses fleurs, il 
seroit bon de l’arrêter à six ou huit pieds ( a mètres) de hauteur, et de faire en 
sorte que chaque pied fût divisé en deux ou trois branches près du collet de 
ses racines. 

En 1786, M. le professeur Richard, parcourant les Antilles , à son retour 
de Cayenne, s’assura, étant à la Martinique, que la célèbre madame Amphou 
employoit les fleurs du Magnolia plumieri ' dans la fabrication de ses liqueurs, 
et il est présumable que l’onctuosité des liqueurs de la Martinique, si supé¬ 
rieure à celle des liqueurs des autres pays , est due à l’emploi de ces fleurs. 
Quoique le Magnolia plumieri doive être séparé du genre Magnolia et en for- 



MAGNOLIA GLAUCA. IO £ 

un nouveau ^ ainsi que 1 a très-bien observé M. de Jussieu les fleurs de cet 
deux plantes exhalent une odeur semblable et délicieuse, et contiennent une 
grande quantité d’huile essentielle. Il est évident, d’après cela, que nos liquo- 
nstes devraient employer les fleurs du Magnolia glauca dans la fabrication 
des liqueurs, puisque nous pouvons cultiver cette plante en plein air sous le 
climat de Pans, et mieux encore dans les départemens méridionaux de la 
France. 


J’ai déjà réuni plus de deux cents pieds de Magnolia glauca , et je me pro 
pose d’en augmenter encore le nombre. Je cultiverai en grand cette plante pré 
cieuse, convaincu, par les expériences que j’ai faitfaire en 181 a, que les liqueur: 
dans lesquelles on fera entrer ses fleurs auront un degré de supériorité incon 
testable sur toutes celles que l’on a faites en France jusqu’à ce jour 

Le Magnolia glauca donne des fruits mûrs dans le climat de Paris - il es 
d’ailleurs très facüe d’en faire venir des Etats-Unis ; et, dans le cas où quelque: 
cultivateurs ne pourroient pas se les procurer en France, il leur sera facile d( 
le multiplier par le moyen des marcottes, qui réussissent sur ce Magnolia auss 
bien que sur toutes les autres espèces du même genre. 


EXPLICATION DE LA PLANCHE LXII 






ERIC A VESTITA. 


Eeica: rainis ramnlisque virgatis, foliis octonis , sub setaceo-linearibns, interne pilosinscnli 
tremnbs; floribns axillaribus, infra ramulornm apicem spicato-aggregatis; corollis cylindrace 
tubulosis, snbarcnatis ; ovano snlcato, snperne pilosiusculo ; antheris muticis ; foliolis calycir 
interne ovalibus, snperne lineari-subulatis, glandulosis. 


Habitat ad Caput Bonæ Spei. 


Plante ligneuse, haute de trois à six pieds (x à deux mètres), 
presque entièrement glabre, recouverte d’une écorce grisâtre 
lisse ou parsemée de petites cicatrices résultant de la chute des 
feuilles. 

Rameaux verticillés, droits, rassemblés en faisceau, nus inférieure¬ 
ment, feuillus à leur sommet. 

Feuilles longues de 8 à xo lignes (2 centimètres), cylindriques, 
verticillées huit par huit, tremblantes, parsemées de poils courts 
intérieurement. 

Pétioles cylindriques, longs d’une ligne (2 centièmes de millimètre.) 

Fleurs en tube, d’un rouge brillant, disposées une à une dans les 
aisselles des feuilles, pédicellées et comme l'assemblées en épi un 
peu au-dessous du sommet des rameaux. 

Pédicelle alongé, portant une seule fleur, muni de trois petites 
bractées, dont une vers le milieu du pédicelle, deux autres oppo¬ 
sées à son sommet. 

Calice infère, formé de quatre folioles glabres, ovales dans leur 
moitié inférieure , linéaires et aiguës dans la supérieure 5 mar¬ 
quées en-dehors d’un sillon longitudinal, et garnies de petits 
points glanduleux sur les bords. 

Corolle tubulée, cylindrique, légèrement arquée, longue d’un pouce 
(2 centimètres), entièrement glabre, partagée à son limbe en 
quatre divisions ovales, obtuses, déprimées et un peu ouvertes. 



ERICA VESTITA. 107 

Etamines: huit, de même longueur, ou à-peu-près, que la corolle-, 
attachées autour d’un disque hypogyne, et alternes avec de petits 
corps glanduleux, verdâtres; filets cylindriques, droits et blancs 
dans leur moitié inférieure, arqués en-dedans et de couleur rose 
dans leur moitié supérieure; anthères jaunes, formées de deux 
loges réunies par leur base et écartées à leur sommet. 

Pistil: ovaire supère, plus étroit à la base qu’au sommet, marqué 
dans sa longueur de huit petites côtes saillantes, et garni de poils au 
sommet; style de couleur rouge, droit, plus long que la corolle; 
stigmate en forme de tête, déprimé, de couleur violette et comme 
partagé en quatre lobes. 

Fruit: non observé. 


OBSERVATIONS. 

La culture a produit beaucoup de variétés dans le genre Erica, et il est très- 
difficile aujourd’hui de déterminer les espèces de ce genre d’une manière pré¬ 
cise, si l’on n’a pas sous les yeux toutes les bruyères vivantes, ou au moins 
un très-grand nombre d’elles. . 

La plante que je viens de décrire, et dont je donne la figure à la planche 
XLTII, a été figurée parM. Andrews, sous le nom d 'Erica vestita coccinea , et 
le même auteur a donné huit variétés de cette espèce : j’en possède plusieurs 
dans la collection de Navarre et de Malmaison, et je crois qu’il sera facile d’en 
former différentes espèces, lorsque ces plantes auront acquis un degré de 
végétation parfaite dans toutes leurs parties. 


EXPLICATION DE LA PLANCHE XLIII. 

Fig- 1. Une partie de rameau indiquant les feuilles verticillées huit par huit. 2. Une feuille vue 

de trois quarts , et indiquant les poils dont elle est pourvue à sa face supérieure. 3. Id. vue par 
derrière. 4 . Calice, détaché de la corolle, supporté par son pédicelle. 5 . Etamines vues dans leur 
position naturelle. 6. Une étamine grossie, pour faire voir la forme des anthères. 7 . Pistil. ' 


ERICA PATERSONIA. 


Ebica : ramolis floriferis, infra caulis apicem confertis, pyramidatis ; foliis quatemis, filiformibus, 
incurvis; corollis abbreviato-tubulosis, rectis, laciniis obtusis, patentibus ; staminibus inclusis. 
antheris aristatis ; foliolis calycinis inferne ovalibus , superne filiformibus- 


Habitat ad Caput Bonæ Spei. 


Plante ligneuse, de deux à trois pieds (i mètre) de hauteur, rameuse 
et feuillue dès sa base5 rameaux droits, d’inégale longueur, garnis 
de ramillets courts, très-feuillus et imitant par leur disposition une 
pyramide. 

Feuilles quaternées, linéaires, ouvertes ej légèrement arquées en- 
dedans, longues de quatre à six lignes (1 centimètre), terminées 
en pointe, entièrement glabres. 

Fleurs tubulées, de couleur jaune, disposées deux par deux ou trois 
par trois, à-l’extrémité des jeunes rameaux, et imitant une pyra¬ 
mide par leur disposition. 

Pédicelle : uniflore, court, très-grêle, muni de trois bractées 
linéaires. 

Calice : composé de quatre folioles ovales à leur base, et scarieuses 
sur les bords-, linéaires dans leur partie supérieure. 

Corolle : tubulée, cylindrique, droite, longue de six à huit lignes 
(22 centimètres), partagée à son limbe, en quatre divisions obtuses, 
ouvertes et légèrement recourbées en-dehors. 

Etamines : huit, attachées autour d’un disque hypogyne5 filets droits, 
de couleur jaune5 anthères incluses terminées inférieurement et 
en-dehors par deux appendices filiformes. 

Pistil: ovaire sphérique, placé sur un disque charnu, marqué de 
huit petites côtes saillantes; style droit, un peu plus long que les 




ERIC A PATERSONIA. log 

étamines; stigmate petit, en forme de massue, et comme divisé en 
quatre lobes. 

Feoit : non observé. 


ORSERVATIONS. 

H est extrêmement rare de voir YErica patersonia dans les collections de 
f plantes vivantes. De même que le Protea argentea, cette espèce de bruyère et 

beaucoup d’autres plantes meurent au moment où elles offrent la plus belle 
végétation. 

Andrews a donné la figure de deux bruyères qu’il regarde comme des varié¬ 
tés de VErica patersonia; l’une, sous le nom de Patersonia coccinea ; et 
l’autre, sous celui de Patersonia major. Je n’ai pas vu ces deux dernières 
plantes vivantes ; mais, autant qu’il est possible d’en juger par les figures de 
M. Andrews, je suis porté à les considérer comme deux espèces très-distinctes, 
et je fonde mon opinion sur les différences que présentent les étamines, les 
folioles du calice, et enfin leur port. 

EEnca patersonia que je viens de décrire, et dont je donne une figure très- 
exacte a la planche XLIV, est bien certainement l’espèce primitive *. Elle fait 
partie de la collection des plantes de Navarre, où je l’ai fait dessiner en mai 

[ EXPLICATION DE LA PLANCHE XLIV. 

Fig. i. Un rameau de /’Erica patersonia, chargé de fleurs. 


1 Wild. Sp. pl. tom. II, p. 3 7 o. 


* 


ACACIA SUBULATA. 


Agacij. : inermis , foliis longo-lmearibus, apice subulatis ; floribus intercupte spicatis , spicis 
axillaribus , subsolitariis ; ramulis angulato compressis. 


Habitat in nova Hollandia. 


Plante ligneuse, sans épines-, haute de six pieds (2 mètres); tronc 
droit, de la grosseur du doigt indicateur, couvert d’une écorce lisse, 
de couleur verte et parsemée de petits tubercules grisâtres; rameaux 
alternes, droits ou légèrement ouverts ; cylindriques inférieure¬ 
ment, inégalement anguleux ou comprimés à leur sommet. 

Feuilles alternes, sessiles, linéaires, longues de quatre pouces (1 dé¬ 
cimètre) sur une ligne et demie de largeur au plus (3 centièmes de 
millimètre), terminées par une pointe aiguë. 

Fleurs jaunes, très-petites, disposées par petits groupes sphériques, 
et formant un épi linéaire, situé dans les aisselles des feuilles. 

Calice campanulé, partagé à son limbe en cinq petites dents droites, 
égales. 

Corolle deux fois plus grande que le calice, composée de cinq pé¬ 
tales lancéolés, tronqués à leur base, réfléchis. 

Étamines nombreuses, plus grandes que la corolle; filets de couleur 
jaunâtre, qui paroissent formés de nœuds comme les conferves, 
lorsqu’on les regarde avec la loupe; anthères ovales. 

Pistil : ovaire ovale, parsemé de poils; terminé par un style droit; 
stigmate obtus. 

Fruit : non observé. 


OBSERVATIONS. 

Oa cultive dans nos jardins trois espèces d 'Acacia très-distinctes, sous le 
nom d ’Acacia linifolLa. J’ai donné, à la planche XXV de cet ouvrage, une 




ACACIA SUBULATA. 

très-bonne figure de cette espèce, déjà représentée par quelques auteurs 
j offre, à la planche XL"V, la gravure d’une espèce très-voisine du Linfolia 
que je désigne sous le nom d Acacia subulata. La troisième espèce de ce genre 
confondue avec le Linifolia, est facile à distinguer des deux autres par se; 
feuilles linéaires, arrondies au sommet, terminées par une pointe molle, plu: 
longues que celles de 1 Acacia linifolia, et plus courtes que celles du subulata 
J’ai vu cette dernière espèce et l’ Acacia linifolia dans les jardins d’Angleterre 
où elles sont aussi confondues l’une avec l’autre. JL Acacia subulata dont j« 
donne ici la figure et la description n’existe, je crois, que dans les jardins de 
Malmaison et dans l’intéressante collection de M. Boursault ', que j’ai déjà eu 
occasion de recommander aux amateurs de plantes dans cet ouvrage. Ces 
nouvelles espèces sont probablement originaires de la nouvelle Hollande, et 
nous les devons à l’expédition du capitaine Baudin qui en a apporté les graines. 


EXPLICATION DE LA PLANCHE XLV 





LOBELIA EXCELSA. 


Lobelia: caille ereclo , snb simplici ; foliis lineari-lanceolatis ; spinuloso-denticulatis, inferne, 
angustatis, sabsessilibus ; floribus magais arcuatis ; corollæ Iaciniis supernecohærentibus. 


Habitat : Patria ignota. 


Plante vivace, laiteuse, haute de huit à dix pieds (3 mètres), glabre 
sur toutes ses parties; tige droite, cylindrique, de la grosseur du 
doigt médius; simple, un peu rameuse, feuillue depuis sa base jus¬ 
qu’au sommet; couverte d’une écorce luisante, de couleur verte. 

Feuilles éparses, rapprochées les unes des autres, droites ou étalées, 
membraneuses, longues de quatre à six pouces (5 centimètres) ou 
à-peu-près ; étroites inférieurement, larges de quatre ou six lignes 
(i centimètre) vers le sommet, marquées sur les bords de petites 
dents inégales, légèrement cartilagineuses et piquantes. 

Pétioles très-courts, un peu charnus, convexes en-dehors. 

Fleurs tubulées, de couleur rougeâtre, arquées, longues de deux 
pouces (5 centimètres), disposées une à une dans les aisselles des 
feuilles, pédicellées et comme rassemblées en épi. 

Pédicelle cylindrique, long de huit à dix lignes (a centimètres), 
uniflore et muni, vers son milieu, de deux bractées opposées, li¬ 
néaires, droites. 

Calice supère, campanulé, long de six lignes (i centimètre), légère¬ 
ment oblique à sa base, partagé jusque vers son milieu en'cinq 
divisions linéaires, droites, aiguës au sommet, écartées les unes des 
autres à la base. 

Corolle en forme d’arc, comprimée sur les côtés, fendue très-pro¬ 
fondément en-dehors, partagée à son limbe en cinq divisions li¬ 
néaires, toutes réunies par leurs bords. 

Etamines: cinq, attachées à la base de la corolle; filets distincts, infé¬ 
rieurement membraneux, ciliés sur les bords et réunis dans le reste 


LOBELIA EXCELSA. n 3 

de leur longueur en un tube cylindrique ; anth ères droites, linéaires, 
réunies par leurs bords, et s’ouvrant longitudinalement en-dedans: 
de ces anthères, trois sont garnies de poils dans leur longueur, et 
en sont dépourvues au sommet; les deux autres, au contraire, sont 
terminées par un faisceau de poils très-épais et entièrement glabres 
en-dehors. 

Pistil: ovaire infère, déprimé, terminé par un style plus long que les 
étamines; stigmate bilamellé, légèrement charnu et enveloppé par 
un involucre velu qui tombe avant la maturité du pollen. 

Fruit: non observé. 


OBSERVATIONS. 

La nouvelle espèce de Lobelia que je viens de décrire m’a été envoyée d’An¬ 
gleterre en 1812, sous le nom de Lobelia gigantea. Mais elle ne se rapporte 
nullement à l’espèce de ce nom décrite et figurée par Cavanilles Notre 
plante a beaucoup plus d’analogie avec une espèce inédite de ce genre que 
possède M. Richard, et qu’il a apportée de Cayenne. 

J’ai donné à cette nouvelle plante le nom de Lobelia excelsa, à cause de la 
grandeur énorme de sa tige, que j’ai vue s’élever, sur le seul pied vivant de 
cette plante qui existe à Malmaison, à la hauteur de huit ou dix pieds. Le 
Lobelia excelsa ne se trouve dans aucune des riches collections de plantes 
sèches et vivantes qui sont à Paris. Malmaison seul le possède, et l’a vu fleurir 
en juin i8i3. La force de sa végétation et la beauté de ses fleurs méritent de 
fixer l’attention des botanistes et des cultivateurs, et leur faire rechercher cette 
nouvelle espèce pour l’ornement de leurs serres. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XLVI. 

Fig. 1. TJnefleur dont on a ôté la corolle , pour faire voir la forme et la disposition des étamines. 
2. Pistil. 3. Stigmate vu après la fécondation , et couvert de pollen. 





PÆ O TN IA ALBIFLORA FLORE PLENO. 


PiiosiA : canle herbaceo, foliis glaberrimis, nitxdis, snperioribus simplicibos termsve, mferionbus 
biternatis ; foUolis ovali-lanceolatis ; petalis l.nearibus oblongisTe, apïce inæqualiter dentatis Tel 
partîtis; capsolis recorvatis, pilosis. 


Habitat in Siberia. 


Plante vivace, haute de trois pieds (i mètre), glabre sur presque 
toutes ses parties; produisant, du collet de sa racine, plusieurs 
tiges de la grosseur du petit doigt, cylindriques, et d’un rouge 
plus ou moins foncé. 

Feuilles alternes, longues d’un pied ( 3 décimètres) 5 biternées, ex¬ 
cepté les supérieures, qui sont simples ou ternées-, chaque foliole 
a une forme lancéolée, l’intermédiaire seule est bi ou trilobée-, 
toutes sont d’un vert foncé, luisantes en-dessus, d’un vert pâle en- 
dessous et marquées de veines très-nombreuses. 

Pétiole commun, long de deux à trois pouces (7 centimètres), ren¬ 
flé à sa base, creusé en gouttière intérieurement5 pétioles partiels 
plus courts et plus minces que le pétiole commun, légèrement 
comprimés sur les côtés, convexes en-dehors, creusés intérieure¬ 
ment en gouttière. 

Fleurs terminales, doubles, d’un blanc de neige, de quatre à cinq 
pouces (5 centimètres) de diamètre et d’une hauteur égale. 

Calice infère, généralement formé de trois folioles orbiculaires, d’in¬ 
égale grandeur, réfléchies, concaves, échancrées au sommet et 
souvent munies d’une pointe molle. 

Corolle composée d’un grand nombre de pétales longs d’un pouce et 
demi à deux pouces (5 centimètres) de largeur et de forme inégales ; 
les intérieurs sont, en général, linéaires, entiers, et rarement divi¬ 
sés en deux à leur sommet; les extérieurs, plus larges, sont tantôt 
oblongs, tantôt cunéiformes, inégalement divisés à leur limbe, et 
quelquefois teints d’une légère couleur rose. 


PÆONIA ALBIFLORA. n 5 

Etamines très-nombreuses, plus courtes que les pistils, attachées sur 
un réceptacle légèrement convexe qui entoure les ovaires-, filets 
courts, blancs; anthères jaunes, droites linéaires, co mm e tournées 
en spirale, s’ouvrant sur les côtés. 

Pistil : trois ou cinq ovaires, comprimés , d’un rose vif, et recouverts 
d’un très-grand nombre de poils blancs, doux au toucher ; style 
nul; stigmate alongé, membraneux, de couleur rouge, convexe en- 
dehors, sillonné en-dedans. 

Fruit : trois ou cinq capsules de même forme et de même couleur 
que les ovaires, mais plus grosses, uniloculaires , convexes en- 
dehors, applaties en-dedans, et marquées d’un sillon longitudinal 
par où elles s’ouvrent. Graines au nombre de six ou huit, fixées 
aux bords internes des valves sur une seule ligne, ovales, blanches, 
et comme implantées sur un réceptacle charnu. 


OBSERVATIONS. 

Le Pœonia albijlora ' est originaire de Sibérie. En 1784, il a été porté en 
Angleterre, où on en cultive plusieurs variétés. Cette plante est encore rare 
aujourd’hui dans les jardins, et ce n’est qu’en 1811 que j’ai pu me procurer la 
variété à fleurs doubles dont je donne la figure à la planche XL VII. 

M. Boursault, dans un voyage qu’il vient de faire à Londres, s’est procuré 
un grand nombre de plantes, parmi lesquelles on voit le Pœonia albijlora à 
fleurs simples, la variété à fleurs doubles dont je donne la figure, et deux 
autres variétés de la même plante, qui manquoient à nos collections. 

Le Pœonia albijlora à fleurs simples est facile à distinguer de ses variétés: 
i° par ses tiges, plus basses et plus feuillues ; 2“ par ses feuilles, plus courtes, 
d’un vert plus foncé, ainsi que par ses folioles, plus larges et plus consistantes ; 
3° par ses fleurs simples ; 4° enfin par ses ovaires, qui sont glabres, tandis qu’ils 
sont constamment couverts de poils dans toutes les variétés. 

Le Pœonia albijlora , et sur-tout ses variétés, méritent l’attention des culti¬ 
vateurs, et sont dignes d’occuper le premier rang parmi nos plantes d’agré¬ 
ment. Leurs fleurs, qui contrastent agréablement avec celles de nos pivoines 
ordinaires, sont d’un blanc de neige pur, ou jaunâtre, ou mêlé de rose. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XL VIL 

Une branche du Pæonia aibiflora. 




BANKSIA. 

TETRANDRIA monogynia. Linn. 

ORDO îsATTJRALIS, PROTEACEÆ. Juss. 

CHARACTER GENERICUS. 


Vid. R. Brown. Prodrom. floræ novæ Hollandiæ, pag. 3g i. 


SPECIES. 

BANKSIA MARCESCENS. 


Banksia: foliis subcuneiformibus, planis, sparsis, truncatis; subtus leviter tomentosis, extra 
medium dentato-serratis , basi acutiusculis; ramulis tomentosis; perianthiis persistentibus 
folliculisque glabris. 


Habitat in nova Hollandia. 


Arbrisseau haut de huit à dix pieds (3 mètres), d’un port très-agréa¬ 
ble-, tronc droit, cylindrique, divisé à trois ou quatre pieds (i mè¬ 
tre) du collet de sa racine, couvert d’une écorce grisâtre, presque 
lisse. 

Rameaux opposés, ouverts, nus inférieurement, feuillus à leur som¬ 
met, et couverts d’un duvet tomenteux, peu épais, de couleur 
roussâtre. 

Feuilles éparses, quelquefois alternes ou opposées, en forme de 
com ou à-peu-près, tronquées au sommet, longues d’un pouce et 
demi à deux pouces ( 5 centimètres), légèrement coriaces, souvent 
entières dans leur moitié inférieure, inégalement dentées dans leur 
moitié supérieure , glabres en-dessus , couvertes en-dessous d’un 
duvet tomenteux, blanchâtre et un peu épais. 



B AN KSI A MARCESCENS. 117 

Pétiole très-court, convexe en-dehors. 

Fleurs jaunes, très-nombreuses, formant par leur réunion un chaton 
sphérique ou oblong, sessile et attaché sur les rameaux de deux ou 
trois ans. 

Calice profondément divisé en quatre parties linéaires, droites, re¬ 
courbées vers le sommet, élargies et légèrement concaves pour re¬ 
cevoir les étamines. 

Corolle : il n’y en a pas. 

Etamines : quatre, attachées au-dessous de la partie concave des divi¬ 
sions du calice -, filets très-courts ; anthères droites. 

Pistil: ovaire, ovale, pubescent, comme plongé dans un duvet 
soyeux, roussâtre, droit, très-dense et attaché à l’axe du chaton 5 style 
droit, plus long que le calice-, stigmate en massue, de forme ovale. 

Fruit : non observé 3 ovaire divisé intérieurement en deux loges sé¬ 
parées par une cloison membraneuse, et renfermant chacune une 
graine. 


OBSERVATIONS. 


Les Protéacées sont, pour la plupart, originaires de la nouvelle Hollande ; 
on en trouve aussi au Cap de Bonne Espérance et dans les régions tempérées 
du Pérou et du Chili. Presque toutes les plantes de cet ordre sont des arbris¬ 
seaux qui présentent des formes bizarres et dont les fleurs sont, en général, 
d’une beauté éclatante. 

Le voyage d’Entreeasteaux et l’expédition du capitaine Baudin ont enrichi 
nos serres d’un nombre considérable de ces plantes ; mais peu d’elles ont encore 
acquis assez de force pour nous donner des fleurs avec tout le développement 
dont elles sont susceptibles. De tous les jardins, celui de Kew est, sans con¬ 
tredit, le plus riche en Protéacées. La plupart des espèces de cet ordre y sont 
aussi belles que dans leur pays natal ; elles y portent des fleurs aussi grandes ; 
mais les fruits n’y parviennent jamais au degré de maturité qui est nécessaire 
pour leur reproduction. 

Le Protea marcescens , dont je donne la figure à la planche XL VIH, est 


Il8 banksia marcescens. 

encore très-rare dans nos jardins. Malmaison et Navarre possèdent plusieurs 
pieds de cette belle plante, dont deux sont déjà très-grands. En 1810, ils ont 
fleuri pour la première fois, et c’est sur un de ces individus que j’ai fait faire le 
dessin dont j’offre ici la gravure. Depuis cette époque, ils ont fleuri dans leur 
saison, et chaque année le chaton de leurs fleurs devient plus grand et plus 
développé. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XLVIII. 

Fig. i. Unefleur entière. 2. Un ovaire. 3. Une division du calice avec l’ètamine qui est attachée à 
la hase de sa partie intérieure. 4. Id. id. dont T étamine s’écarte apres T émission de son pollen. 
5. Pistil. 6. Les deux ovules, dépourvues de leur enveloppe, et séparées l’une de l’autre par une 


IXORA. 

ordo NATCRALis, RUBIACEÆ. Juss. 
TETANDRIA moxogyma. Linn. 

CHARACTER GENERICUS. 

Vid. Joss. Gen. plant, p. ao3. 


SPECIES. 

IXORA SPECIOSA. 


Ixora : foliis brevi petiolatis, oblongis, utrinque acutis ; umbellis compositis, terminalibus ; 
laciniis, limbi corollæ ovalibus, obtusis. 


Habitat in India orientali. 


Plante ligneuse, haute d’un à deux pieds (6 décimètres), généra¬ 
lement divisée dès le collet de sa racine -, tiges cylindriques de la 
grosseur du petit doigt, recouvertes d’une écorce gercée, de cou¬ 
leur très-brune. 

Rameaux opposés, droits, grêles, d’un rouge plus ou moins vif, feuil¬ 
lus, entièrement glabres. 

Feuilles opposées, en croix, presque sessiles, d’un vert luisant, légè¬ 
rement coriaces, très-entières, longues de deux à trois pouces ( 8 
centimètres) sur un pouce et quelques lignes (2 centimètres) de 
largeur. 

Stipules: deux, opposées, plus larges que longues, réunies par leur 
bord en manière de gaine, et terminées par une pointe en forme 
d’aleine, comprimée à sa base en manière de crête et naissant en- 
dehors un peu au-dessous du bord supérieur, qui est très-obtus. 







I2Q IXORA SPECIOSA. 

Fleurs d'un beau rouge, situées à l’extrémité des jeunes rameaux et 
formant par leur disposition une ombelle composée. 

Calice supère, très-petit, d’un rouge plus vif que les corolles, partagé 
à son limbe en cinq petites dents droites et obtuses. 

Corolle : hypocratériforme , longue d’un pouce ( 2 centimètres ) 5 
tube droit, grêle, cylindrique-, limbe ouvert, partagé en quatre di¬ 
visions arrondies. 

Etamines: quatre, attachées à la gorge de la corolle et alternes avec 
ses divisions 5 filets de couleur rouge, presque nuis; anthères ovales, 
biloculaires, introrses, attachées en-dehors un peu au-dessus de leur 
base, légèrement bilobées inférieurement, terminées au sommet 
par une pointe très-fine; poussière jaune. 

Pistil: ovaire infère, sphérique; style filiforme, de même couleur 
que la corolle et de la longueur de son tube; stigmate en massue, 
légèrement fendu au sommet. 

Fruit: non observé. 


OBSERVATIONS. 

Nous cultivons depuis long-temps la plante que je viens de décrire dans tous 
nos jardins, et elle y est encore généralement connue sous le nom Slxora 
coccinea. Curtis, à la planche XXXIX de son BotanicalMagazine, en a donné 
une figure sous ce nom, qu’elle conserve dans tous les jardins d’Angleterre 
que j’ai eu occasion de visiter. Voyant cette belle plante en fleur pour la pre¬ 
mière fois, en mai 1809, dans les serres de Malmaison, et consultant les 
divers auteurs 1 qui parlent de Ylxora coccinea je me suis assuré que l’on 
confondoit plusieurs espèces différentes sous ce nom. Le professeur Wilde- 
now, quelques années après, fit la même observation, et il a publié depuis 
cette nouvelle plante sous le nom d’ixoro speciosa 2 . Je cultive à Malmaison 
quatre espèces de ce genre , savoir : YIxora speciosa, dont je donne ici la des¬ 
cription et une figure très-exacte à la planche XLIX ; YIxora coccinea, qui n’a 


1 W. Sp. pl. 1.1, p. 609. 

2 W. Enum. pl. Horti Berol. 1.1, p. 167. 



IXORA SPECIOSA. I21 

pas encore acquis un degré de développement parfait; YIxora alba et une 
nouvelle espèce qui n’a encore été citée dans aucun catalogne. 

Les 1 -xora sont tous originaires de pays chauds, et demandent une culture 
très-soignée. Comme les Gardénia , il faut les mettre dans des bâches d’une pe¬ 
tite dimension, et leur donner beaucoup de chaleur et d’humidité. VIxora spe- 
ciosa est une très-belle plante d’ornement qui mérite les soins des cultivateurs. 
VIxora coccinea en diffère essentiellement par ses feuilles aiguës au sommet, 
légèrement échancrées à la base, et par les divisions de ses corolles, qui sont 
aiguës. ^ 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XLIX. 

Une branche de /’Ixora speciosa. 


' 


elæocarpus. 

ORBO HATDBAUS, TILIACEÆ. Juss. ‘ 
POLYANDRIA monogynia. Linn. 

CHARACTER GENERICUS. 

Vid. Gaert. de Fruct. et Semin. 1.1. p. 202 .. tab. 43. 

SPECIES. 

ELÆOCARPUS ACUMINATUS. 

Elaeocakpcs : foliis altérais, longiuscule petiolatis, oblongis, æqualiter serratis, subtus 


Habitat in nova Hollandia. 


Plante ligneuse, haute de six pieds (2 mètres), entièrement glabre; 
tige droite, recouverte inférieurement d’une écorce grisâtre ; divisée 
à son sommet en plusieurs branches peu ouvertes, cylindriques, 
d’un rouge très-foncé, parsemées $le tubercules peu sensibles. 

Feuilles alternes, longues de trois ou quatre pouces (x décimètre) 
sur un pouce et demi de largeur (4 centimètres), dentées en scie, 
aiguës et entières inférieurement, acuminées au sommet, glabres 
et d’un vert brillant en-dessus, plus pâles en-dessous et marquées 
d’un réseau formé par la saillie des nervures. 

Pétiole long de trois à quatre lignes (x centimètre), sillonné inté¬ 
rieurement, légèrement renflé à la base et au sommet. 

Stipules: deux, opposées, près la base de chaque pétiole, très-petites, 
de couleur rougeâtre, appliquées sur les rameaux et persistantes. 


1 . du Musét 


1.1. II, p. 233. 





ELÆOCARPUS ACUMINATUS. iz5 

Grappes situées sur les rameaux de deux ou trois ans, garnies d un 
petit nombre de fleurs blanches, et réfléchies. 

Calice infère composé de cinq folioles, caduque, d’un blanc terne. 

Corolle un peu plus longue que le calice, composée de cinq pétales 
blancs, partagés à leur limbe en un grand nombre de divisions. 

Étamines hypogynes, au nombre de trente ou environ, disposées 
sur deux rangées, beaucoup plus petites que la corolle, velues5 
filets droits, plus courts que les anthères, terminés par une pointe 
très-aiguë5 anthères adnées, linéaires, de couleur grisâtre. 

Pistil: ovaire supère, glabre, divisé intérieurement en deux loges, 
entouré à sa base d’un corps charnu de couleur jaune et marqué 
de dix petits tubercules-, style blanc, droit-, stigmate aigu. 

Fruit : droupe ovoide, longue de six lignes ( 1 centimètre), renfer¬ 
mant un noyau de même forme marqué extérieurement de ru¬ 
gosités et contenant dans son intérieur deux ou plusieurs graines 
ovales, droites, attachées parleur extrémité interne et inférieure, 
et munies d’un embryon droit et cylindrique. 


OBSERVATIONS. 

Cette nouvelle espèce ^Elœocarpus est originaire de la nouvelle Hollande, 
d’où elle a été apportée par l’expédition du capitaine Baudin. Malmaison pos¬ 
sède un seul pied de cette plante, qui a donné des fleurs pour la première fois 
pendant le mois de mai 1811. 

L ’Elœocarpus acuminatus diffère essentiellement de l’ Elœocarpus dentatus 
et du serratus, dont j’ai vu des échantillons dans l'herbier de M. de Jussieu 
et dans celui du Muséum. 

C’est probablement la même plante que je viens de voir figurée à la planche 
1737 du Botanical Magazine, sous le nom d’ Elœocarpus cyaneus. 

M. de Jussieu avoit d’abord placé le genre Elœocarpus près des orangers et 
des guttifères mais dans un mémoire imprimé depuis quelques années*, 


1 Gen. pl. p. n58. 
a Ann. du Muséum, vol. XI. 



i2 4 elæocarpus acuminatus. 

il a justement pris ce genre pour le type dune nouvelle famille, à laquelle 
il a donné le nom d ’Elœocarpées. Dans ce mémoire, M. de Jussieu fait des 
rapprochemens très-justes sur plusieurs genres qui doivent entrer dans sa 
nouvelle famille; mais le manque presque absolu de fruits ne lui a pas permis 
d’assigner le caractère positif de cette famille et des genres qui la composent. 
Ce travail, très-important pour la science, ne pourra être fait que lorsque nous 
aurons vu un assez grand nombre d’espèces en fleurs et en fruits de cette nou¬ 
velle famille. Je me bornerai ici à quelques considérations sur le caractère du 
genre Elæocarpus , à la description exacte de l’espèce que j’ai vue vivante, et à 
dire que je regarde l’ Elæocarpus monocera de Cavanilles ' comme appartenant 
véritablement au genre Elæocarpus. D’après l’examen que j’ai fait des espèces 
de ce genre, on doit y rapporter toutes les plantes qui auront un calice com¬ 
posé de cinq folioles; une corolle formée de cinq pétales, partagés à leur limbe 
en plusieurs divisions; trente étamines ou à-peu-près disposées sur deux ran¬ 
gées, attachées entre un disque hypogyne et l’ovaire, terminées en pointe, et 
munies d’anthères fixées dans toute leur longueur un peu au-dessous du som¬ 
met des filets; un pistil simple, entouré à sa base d’un disque marqué de 
petits tubercules charnus ; une droupe ovoide renfermant un noyau couvert 
d’aspérités contenant au moins deux graines droites fixées par leur bord infé¬ 
rieur et intérieur, et dont l’embryon est droit et filiforme. 

Comme la plupart des végétaux de la nouvelle Hollande que nous cultivons, 
1 Elæocarpus acuminatus passe l’hiver dans l’orangerie. C’est une plante d’un 
beau feuillage, curieuse par la disposition et la forme de ses fleurs, mais diffi¬ 
cile à cultiver. Les fruits qui n’ont pas encore acquis un degré parfait de ma¬ 
turité sont de couleur verte extérieurement et couleur de carmin intérieu¬ 
rement. Dans de jeunes fruits j’ai vu positivement deux graines séparées par une 
cloison ; mais, comme cette cloison semble disparoître dans les fruits plus avan¬ 
cés , je n’ose prononcer si le noyau est à une ou à plusieurs loges. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE L. 

Fia. i. Une foliole du calice, o.. Unpétale. 3. Unefleur dont on a ôtéle calice et la corolle pour 
faire-noir la disposition des étamines et du pistil. 4. Une étamine. 5. Le pistil. 6. Un fruit de dix- 
huit mois qui n’a pas encore acquis un degré parfait de maturité. 7 . Idem , grossi et coupé transver¬ 
salement pour faire -voir sa structure intérieure. 8. Une graine séparée pour faire voir sa forme et le 
point par lequel elle est fixée. 9. Idem , coupée verticalement indiquant la forme et la direction de 


1 Cavan. Icon. vol YI, 





HOVEA. 

ORDO NATURALIS, LEGUMINOSÆ. Juss. 
DL4DELPHL4 decandria. Ttn jv 

CHARACTER GENERICUS. 

Vid. Hort. Kew. edit. 181a, vol. IV, p. Brown, mss. 

SPECIES. 

HOVEA CELSI. 


Hovea : ramulis teretibus, foliis lanceolatis, subrhombeis, apice obtusis, mucronatis ; pedunculis 
axillaribus, multifloris ; calyce bracteisque pilosiusculis. 


Habitat in nova Hollandia. 


Plante ligneuse, haute de quatre à six pieds (2 mètres)-, tronc droit, 
cylindrique, de la grosseur du petit doigt, couvert d’une écorce 
grisâtre, légèrement gercée, divisé à deux ou trois pieds ( 1 mètre) 
au-dessus du collet de sa racine. 

Rameaux alternes, très-nombreux, plusieurs fois divisés, penchés à 
leur sommet, cylindriques, glabres inférieurement et souvent par¬ 
semés de poils à leurs extrémités. 

Feuilles alternes, ouvertes ou penchées, légèrement coriaces, lon¬ 
gues d’un à deux pouces (5 centimètres) sur huit ou dix lignes de 
largeur (2 centimètres), planes, presque rhomboïdes, obtuses à la 
base et au sommet, et terminées par une pointe molle; entièrement 
glabres, excepté à l’époque de leur développement, où elles sont 
parsemées de poils en-dessous. 


Ia6 HOVEA CELSI. 

Pétiole cvlindrique, long de deux à trois lignes (5 centièmes de 
millimètres. ) 

Fleurs papillonacées d’un beau bleu, situées dans les aisselles des 
feuilles, et portées sur un pédoncule commun. 

Calice bilabié, pubescent, pourvu à sa base de deux petites bractées 
opposées; lèvre supérieure plus courte que l’inférieure, et partagée 
en trois dents égales et droites-, l’inférieure est pliée longitudinale¬ 
ment en manière de carène, très-large, obtuse, et légèrement 
échancrée. 

Corolle polypétale; étendard ouvert, plus grand que les ailes et la 
carène, presque rond, terminé à sa base par un onglet très-court, 
échancré au sommet, marqué intérieurement d’une tache blanche, 
verdâtre au centre ; carène formée de deux pétales plus petits que 
les ailes qui la recouvrent. 

■ Etamines : dix, réunies par leur base en un tube membraneux, fendu 
antérieurement dans sa longueur; filets très-courts; anthères de 
couleur jaune, sphériques, s’ouvrant en-dehors. 

Pistil: ovaire pédicellé, ovale, légèrement comprimé sur les côtés; 
style arqué, stigmate en tête. 

Fruit : gousse membraneuse, renfermant en général deux graines. 


OBSERVATIONS. 

Le genre Hovea est peu connu, peu nombreux en espèces, et son caractère 
générique, ainsi que celui d’un grand nombre de Légumineuses exotiques, n’est 
probablement pas bien fixé. Je crois cependant qu’il sera facile d’établir ce ca¬ 
ractère sur la forme du calice, sur la disposition des étamines, et sur le 
fruit lorsqu on aura vu plusieurs espèces garnies de fleurs, et de fruits 
mûrs. 

Je cultive depuis 1812 un pied de XHovea lanceolata 1 que j’ai obtenu de 
graines envoyées d Angleterre. La nouvelle espèce de ce genre que je publie 




HOVEÀ celsi. 22 7 

aujourd'hui est due à M. François Cels -, auquel je la dédie. M. Cels a obtenu 
cette plante de graines apportées de la nouvelle Hollande par l’expédition du 
capitaine Baudin, et il y a déjà deux ans quelle a fructifié dans l’une de ses 
bâches tempérées. 

LHovea celsi est un très-joli petit arbrisseau ; U se couvre d’un grand nom¬ 
bre de fleurs d’une belle couleur bleue ou violette, et mérite l’attention des 
cultivateurs pour l’ornement des bâches et des serres tempérées. 


EXPLICATION DE LA PLANCHE LI. 


Pic. i. Lespétales détachés du calice. 2. Calice -vu par derrière et mut 
5. Unfruit non développé. 6. Une feuille. 


ni de ses deux 1 
les réunit en i 




' M. François Cels est un de nos pépiniéristes les plus distingués : c'est 
dont Ventenat avoit commencé à publier le Jardin, M. F. Cels continue 
pere au Petit-Mont-Kouge, prés Paris, il y a fait des augmentations dignes 
amateurs de plantes et par les cultivateurs les plus habiles. 


le fils du célèbre Cels, 
; l’établissement de son 
> d’être admirées par les 



bossiæa. 

OPiDO NATÜBAXIS, LEGUMINOSÆ. Juss. 
DIADELPHL4 decandria. Linn. 

CHARACTER GENERICUS. 

Yid. Yentenat Desc. pl. nov. I, pag. 7. 

• SPECIES. 

BOSSIÆA COCCINEA. 

ssiaea: foliis altérais, ovalibns, ramulisque pilosiusculis, apice roucronatis 
pedunculis axillaribus solitariis, unifloris, superne bibracteatis. 


Habitat in nova Hollandia. 


Petit Arbrisseau élevé d’un à deux pieds (6 décimètres) , ram eux dès 
sa base, à tige et à rameaux cylindriques et glabres-, rameaux alter¬ 
nes , nus inférieurement, feuillus à leur sommet, couverts de poils 
blancs très-nombreux, et rapprochés les uns des autres. 

Feuilles alternes ovales, longues de six lignes (1 centimètre), ouver¬ 
tes, souvent réfléchies, garnies de poils qui sont en plus grand 
nombre sur la face inférieure que sur la supérieure, et terminées 
par une pointe molle assez longue. 

Pétiole très-court, tomenteux, cylindrique, muni sur chacun de ses 
côtés d’une petite bractée filiforme. 

Fleurs disposées une à une dans les aisselles des feuilles et portées 
sur un pédoncule grêle, muni au sommet de deux petites stipules 
en forme de cœur ciliées sur les bords. 


BOSSIÆA COCCINEA. 129 

Calice membraneux, partagé à son limbe en deux lèvres dont la su¬ 
périeure , plus large, est légèrement divisée en deux lobes obtus, 
et 1 inférieure en trois petites dents égales et réfléchies à leur 
sommet. 

Corolle papillonacée de couleur jaune et rouge, de même grandeur 
à-peu-près que les feuilles; étendard réfléchi, échancré au sommet, 
plus large que long, marqué intérieurement et vers sa base d’une 
tache rouge, de forme semi-lunaire; ailes droites, plus courtes que 
la carène; carène droite, de couleur rouge, formée de deux pétales 
qui couvrent les étamines et le pistil. 

Étamines: dix, réunies inférieurement en un tube membraneux, 
comprimé sur les côtés et fendu en-dehors dans toute sa longueur; 
anthères sphériques, de couleur jaune, s’ouvrant sur le côté en 
deux loges. 

Pistil : ovaire linéaire, stipité; style arqué; stigmate aigu. 

Fruit: gousse membraneuse, portée sur un long pédicelle, renfer¬ 
mant en général quatre graines. 


OBSERVATIONS. 

Le genre Bossiœa a été établi par Ventenat, et tous les botanistes qui ont 
écrit depuis lui l’ont adopté. Nousne-connoissons encore que très-peu d’espèces 
de ce genre, et toutes sont originaires de la nouvelle Hollande. Les calices et 
quelques autres organes des Bossiœa ont beaucoup de ressemblance avec ceux 
des Hovea, des Aotus et de plusieurs espèces d e. Platylobium; ce qui me fait 
présumer que les caractères de tous ces genres ont besoin d’être examinés de 
nouveau. 

Le Bossiœa coccinea dont je donne la figure à la planche LU est originaire 
de la nouvelle Hollande. Je le cultive à Malmaison depuis 1811 ; il a fleuri tous 
les ans, mais il n’a pas encore fructifié. Comme toutes les plantes de la nou¬ 
velle Hollande, cette espèce doit être cultivée dans la serre tempérée. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE LII. 

Fig. 1. Pétales séparés et placés de manière à ce qu’on distingue la forme de chacun d’eux. 
2. Calice supporté par son pédicelle pour faire noir la position des stipules, la forme du calice, et la 


DUVALIA. 

OR.DO ïfATURALIS, LEGUMINOSÆ. Juss. 
DIADELPHIA decaadria. Linn. 

CHARACTER GENERICUS. 

Habitus : frutex crotallariæ similis habita; rami altérai longitudinaliter 
sulcati pilosiusculi; folia alterna ternata, p étiola ta ; foliolis obcordatis 
mucronulatis; stipulæ subulatæ ad basim petiolorum persistentes; 
florum corymbus terminalis. 

Florescêntia : calyx basi intrusus, limbo quinque dentatus, dentibus 
obtusis, rectis æqualibus, persistens. 

Corolla papillonacea ; vexillum reflexum subrotundum emargi- 
natum ; alæ oblongæ carina appressæ , apice rotundatæ ; carina 
arcuata, bipetala. 

Stamina ; filamenta decem connata cum fissura dorsali, subæqualia ; 
antheræ biloculares globosæ. 

Pistillum ; ovarium lineare, sessile ; Stylus brevis arcuatus; stigma 
acutum. 

Pericarpium : legumen lineari-oblongum subtorulosum bivalve, poly- 
spermum, coriaceam. 

Semina reniformia. 

SPECIES. 

DUYALIA OXALIDIF OLI A. 


Dcvalia: ramulis sulcatis pilosiusculis ; foliis ternatis obcordatis mucronulatis glaucescentibus; 
corymbo terminali. 


Habitat in nova Hollandia. 


Plante ligneuse, haute de quatre ou six pieds (a mètres); tronc 


DUVALIA OXALIDIFOLIÀ. i3i 

droit, cylindrique, recouvert d’une écorce grisâtre, divisée seule¬ 
ment vers le sommet. 


Rameaux alternes, ouverts ou réfléchis, marqués longitudinalement 
de côtes saillantes, parsemés de quelques poils et couverts d’une 
épiderme rougeâtre. 

Feuilles alternes de couleur glauque, ternées, rapprochées les unes 
des autres et portées sur des pétioles cylindriques longs de quatre 
lignes (i centimètre), pubescens; folioles longues de huit ou dix 
lignes (2 centimètres) , échancrées en manière de cœur à leur som¬ 
met et pourvues d’une petite pointe molle. 

Stipules: foliformes et persistantes, disposées une à une à la base et 
de chaque côté des pétioles. 

Fleurs d’une belle couleur rose, disposées en corymbe à l’extrémité 
des j eunes rameaux. 


Calice en forme de cloche, membraneux, persistant, enfoncé à sa 
base, partagé à son limbe en cinq dents, droites, obtuses et égales. 


Corolle papillonacée-, étendard penché arrondi, plus grand que les 
ailes et la carène, légèrement échancré au sommet et marqué à sa 
base interne d’une tache blanche; ailes droites obtuses et plus lar¬ 
ges au sommet qu’à sa base; carène arquée, composée de deux 
pétales aigus au sommet plus étroits que les ailes. 


Etamines dix presque égales ; filets réunis dans leur moitié inférieure 
et formant un tube mèmbraneux ouvert en-dessus dans toute sa 
longueur ; anthères sphériques formées de deux loges. 


Pistil : ovaire linéaire, sessile, terminé par un style arqué; stigmate 
aigu. 


Fruit: gousse linéaire, alternativement renflée, longue de deux 
pouces ( 5 centimètres) et renfermant généralement cinq ou six 
graines réniformes. 

OBSERVATIONS. 


J’ai dédié le nouveau genre que je viens de décrire à M. Duval, médecin et 
botaniste distingué. M. Duval est mort il y a deux ans victime de son zèle pour 


l3a düvalia oxalidi folia. 

l’étude de la médecine. Pendant dix années consécutives il avoit suivi les sa¬ 
vantes leçons deM. Richard à l’Ecole de Médecine, et U les avoit rédigées avec 
un soin particulier. En 1808 il publia l’abrégé de ses leçons '. Cet abrégé,im¬ 
primé sous les yeux de M. Richard, renferme presque toutes les idées de notre 
illustre professeur sur l’analyse du fruit, et compose un des ouvrages les plus 
importans parmi ceux imprimés de nos jours sur la botanique. 

Le genr e. Duvalia. est probablement originaire de la nouvelle Hollande, d’où 
les graines nous auront été apportées par l’expédition du capitaine Raudin. Ce 
nouveau genre a tout le port des Crotallaria, mais il en diffère essentiellement 
par son fruit, qui n’est pas renflé, et par d’autres caractères de moins d’im¬ 
portance. Cette plante ne se trouve dans aucun des herbiers de France et d’An¬ 
gleterre. On ne la trouve non plus dans aucune collection de plantes vivantes, 
excepté à Malmaison, où je la cultive depuis 1808, et où elle a donné des 
fruits mûrs en i8i3. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE LIII. 

Fie. r. Corolle étalée et détachée du calice pour faire voir la forme des pétales. 2. Fleur dont on 
a ôté la corolle pourfaire voir la forme du calice et la disposition des étamines. 5. Etamines réunies 
en un seul corps. 4- Pistil , dont Vovaire est fécondé. 5. Un fruit de grandeur naturelle. 6. Une 


Démonstrations de Botanique ou Analyse du Fruit, etc 


c,, publiées pa 




LIPARIA. 

ORDO NATÜRALIS, LEGUMINOSÆ. Juss. 
DIADELPHIÂ DECAADRIA. Linn. 

CHARACTER GENERICUS. 

Vid. Juss. Gen. plant, pag. 353. Schreb. Gen. plant. n° 1189. 

SPECIES. 

LIPARIA SPHÆRICA. 


Habitat ad Caput Bonæ Spei. 


Plante ligneuse, de deux à trois pieds (1 mètre) de hauteur; très 
feuillue, rarement divisée dès sa base, entièrement glabre. 

Rameaux alternes, ouverts, généralement courts et sans ordre régu¬ 
lier, cylindriques, marqués de petites cicatrices provenant de la 
chute des feuilles. 

Feuilles alternes, ouvertes, sessiles, coriaces, longues d’un pouce 
(2 centimètres), tronquées à la base, terminées au sommet par un 
piquant, glabre et d’un beau vert en-dessus, plus pâles au-dessous 
et marqués de sept ou neuf nervures qui naissent toutes de la ner¬ 
vure principale. 

Fleurs jaunes formant par leur disposition un capitule penché, de 
deux à trois pouces de hauteur (8 centimètres) et d’un diamètre 
égal. • 34 


J34 LIPARIA SPHAERICA. 

Calice d’une seule pièce, glabre, membraneux, creusé à sa base, 
partagé à son limbe en deux lèvres, dont la supérieure, beaucoup 
plus grande que l’inférieure, est élargie au sommet en manière de 
spatule, et marquée de trois petites dents égales. La lèvre infé¬ 
rieure j plus courte, est droite et divisée en quatre parties, dont 
l’intermédiaire est bifide. 

Corolle de couleur jaune, deux fois plus grande que le calice5 éten¬ 
dard lancéolé, peu réfléchi, comme partagé en trois lobes, marqué 
de trois petites dents au sommet, terminé inférieurement par un 
onglet court, arqué en-dedans 5 ailes droites de même longueur 
que la carène et l’étendard, étroites inférieurement, plus larges au 
sommet, et comme partagées en deux lobes; carène droite formée 
de deux pétales étroits, onguiculés, réunis par leur bord postérieur 
et enveloppant les étamines et le pistil. 

Etamines: dix dont neuf sont réunis inférieurement par une mem¬ 
brane, et la dixième, isolée, se trouve placée au-devant de l’ovaire. 

Pistil: ovaire pédicellé, ovale, comprimé et garni de poils; style 
•courbé; stigmate simple. 

Frdit: gousse ovale renfermant deux ou trois graines. 


OBSERVATIONS. 

Le genre Liparia est extrêmement voisin du Borbonia, et il est bien proba¬ 
ble que plusieurs espèces appartenant à l’un ou l’autre de ces genres auront été 
confondues. Le Liparia sphærica dont je donne une figure très-exacte à la 
planche LIV de cet ouvrage, a fleuri pour la première fois en 1812 dans les 
serres de Malmaison. C’est une plante très-belle et très-propre à l’ornement de 
nos serres tempérées. Toutes les espèces connues de Liparia et de Borbonia 
sont originaires du Cap de Bonne Espérance. Ces plantes sont d’une culture 
difficile, et nous n’en possédons qu’un très-petit nombre d’espèces vivantes. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE LIV. 

Fie. 1. Une fleur entière , vue avant son entier développement. 2. Id. dont on a ôté les pétales pour 
5. L’étendard. 6. Une des ailes de la corolle.-,. La carène. 


r . tab. 1241. W. Spec. pl. t. III, p. 1114. 



ACACIA AP. MATA. 


rticalibns, dimidiato-oblongis, glabris, nracronulatis, margine altero rectinsctdo, 
=ro rotnndato; stipulis spinoso-setaceis; capituUs globosis, solitariis. 


Habitat in nova Hollandia. 


Petit arbrisseau, de trois à quatre pieds de hauteur (i mètre), di¬ 
visé dès le collet de sa racine, feuillu. 

Rameaux alternes, droits, très-rapprochés les uns des autres, cylin¬ 
driques, très-feuillus et parsemés de poils dans leur extrémité. 

Feuilles alternes, verticales, longues de six à huit lignes (i centi¬ 
mètre), sessiles , mucronées, inégalement divisées par la nervure 
principale et disposées de manière à ce que l’un des bords regarde 
directement le rameau auquel elles sont attachées. Ce bord, qu’on 
doit considérer comme intérieur, est étroit et plane-, l’autre, au 
contraire, que j’appelle extérieur, est arrondi, plus grand et à 
peine ondulé dans son contour. 

Stipules: deux petites épines, opposées, molles, très-foibles et ou¬ 
vertes à la base de chaque feuille. 

Fleurs : capitules globuleux, situés dans les aisselles des feuffles, soli¬ 
taires ou géminés, pédonculés. 

Pédoncules glabres, cylindriques, de la longueur des feuilles. 

Fleurs d’un jaune clair, d’une odeur douce et agréable. 

Calice campanulé, blanchâtre, marqué à son limbe de cinq dents 
aiguës, droites et égales. 

Corolle: cinq pétales lancéolés, de la longueur du calice, droits, de 
couleur blanchâtre. 

Etamines : trente ou quarante de couleur jaune, plus longues que la 
corolle-, anthères sphériques. 

Pistil: ovaire petit ; style unilatéral 5 stigmate en tête. 



[56 


ACACIA ARMAT A. 

Fbcit: mousse pédicellée, velue, longue d’un à deux pouces (cinq 
centimètres), applatie sur les côtés ou relevée en bosse, et renfer¬ 
mant plusieurs graines. 

OBSERVATIONS. 

L 'Acacia armata, ainsi que toutes les autres espèces de ce genre à feuilles 
simples, est originaire de la nouvelle Hollande. Quoiqu’il ne ressemble nulle¬ 
ment à F Acacia paradoxa , on pourroit les confondre l’un avec l’autre, parce- 
que les descriptions spécifiques que nous avons de X Acacia armata ’ convien¬ 
nent également à X Acacia paradoxa. J’ai donc cru devoir changer le caractère 
spécifique de XAcacia dont je donne la figure à la planche LV de cet ouvrage, 
et je vais établir les différences les plus sensibles qui existent entre X Acacia 
àrmata et XAcacia paradoxa. 

L’ Acacia armata diffère essentiellement du paradoxa par ses rameaux, qui 
sont droits, très-feuillus et parsemés de poils ; par ses feuilles, entièrement 
glabres , presque planes et munies à leur base de stipules très-grêles, souvent 
molles et quelquefois légèrement piquantes. Dans X Acacia paradoxa, au con¬ 
traire, les rameaux sont penchés, moins feuillus, et nullement pubescens; les 
feuilles sont fortement ondulées, couvertes ainsi que les gousses d’un suc vis¬ 
queux , et pourvues à leur base de deux stipules véritablement épineuses. 

Je cultive ces deux espèces S Acacia à Malmaison et à Navarre, depuis 1811 ; 
et ce n’est qu’après cinq années de culture qu’elles ont donné des fruits mûrs. 
Ces deux plantes sont toujours vertes, d’un port agréable , et demandent à 
passer l’hiver dans l’orangerie. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE LV. 

Fie. 1. Une fleur entière , considérablement grossie. 2. Un pétale. 3 . Un pistil. 4. Un fruit mûr. 


■ Botanicalmagazine tab. i653. Alton, hort. Kew, vol. V, p. 468. 




SOLANUM. 

ORDO tîattjralis, SOLANEÆ. Jus s. 
PENTANDRIA monogyma. Linn. 

CHARACTER GENERICUS. 

Vid. Jüss. Gen. plant, pag. 126. Dunal, monogr. pag. 







l38 SOLA3TUM ROSTRATUM. 

Gkappe droite, latérale, longue de deux pouces (5 centimètres), 
composée de quatre ou huit fleurs ouvertes d’une belle couleur 
jaune. 

Calice persistant, divisé en cinq parties inégales, garni en-dehors de 
poils étoilés, et parsemé de piquans très-minces. 

Corolle d’une belle couleur jaune, d’un à deux pouces de diamètre 
(5 centimètres), glabre intérieurement, pubescente en-dehors; 
tube court, limbe étalé, partagé en cinq divisions inégalement ai¬ 
guës ou arrondies. 

Étamines: cinq, placées et inclinées du même côté,-mais dont une, 
plus longue que les autres, est ventrue à sa base. 

Pistil: ovaire glabre, surmonté d’un style légèrement arqué; stig¬ 
mate simple. 

Fruit : baie sphérique, de six à huit lignes de diamètre ( i centimètre), 
enveloppée par le calice, qui persiste, et renfermant intérieure¬ 
ment un grand nombre de -graines. 


ORSERVATIONS. 

La nouvelle espèce de Solanum que je viens de décrire étoit très-commune 
il y a huit ans dans nos jardins ; aujourd’hui on la trouve difficilement, et sa 
rareré vient de la facilité avec laquelle elle se reproduit par ses graines , qui se 
sèment d’elles-mêmes. J’ai décrit et fait dessiner cette plante dès 180g; mais 
M. Dunal m’a devancé dans sa publication en la décrivant dans son excellent 
ouvrage sur les Solanées Ventenat avoit établi ’ un nouveau genre sous le 
nom de Nycterium, et il vouloit rapporter à ce genre tous les Solanum qui 
ont une étamine plus longue que les quatre autres. Ce caractère seul n étant 
pas suffisant pour former un genre distinct, il est convenable de ne pas ad¬ 
mettre le genre Nycterium, et de rendre au Nycterium cofdifolium de Vente¬ 
nat le nom de Solanum vespertilio 3 , sous lequel il a été connu primitivement. 

Le genre Solanum offre des plantes utiles à tous les climats. Les babitans 


* Dunal, monogr. des Solanées, p. i3/(, tab 24. 

* Jardin de Malmaison, tom. II, pag. 85, tab. 85. 
3 Wild. Sp. pl. tom. I, p. io45. 


SOLANÜM ROSTRATUM. i 3 g 

des pays chauds cultivent et mangent les fruits de plusieurs espèces ; ceux des 
pays froids et tempérés cultivent le Solarium tuberosum , et trouvent dans ses 
racines un a lim ent inappréciable. Il y a peu d’années qu’il a été trouvé une 
nouvelle espèce de pomme de terre dans le royaume de Santa Fé de Bogota; 
l’auteur de cette découverte est le docteur Talenzuela, et nous en devons la 
communication à M. Palacio Faxardo, qui nous en a trans mis la description, 
sous le nom de Solarium valenzuela. ' 

EXPLICATION DE LA PLANCHE LVI. 

TJn rameau garni de fleurs du Solanam rostratum. 



DALEA 


ORDO NATURALIS, LEGUMIN OSÆ. Juss. 
DIADELPHIA decandria. Linn. 

CHARACTER GENERICUS. 

Vid. Juss. Gen. pi. pag. 356. Ortega decas. 


SPECIES. 

DALEA MUTABILIS. 

Dalea : decandra, spicis terminalibus oblongis, foliolis quinque-octo jugis , obverse cordâtis, 
glabris ; limbo calycis ciliato. 


Habitat in Mexico. 


Plante ligneuse, de deux à quatre pieds de hauteur (i mètre). 

Rameaux alternes, droits, parsemés de feuilles à leur sommet. 

Feuilles alternes pirinées avec une impaire, ouvertes, pétiolées et 
munies de stipules : folioles cinq à six paires, obovales, légèrement 
échancrées à leur sommet, longues de six lignes (i centimètre), 
ponctuées, et supportées par un pétiole. 

Pétiole commun, long d’un ou deux pouces (5 centimètres), com¬ 
primé et pourvu de poils à l’endroit seulement de l’ ins ertion des 
pétioles partiels. 

Stipules: deux, opposées à la base des pétioles, linéaires, subulées. 

Épi terminal, solitaire, long d’un à deux pouces (5 centimètres), cy¬ 
lindrique, fleurissant de la base au sommet. 



dalea mutabilis. 4! 

Fleurs sessiles, munies d’une petite bractée ovale, de couleur blan¬ 
che et bleue. 

Calice campanulé, diaphane, marqué de dix petites côtes saillantes, 
ponctuées; cilié à son l imb e et divisé en cinq dents. 

Corolle papillonacée, composée de cinq pétales onguiculés, très- 
ouverte; étendard ovale; ailes droites; carène formée de deux pé¬ 
tales, rapprochés par leur bord postérieur. 

Etamines: dix, réunies en un seul corps, attachées aux ailes et à la 
carène; filets d’égale grandeur; anthères sphériques. 

Pistil : ovaire pubescent ; style filiforme ; stigmate aigu. 

Fruit: gousse lenticulaire, uni-sperme, pubescente. 


OBSERVATIONS. 

Le genre Dalea est très-ancien et très-voisin du genre Psoralea , avec lequel 
il est facile de le confondre, si l’on n’apporte pas une attention toute particu¬ 
lière à l’examen de ses fleurs. Nous devons les caractères précis de ce genre à 
M. Casimir Ortega, qui le premier en a donné une bonne description dans un 
ouvrage très-rare, intitulé : Decas plantai-um. Presque tous les Dalea sont ori¬ 
ginaires du Mexique, où M. de Humboldt et moi en a vous trouvé un assez grand 
nombre de nouvelles espèces, qui seront décrites dans notre grand ouvrage 
{Nova Généra etsp.). Les Dalea sont pour la plupart de petits arbrisseaux à 
fleurs bleues, mêlées de rose et de blanc. Nous ignorons encore l’usage qu’on 
peut en faire; mais il est probable qu’ils ont comme les Psoralea des proprié¬ 
tés stomachiques et sudorifiques. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE LVII. 


Fig. i. Une/leur entière avancée dans sa floraison et munie d’une brac 
calice etvus dans l’ordre de leur disposition. 3 . Un calice. 4. La carène, les 
avant leur entier développement. 5. L’étendard. 6. Le pistil. 7 . Le mêni do 
fruit enveloppé dans le calice. 9. Une gousse. 


Pétales détachés du 
'es et les étamines, vus 
’ovaire est grossi. 8. Le 




DA LE A bicolor. 


n , T „ ; decandra, spicis terminalibns elongatis, foliolis snbqninqne jugis, obTerse cordatis, 
pilosiusculis ; calyce vilioso. 


Habitat in Mexico. 


Plante ligneuse, haute d’un à deux pieds (6 décimètres), grêle, peu 
feuillue, peu rameuse, recouverte inférieurement d’une écorce 
grisâtre, presque lisse et glabre. 

Rameaux alternes, droits, cylindriques, garnis de poils très-courts, 
imbriqués à la manière des tuiles, et d’un blanc argenté. 

Feuilles alternes, pinnées avec une impaire, longues d’un pouce (2 
centimètres), parsemées de poils soyeux, très-courts5 folioles au 
nombre de quatre ou cinq paires, ob-ovales, généralement échan- 
crées à leur sommet, marquées en-dessous de points glanduleux et 
supportées par un pétiole très court. 

Pétiole commun, très-grêle, pubescent, pourvu à sa base de deux 
petites stipules opposées et persistantes. 

Epi terminal, solitaire, long d’un à deux pouces (5 centimètres), cy¬ 
lindrique, supporté par un pédoncule de même longueur que lui. 

Fleurs sessiles, de couleur blanche et bleue, mêlées de rose-, munies 
à leur base d’une petite bractée ovale, pubescente et terminée par 
une pointe aiguë. 

Calice campanulé, couvert de poils argentés, divisé à son limbe en 
cinq petites dents dont l’inférieure est prolongée et plus grande 
que les autres. 

Corolle papillonacée -, étendard ovale, longuement onguiculé, op¬ 
posé à la carène et aux ailes -, carène de même longueur que les 
ailes, plus grande que l’étendard et comme réunie en un seul corps 
avec les étamines et le pistil. 

Etamines: dix, réunies en un seul corps fixé aux ailes et à la carène-, 


] 


DALEA BICOLOR. ,43 

filets très-grêles dinégale longueur; anthères jaunes, sphériques et 
a deux loges. 

Pistil : ovaire puhescent, comprimé sur les côtés, terminé par un 
style long, très-grêle ; stigmate en tête. 

Fruit: gousse membraneuse, couverte par le calice, qui persiste, 
renlermant une seule graine. 


OBSERVATIONS. 

<IUe J eViensde dëcrire originaire du Mexi- 
que, d ou M. de Humboldt et moi en avons apporté les graines. Cette plante 

a fleTr- ! s" P ;T lIdenOW ’ fleurir à BerlE. Le Dalea Lolor 

d 1’ 1 almaiSOn ’ ou J elaifaitdessiner - Cette plante passe l’hiver 

ans orangerie. Elle a peu d’éclat et est peu recherchée des cultivateurs. Je ne 
ai vue en trance que dans la collection de Malmaison et à Navarre. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE LVIII. 

Fie. r. Pétales détachés du calice et vus dans leurs positions respectives T /, 
mines.?,. Etamines séparées des ailes et de la carène. A. Pi<nf * ' ' a lce eta- 


iVild. Hort. berol. pag. et tab. 8 



! 




PROTEA. 

ORDO NATTJRALIS, PROTEÆ. JUSS. 

TETANDRIA monogykia. Lin N. 

Vid. Brown, in Linn. soc. transact. 10, pag. 7 4 - Juss. Gen. P 1 . pag. 78. 


SPECIES. 

PROTEA RADIATA. 


Peoiea: ramulis teretibus, hirsutis; foliis sessilibus, cordato-oblongis, utrinque pilosiuseulis, 
ciliatis, externe argenteo-pilosis. 


Habitat ad Caput Bonæ Spei. 


Plante ligneuse, haute de six à huit pieds (2 mètres), rarement di¬ 
visée dès sa base, couverte de poils sur presque toutes ses parties 
et d’un aspect argenté. 

Rameaux alternes, peu ouverts, cylindriques, garnis de poils longs de 
couleur blanche, ouverts et assez nombreux pour couvrir la pres¬ 
que totalité des rameaux. 

Feuilles sessiles, longues de deux à trois pouces (8 centimètres), peu 
ouvertes, fortement membraneuses, de couleur glauque, ciliées, 
échancrées en forme de cœur à la base, obtusément aiguës au som¬ 
met, parsemées sur l’une et l’autre face de poils blancs plus nom¬ 
breux en-dessous qu’en-dessus. 

Fleur terminale et solitaire, très-grande et d’une belle couleur rouge. 

Calice ou mieux Involucre, ovoide, composé d’un grand nombre de 
folioles, imbriquées, d’un rouge très-vif, ciliées sur les bords, pres¬ 
que glabres intérieurement et garnies en-dehors de poils argentés. 

Corolle : un très-grand nombre fixées sur un réceptacle commun 


PROTEA R A DI ATA. i45 

comme dans les plantes composées ; chacune d’elles est velue, for¬ 
mée de quatre pétales linéaires, dont un est libre, et les trois autres 
sont réunis par leurs bords dans leur partie supérieure ; tous sont 
légèrement plus larges au sommet et concaves intérieurement pour 
recevoir les étamines. 

Etamines au nombre de quatre; filets très-courts, attachés un peu 
au-dessous de la partie concave des pétales ; anthères linéaires. 

Pistil : ovaire courtement pédicellé, enveloppé par des poils longs 
de couleur carmélite, fixés autour et au sommet dupédicelle; style 
filiforme plus long que la corolle; stigmate subulé. 

Fruit : nom observé. 


OBSERVATIONS. 

La nouvelle espèce de Protea que je viens de décrire est originaire du Cap 
de Bonne-Espérance, d’où les graines ont été envoyées en 1809. Je l’ai obtenue 
de semis faits à Navarre, en mars 1810. Lorsque cette plante étoit encore 
jeune, j’avois cru pouvoir la rapporter au Protea speciosa ou au Protea longi- 
jlora; mais les différences sensibles qu’elle présente aujourd’hui dans sa fleur 
et dans ses autres parties me déterminent à en faire une espèce nouvelle. Le 
nom de Radiata sous lequel je la désigne n’est pas étranger aux cultivateurs. 
C’est sous ce même nom que j’ai vu ce Protea dans le superbe établissement 
de MM. Lée et Kennedy, pendant le mois d’août 1814. Le Protea radiata est 
une très-belle plante d’ornement; depuis trois ans, on la voit fleurir chaque 
année dans les serres de Malmaison. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE LIX. 

Une branche du Protea radiata. 





MIMULUS. 

ORDO KATTJRALIS, SCROPHULARIÆ. Juss. 

PERSONATÆ. Brown. 

DIDYNAMIA angiospermia. Linn. 


CHARACTEPl GENERICÜS. 


Vid. Juss. Gen. plant, pag. 122. Brown. Prod. pag. 439. 


SPECIES. 

MIMULUS luteus. 

MiMütns:foliisoTalibus, mnltmerviis, denticulatis, inferioribus petiolatis,caulibusbasirepentibus, 
adscendentibus pilosiusculis, projectura foliorum subtetragonis, pedicellis folio florali bre- 
vioribus. 


Habitat in Pernviæ humidis et umbrosis. 


Plante herbacée, haute d’un pied à un pied et demi (5 décimètres), 
parsemée sur les tiges et sur les pédicelles de poils blancs très- 
courts. 

Racines fibreuses, vivaces. 

Tiges couchées dans leur partie inférieure, droites dans la supérieure, 
de la grosseur d’une plume à écrire, garnies de feuilles depuis la 
base jusqu’au sommet, marquées de quatre angles peusaillans, qui 
semblent formés par la décurrence de l’une des nervures des 
feuilles. 

Feuilles opposées, ovales, longues d’un à trois pouces (6 centimètres), 
inégalement dentées sur les bords, marquées en-dessous déplu- 




MIMULUS LUTEUS. 4 7 

sieurs nervures saillantes, membraneuses, d’un beau vert; les infé¬ 
rieures sont supportées par des pétioles courts et dentés, comme 
les feuilles sur les bords; les supérieures constamment plus courtes, 
sessiles et demi-amplexicaules. 

Fleurs d’un beau jaune, longues d’un pouce, bilabiées, disposées une 
à une dans les aisselles des feuilles et souvent comme disposées en 
grappes à l’extrémité de la tige principale. 

Pédicelle cylindrique, légèrement velu, uniflore, plus court que les 
feuilles florales. 

Calice en forme de cloche, long de six lignes (i centimètre), lâche, 
membraneux, divisé en son limbe en cinq dents, marqué de cinq 
côtes saillantes, membraneuses, qui s’étendent de la base du calice 
au sommet de chaque dent. 

Corolle longue d’un pouce, bilabiée, ventrue; tube cylindrique, 
plus court que le calice; gorge inégalement ventrue, lèvre supé¬ 
rieure partagée en deux lobes; l’inférieure, marquée intérieure¬ 
ment de points rouges et garnie de poils jaunes, est partagée en 
trois lobes, dont l’intermédiaire est plus large que les autres, et 
légèrement échancré au sommet. 

Etamines : quatre, insérées au tube de la corolle, incluses, didynames; 
filets grêles, légèrement arqués; anthères composées de deux loges 
ovales, attachées par leur sommet, écartées et terminées en pointe 
à leur base. 

Pistil: ovaire ovale, glabre, supporté par un court pédicelle; un seul 
style droit, de même longueur que les étamines; stigmate formé 
de deux lames orbiculaires. 

Fruit : capsule ovale, renfermée dans le calice qui persiste, compri¬ 
mée, marquée de deux sillons opposés qui s’étendent depuis la base 
jusqu’au sommet, terminée par le style qui persiste, et divisée inté¬ 
rieurement en deux loges qui s’ouvrent sur les côtés; graines sphé¬ 
riques, très-nombreuses, attachées sur un réceptacle central, légè¬ 
rement charnu. 






mimulus lüteüs. 


OBSERVATIONS. 

La plante que je viens de décrire est bien certainement le Mimulus luteus 
dont Feuillée nons a donné une figure en noir V J’ai cru pendant long-temps 
avec M Decandole 2 que cette espèce étoit nouvelle ; mais un examen plus exact 
de la plante, fait à diverses époques de sa végétation, ne me laisse aucun doute 
sur la détermination que j’en fais aujourd hui. 

Les grandes différences qu’on observ e dans cette plante viennent assurément 
du terrain dans lequel on la cultive et des soins qu’on lui donne. En général, elle 
vient très-belle dans nos jardins et avec une profusion telle qu’en peu de temps 
elle se rendroit maîtresse de tout un terrain. Si on examine avec soin les pieds 
qui se trouvent sur les bords de la planche ou de la bordure, on verra qu’ils sont 
en tout semblables à l’échantillon que Feuillée a fait graver ; tandis que ceux du 
centre, plus forts, présentent un aspect tout différent. 

Le Mimulus Luteùs est originaire du Pérou, où il croît certainement dans 
une région élevée. Cette plante est annuelle, de pleine terre, et se sème d’elle- 

EXPLICATION DE LA PLANCHE LX. 

Fig. i. Un fruit entier dont on a rompu le calice pour faire-voir la forme de la capsule. 2. Une 
des valves de la capsule, vue intérieurement pour observer Informe et la disposition du réceptacle 
3 . Une graine. 


> Feuill. Peruv. t. Il, p. 745, tab. 34. 
3 Decand. Catalogue. 


E R I C A FULGIDA. 


eica. ramulis virgatis; foliis rerticillatis, setaceo-linearibns, tremnlis, margine eartilagineis , 
floribusque glabemmis ; fîorîbns a xill aribns , infra ramulornm apicenj spicato-aggrpgatis : corol 
lis cylindraceo-tubulosis, snbarcuatis, laciniis obtusis, subrecurvis; antheris muticis : ovario 
soperne hirsuto ; fobolis calycinis e basi dilatatis, bneari-subulatis, glaberrimis. 


Habitat ad Caput Bonæ Spei. 


Plante ligneuse, haute de quatre à six pieds ( 2 mètres), glabre sur 
toutes ses parties. 

Rameaux en baguette, droits, garnis de feuilles depuis leur base jus¬ 
qu’à leur sommet. 

Feuilles verticillées, tremblantes , longues d’un pouce (2 centimè¬ 
tres), linéaires, presque cylindriques, légèrement cartilagineuses 
sur les bords et terminées par une pointe aiguë. 

Fleurs en tube, d’un rouge éclatant, placées une à une dans les ais¬ 
selles des feuilles, pédicellées et comme rassemblées en épi au-des¬ 
sous du sommet des rameaux. 

Pédicelle alongé, portant une seule fleur, et muni de trois bractées, 
dont une, plus courte, située sur le milieu du pédicelle-, les deux 
autres, plus longues, sont placées au haut du pédicelle. 

Calice infère, composé de quatre folioles ovales et membraneuses 
dans leur tiers inférieur, linéaires et subulées dans le reste de leur 
longueur. 

Corolle tubulée, longue d’un pouce (2 centimètres), cylindrique, 
légèrement arquée et partagée à son limbe en quatre divisions légè¬ 
rement ouvertes, obtuses et échancrées à leur milieu. 

Étamines : huit, de même longueur que la corolle, fixées autour d’un 
disque hypogyne -, filets cylindriques diversement colorés, légère¬ 
ment arqués en-dedans dans leur tiers supérieur 5 anthères compo¬ 
sées de deux loges réunies parleur base, divergentes à leur sommet. 




l5o ERICA FULGIDA. 

Pistil : ovaire supère, rétréci à sa base, garni au sommet de poils 
blancs, droits5 terminé par un style droit, plus long que la corolle, 
de couleur rouge stigmate capité, de couleur brune et comme 
partagé en quatre divisions. 

Fruit : non observé. 

OBSERVATIONS. 


Andrews, dans son bel ouvrage sur les Bruyères, a donné la figure de la 
plante que je viens de décrire, et il l’a désignée sous le nom d Erica vestita fiil- 
gida. J’ai dit plus haut, en parlant de YErica vestita, qu’on avoit désigné sous 
ce nom plusieurs plantes qui, examinées vivantes et dans un état de végétation 
parfaite, seroient probablement séparées de Y Erica vestita ', et formeroient 
des espèces différentes. La bruyère dont je donne la figure à la planche LX.I 
offre assez de caractères pour être regardée comme une espèce distincte , et je 
la désigne sous le nom d 'Erica falgida, qui lui convient parfaitement par l’ex¬ 
trême beauté de ses fleurs. J’ai décrit très en détail toutes les parties de cette 
espèce, et il est facile de voir toutes les différences notables qui existent entre 
elle et les espèces décrites sous le nom de vestita. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE LXI. 

Fig. i. Une corolle fendue longitudinalement et étalée pour faire voir la forme de ses divisions 
2 . Unefleur dont on a ôté la corolle pour faire voir la disposition des étamines. 3. Une des folioles 
du calice. 4- Le pistil avec les étamines. 5. Le pistil séparé des étamines. 


* Planche XLIII. 



BEGONIA. 

ORDO NATURALIS, BEGONIACEÆ. 
MONÆCIA POLYANDRIA. T. TA N 


CHARACTER GENERICUS. 


Vid. Juss. Gen. plant, pag. 436. Dryand. act. soc. Linn. Lond. I, pag. i58. 


SPECIES. 

BEGONIA HUMILÏS. 

Bégonia: caulescens, foliis hispidis semi-cordatis, acutis, inæqualiter dentatis, ciliatis; capsulis 
rotundatis, parum inæqualibus. 


Habitat in America meridionali. 


Plante: vivace, haute d’un pied ( 3 décimètres), produisant un grand 
nombre de tiges droites, rarement divisées, charnues, comme 
transparentes et souvent teintes en rose; les nœuds sont légèrement 
renflés et comme articulés. 

Feuilles alternes, longues de deux à trois pouces (6 centimètres), 
à demi cordées, ouvertes, glabres en-dessous, parsemées en-dessus 
de poils blancs, inégalement dentées sur les bords, et ayant chaque 
dent terminée par un poil. 

Pétioles un tiers plus courts que les feuilles, creusés en gouttière in¬ 
térieurement et garnis de poils dans leur tiers supérieur. 

Stipules: deux, opposées à la base de chaque pétiole, lancéolées, dia¬ 
phanes , denticulées, obliques à la base, persistantes. 



i5a BEGONIA HUMILIS. 

Pédoncules axillaires, longs d’un à deux pouces (5 centimètres), 
munis de petites bractées, partagés en deux à leur sommet, et 
chaque division portant une ou plusieurs fleurs de couleur 
blanche. 

Fleurs mâles et fleurs femelles placées sur le même pied. 

Fleur mâle. 

Calice : il n’y en a pas. 

Corolle: composée de quatre pétales dont deux extérieurs, presque 
ronds, ouverts; deux intérieurs linéaires et plus courts. 

Étamines : vingt ou à-peu-près, réunies en un seul faisceau plus court 
que la fleur; anthères jaunes, ovales droites, biloculaires : chaque 
loge est fixée au bord extérieur du filet et s’ouvre longitudinale¬ 
ment en-dehors. 

Fleur femelle. 

Calice : il n’y en a pas. 

Corolle supère, composée de cinq pétales ovales, de largeur inégale, 
persistans. 

Pistil: ovaire infère, triangulaire, inégalement ailé, terminé par trois 
styles charnus de couleur jaune, pubescens, divisés en deux au 
sommet ; stigmates obtus, divergens. 

Fruit: capsule triangulaire,munie sur chaque angle d’une aile ou pro¬ 
longement membraneux dont une constamment plus grande que les 
autres, ombiliquée, divisée intérieurement en trois loges poly- 
spermes; graines rondes, très-petites, très-nombreuses, placées sur 
un réceptacle central pourvu de trois prolongemens anguleux qui 
remplissent presque en totalité l’intérieur des loges. 

OBSERVATIONS. 


ÎNous devons à Dryander une excellente monographie du genre Bégonia '. 





BEGONIA HUMILIS. i53 

Depuis le travail de ce célèbre botaniste, on en a publié quelques espèces nou¬ 
velles ; mais les plantes de ce genre sont plus que doublées par le nombre des 
espèces inconnues que M. de Humboldt et moi avons apportées de notre 
voyage, et par celles qui ont été trouvées dans le Mexique seulement par Cer¬ 
vantes , Mocino et Sessés. Le Mexique est de tous les pays celui qui offre le 
plus d’espèces de ce genre. 

Le Bégonia , ainsi que l’a déjà observé M. de Jussieu % est un genre isolé et 
qui ne peut être rapproché d’aucun autre genre connu: il est, d’après cela, 
convenable de le prendre pour le type d’une nouvelle famille, qui sera bien 
désignée sous le nom de Begoniacece. 

L’espèce dont je viens de donner la description est bien certainement le Bé¬ 
gonia humilis, et il sera facile de reconnoître cette plante, d’après la figure très- 
exacte que j’en donne à la planche LXII de cet ouvrage. Nous cultivons le 
Bégonia depuis long-temps dans nos serres, et le manque d’une bonne figure 
l’avoit fait regarder par plusieurs botanistes comme une espèce nouvelle. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE LXII. 

Fig. ï . Une fleur femelle. 2 . Une fleur mâle. 


iss. Gen. pi. 436. 



B E G O TN IA EVANS! AN A. 


Begoïia : foliis inæqnaliter cordatis, serrnlatisqne, ciliatis, acuminatis, supra retrorsum 
asperiusculis : capsula-, alis acntangulis, una majore. 


Habitat in China. 


Plante vivace, haute d’un à trois pieds (9 décimètres), à racines 
tubéreuses. 

Tiges: plusieurs, de la grosseur du petit doigt, cylindriques, herba¬ 
cées, de couleur verte dans presque toute leur étendue, mais d’un 
rouge foncé vers les noeuds qui sont renflés et comme articulés. 

Feuilles alternes , longues de six à dix pouces (2 décimètres), obli¬ 
quement cordées, acuminées au sommet, inégalement denticulées 
sur les bords, d’un vert de couleur rouge foncé en-dessous, d’un 
vert brillant en-dessus, et parsemées de petits tubercules terminés 
par un poil court et dur. 

Pétiole : long de deux à quatre pouces (1 décimètre), cylindrique, 
quelquefois rougeâtre à la base et au sommet. 

Stipules : deux, opposées à la base de chaque pétiole, lancéolées, dia¬ 
phanes, très-entières, caduques. 

Pédoncules axillaires d’un beau rose, dichotomes, articulés et por¬ 
tant à l’extrémité de leur division deux ou trois fleurs. 

Fleurs mâles et fleurs femelles d’une belle couleur rose, disposées 
sur le même pied et toutes pédicellées. 

Fleur mâle. 

Calice : il n’y en a pas. 

Corolle: formée de quatre pétales, ouverts, dont deux extérieurs, 
plus grands, arrondis, légèrement échancrés à leur sommet, et 
deux intérieurs plus petits, élargis vers le sommet, rétrécis à la 
base. 

Etamines très-nombreuses, réunies en un seul corps par leur base ou 
fixées au sommet d’un réceptacle central, filiforme, de même cou- 



BEGONIA EVANSIANA. x55 

leur que la corolle; filets grêles, de couleur jaune, terminés par 
une petite tête charnue, concaves sur les côtés, et logeant dans ce 
point les anthères ; poussière grisâtre. 

Fleur femelle. 

Calice : il n’y en a pas. 

Corolle composée de quatre pétales dont deux extérieurs plus grands, 
orbiculaires, entiers, deux intérieurs plus petits. 

Pistil: ovaire infère, triangulaire, inégalement ailé, terminé par trois 
styles charnus divisés à leur sommet en deux parties ou stigmates 
tournés en spirale, de couleur pistache et velues. 

Bractées: deux, opposées à la base de chaque pédicelle commun, 
plus grandes que les pétales, arrondies, diaphanes et caduques. 

Fruit: capsule triangulaire de couleur rose, pourvue sur chaque angle 
d’une aile dont deux sont arrondies, et la troisième prolongée en 
forme dangle vers son sommet, divisée intérieurement en trois 
loges renfermant chacune un très-grand nombre de graines fixées 
sur un réceptacle central. 

OBSERVATIONS. 


La plante que je viens de décrire a déjà été publiée sous le nom de Bégonia 
evansiana > et sous celui de Bégonia discolor \ Ce dernier nom convenant à 
presque toutes les espèces de ce genre , je lui conserve le premier, qui rappelle 
le nom de M. Evans, naturaliste anglais, auquel nous devons une grande 
quantité de plantes qu’il a apportées d’Amérique. 

Le Bégonia evansiana est une très-belle plante d’ornement; il se multiplie 
avec profusion et très-facilement par le moyen de petits tubercules solides qui 
se forment dans les aisselles des feuilles, lorsque la floraison est déjà avancée 
Cette plante demande à être cultivée en serre chaude, et l’on peut en avoir des 
pieds en fleur toute l’année. 


EXPLICATION DE LA PLANCHE LXIII 






digitalis. 

ojdo iatdbaus, PERSONATÆ. Brown. 
SCHROPHÜLARIÆ ET PEDICULARES. Jus s. 
DIDYNAMIA angiospermia. Linn. 


CHARACTER GENERICUS. 


Vid. Juss. Gen. plant, pag. 120 . 


SPECIES. 


DIGITALIS PURPURASCENS. 

Digitalis : foliis lanceolatis, serratis , basi amplexicaulibus ; foliolis calycinis lanc 
pubescentibus ; corolla læviter ventricosa,galea obtusa,emarginata; labii inferior 
media oblonga , obtusissima; eaule et ovario subpubescentibus. 


Habitat in Palatina. 


Plante vivace, haute d’un à deux pieds ( 6 décimètres ), parsemée 
de poils sur toutes ses parties. 

Tiges: plusieurs, droites, cylindriques, simples, garnies de feuilles 
dans toute leur longueur. 

Feuilles radicales et caulinaires-, les premières, étendues sur le sol, 
sont généralement plus longues et plus larges que les autres. Celles- 
ci, alternes, semi-amplexicaules, longues de six ou huit pouces (2 
décimètres), ouvertes, réfléchies, étroites et entières à la base, in¬ 
également et largement dentées dans le reste de leur longueur; 
plus larges au milieu et terminées en pointes ; glabres en-dessus, 
légèrement pubescentes en-dessous, et membraneuses. 



DIGITALIS PURPURASCENS. i 5 j 

Epi terminal, lâche, composé de fleurs pédicellées et mûmes d'une 
bractée à la base de chaque pédicelle. • 

Calice infère, persistant, profondément divisé en cinq folioles lancéo¬ 
lées, presque égales, légèrement pubescentes en-dehors. 

Corolle monopétale, d’une belle couleur rose, penchée-, tube droit, 
cylindrique; gorge renflée, ventrue d’un côté, et marquée intérieu¬ 
rement de points verdâtres-, limbe oblique , inégalement partagé en 
quatre lobes courts et arrondis. 

Etamines : cinq, dont une stérile, attachées au tube de la corolle ; filets 
arqués, comme rangés deux par deux; anthères ovales, à loges 
écartées. 

Pistil: ovaire supère, ovale, comprimé, légèrement pubescent; style 
filiforme, droit; stigmate aigu. 

Fruit: capsule ovale, biloculaire, membraneuse; graines petites, 
très-nombreuses, fixées sur un réceptacle commun. 

OBSERVATIONS. 


Le Digitalis purpurascens est une très-belle plante d’ornement, et a de très- 
grands rapports avec le Digitalis purpurea qui fait l’ornement de nos jardins 
et de nos forêts ; nous devons cette nouvelle espèce de digitale à Roth , qui l’a 
indiquée à la page 62 de son catalogue. Cette plante est très-rare en France ; 
je ne l’ai vue qu’à Malmaison, où je la cultive depuis 1811. 

La grande analogie qu’a notre Digitale avec le Digitalis purpurea me fait 
présumer que ces deux plantes doivent jouir des mêmes propriétés: elles mé¬ 
ritent l’une et l’autre l’attention des cultivateurs et des médecins. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE LXIY. 

Un rameau du Digitalis purpurascens. 


FIN. 


TABLE. 


Acacia armata, pag. 

i35,pl. 55 

Hibiscus sabdariffa, pag. 

74,pl- 29 

-curvifolia, 

99* 

40 

Hovea celsi, 

125, 

5i 

-linifolia, 

5i, 

r 9 

Ixora speciosa, 

1 *9, 

49 

-subulata, 

no, 

45 

Linaria pauciflora, 

48, 

18 

Banksia marcescens, 

116, 

48 

Linum trigynum, 

45, 

l 7 

Bégonia evansiana, 

i54, 

63 

Liparia sphærica, 

i33, 

54 

-humilis, 

i5i, 

62 

Lobelia excelsa, 

112 

46 

Boehmeria caudata, 

40, 

i5 

-fulgens, 

*9, 

7 

Bossiæa coccinea, 

128, 

52 

-surinamensis, 

97, 

39 

Cactus ambiguus, 

90 , 

36 

Lopezia racemosa, 

65, 

25 

-speciosus, 

8, 

3 

Magnolia glauca. 

io3, 

42 

Chorizema ilicifolia, 

88, 

35 

—— macrophylla, 

84, 

33 

Correa viridiflora, 

32, 

12 

—~— yulan, « 

53, 

20 

Cotylédon tardiflorum, 

93, 

3 7 

Melaleuca cblorantha, 

22, 

8 

Dalea bicolor, 

142, 

58 

Metrosideros glauca, 

86* 

34 

•-mutabilis, 

140, 

5 7 

»-pallida, 

! 01 


Digitalis purpurascens, 

i56, 

64 

— saligna, 


\ 

Duvalia oxalidifolia, 

i3o, 

53 

Mimulus luteus, 

l4.6, 

60 

Elæocarpus acuminatus, 

122, 

5o 

Pæonia albiflora, fl. pl. 

Il4, 

47 

Erica concinna, 

59, 

22 

-daurica. 

25, 

9 

-edelinia, 

43, 

16 

-moutan, 

I; 


-fulgida, 

ï49, 

61 

•-moutan, var. b. 

61’ 

23 

-grandiflora. 

28, 

10 

Pimelea linifolia, 

79, 

3i 

-patersonia, 

108, 

44 

Pittosporum tomento- 



-purpurea, 

7 2 > 

28 

sum. 

56, 

2 I 

-versicolor, 

95, 

38 

Protea radiata, 

i44, 

5 9 

-vestita, 

106, 

43 

Rbexia glandulosa, 

7°, 

27 

Eucalyptus diversifolia, 

35, 

i3 

-pendulifolia, 

68, 

26 

Eupatorium deltoideum, 

38, 

i4 

Sida pulchella, 

5 , 

2 

Gompholobium furcella- 



Silene cbloræfolia, 

*4, 

5 

tum, 

3o, 

11 

Solanum rostratum, 

ï%. 

56 

Goodenia grandiflora, 

16, 

6 

Tristania neriifolia, 

76, 

3o 

Heliotropium corymbosui 

XL, 82 , 

32 

Zieria smitbii, 

62, 

24 




FAUTES A CORRIGER. 


Page îa, ligne 9, composé, lisez composée. 

Ibid, ligne 18, côtes, lisez côtés. 

14, ligne 8, la ■virgule qui est après foliis doit être placée avant 
Ibid, ligne 12, fibrales, lisez fibreuses. 

3g, ligne 1, terminale composée, lisez terminal composé. 

5i, ligne i5 , petits, lisez petites. 

02, ligne 1 , une , lisez un. 

Ibid, ligne 2, formée , lisez formé. 

68, ligne 18, terminale , lisez terminal. 

73, ligne 20, pédicel , lisez pédicelle. 

75, ligne i5, ses, lisez ces. 

76, ligne 18, glancescentibus, lisez glaucescentibus. 

86, ligne 3, conjestis, lisez congestis. 

97, ligne I, grabiuscula, lisez glabriuscula. 
io3, ligne 1 , pilosuùculis, lisez pilosiusculis. 

119, ligne 3 , tetandria, lisez. tetrandria. 

Ibid, avant-dernière ligne, Æaleine , lisez d’alêne. 

130, ligne 18 , coriaceam , lisez coriaceum. 

131, ligne 11,. filiformes, lisez filiformes. 
















' • • 









r S/s//, C 


























T 








à 

S/YV//S/ 

























r 













- s 

^ 'M/W/Z 


(j/) 



hyf/iï/ 






































































































ï//), ’///',MM' 


(4/rw. 













X/r/qt'/M < 
































































MM/d 

















' J/vra , r/t/y (MM. 

































































4 












m/m v 


'///u/W 


■>4 









6 


?(û(M£ûZ' 


C. JM/trât. 








] 


:>ù 































4 ; 










jzœa 











f 


T 

















w 





62 t^